Le conseil municipal d’Amsterdam a voté pour l’interdiction des publicités pour la viande et les énergies fossiles. L’ordonnance du 22 janvier 2026 fait de la ville néerlandaise la première capitale au monde à interdire les affiches pour les produits carnés et une des premières à exclure celles promouvant des produits dépendant d’énergies fossiles. Ces derniers comprennent, entre autres, les voyages en avion, les croisières et les voitures avec des moteurs thermiques.
La nouvelle loi entrera en vigueur en mai 2026. Ce n’est pas une première aux Pays-Bas, où 9 villes avaient déjà banni ce type de publicités dans l’espace public. Dans de nombreux pays, plusieurs capitales avaient pris la même initiative concernant les énergies fossiles, mais pas la viande.
Les professeurs Thijs Bouman et Jan Willem Bolderdijk, auteurs d’une étude sur les publicités pour les énergies fossiles publiée dans Nature, parlent de « l’effet ricochet » de cette mesure municipale, qui pourrait « inspirer d’autres juridictions dans le monde à reconsidérer […] leur rôle dans l’encouragement à des modes de consommation plus durables. »
La campagne pour l’interdiction des publicités pour la viande et les énergies fossiles s’inspire d’interdictions publicitaires déjà existantes dans beaucoup de pays, notamment celles sur le tabac, l’alcool et les jeux d’argent. La nouvelle législation amsterdamoise veut protéger l’environnement, mais aussi la santé des citoyens. « Quand les publicités pour les énergies fossiles sont dans l’espace public, ça contredit directement les responsabilités de la municipalité de protéger la santé, la sécurité et les habitants des impacts du changement climatique », déclare la fondatrice de l’ONG Creatives for Climate Lucy von Strumer dans le communiqué de presse relatif à l’ordonnance.
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Les principales critiques à cette approche viennent d’entrepreneurs qui se réclament des valeurs du libre marché. Mathilde Dupré, présidente de l’association Communication et Démocratie (CoDe) et codirectrice de l’institut Veblen, répond que « du point de vue du droit, il faut mettre en équilibre la liberté d’expression avec d’autres impératifs qui sont aussi reconnus dans la Constitution, comme la protection de l’environnement. » Elle ajoute qu’interdire certaines publicités « veut simplement dire éviter qu’il y ait une incitation à consommer ces produits, mais on laisse quand même les industriels les produire et les consommateurs en consommer. » L’association CoDe avait soutenu, en 2022, la campagne Ban Fossil Fuels Ads pour bannir les publicités d’énergies fossiles en Europe.
En France, la loi Climat et Résilience du 21 août 2021 avait interdit la publicité pour les énergies fossiles. Les affiches promouvant l’achat de produits énergétiques pétroliers et charbonniers, ainsi que d’hydrogène carboné, ont donc disparu de l’espace public. Mathilde Dupré explique que, bien qu’actée, la loi n’est toujours pas mise en œuvre dans les textes : « les publicités pour les énergies fossiles n’existent quasiment pas. Et les décrets n’ont jamais été véritablement adoptés.»
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