Royaume-Uni : un rapport des services de renseignement pointe la destruction de la nature comme un risque majeur pour la sécurité nationale


Cheval blanc de Westbury, Wiltshire, Royaume-Uni (N 51°16'-O 2°11'). : White horse at Westbury, Wiltshire, England (N 51°16'-W 2°11') © Yann Arthus-Bertrand

Un rapport remis au gouvernement britannique le 19 janvier 2026 par une agence en charge du renseignement et une en charge de l’environnement alerte sur les risques liés à la destruction de la nature pour la sécurité nationale. Le rapport de 14 pages identifie au niveau mondial « 6 écosystèmes critiques pour la sécurité de la Grande-Bretagne », notamment en ce qui concerne l’approvisionnement alimentaire.

Destruction de la nature, un enjeu de sécurité

Le rapport rédigé par le Joint Intelligence Committee (un organe en charge de la veille sur les questions de sécurité auprès du Premier Ministre britannique) et le Département de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales était attendu, selon un article de la BBC du 21 janvier. Les agences soulignent que la perte de nature se produit à un rythme rapide qui met les écosystèmes sur la voie d’un effondrement. Si rien n’est fait pour ralentir le rythme, l’effondrement de ces écosystèmes clefs est désormais probable. En revanche, déterminer le moment où cela se produira reste incertain.

La perte de biodiversité, un problème global aux répercussions multiples au niveau national

Les « 6 écosystèmes majeurs pour la sécurité de la Grande-Bretagne » mis en avant dans le rapport sont la forêt amazonienne, la forêt du Bassin du Congo, l’Himalaya, la forêt boréale du Canada et de Russie, les récifs coralliens et les mangroves d’Asie du Sud-Est. Ainsi, le rapport attire l’attention sur les impacts potentiels de leur dégradation pour la sécurité du Royaume-Uni. Ceux-ci comprennent des phénomènes aussi variés qu’une hausse des flux migratoires et des tensions géopolitiques attisées par la compétition entre les États pour les ressources mais aussi des risques accrus de pandémies et d’insécurité économique. La BBC écrit que « toutefois, les termes les plus durs sont peut-être ceux réservés aux risques pour les conséquences potentielles sur l’approvisionnement alimentaire britannique. Le rapport dit que l’effondrement des écosystèmes “va changer la sécurité alimentaire du Royaume-Uni », en pointant sa dépendance aux marchés mondiaux et aux engrais. » En effet, le pays est pour le moment « incapable » d’être autosuffisant sur le plan alimentaire si on prend comme référence les prix actuels de l’alimentation et les habitudes alimentaires. Selon les rapporteurs, l’autosuffisance, un choix de souveraineté alimentaire, impliquerait « une hausse très substantielle des prix » pour le consommateur, ce qui constitue un facteur supplémentaire de tensions sociales et politiques. Ce rapport est le dernier d’une liste de documents officiels publiés dans de nombreux pays ces dernières décennies qui rappellent lien les crises écologiques et les questions de sécurité.

Julien Leprovost

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Pour aller plus loin

Le rapport (en anglais) National security assessment – global biodiversity loss ecosystem collapse and national security

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