À moins de deux mois des élections municipales, un sondage pour le Réseau Action Climat (RAC) et le Secours Catholique – Caritas France montre qu’une majorité de Françaises et de Français sont en faveur du maintien des mesures de transition écologique au niveau local. Selon le sondage conduit par l’IFOP et dévoilé le jeudi 15 janvier, 63 % des électeurs se déclarent gênés à l’idée de voter aux municipales pour un candidat souhaitant revenir sur les politiques de transition déjà en œuvre dans leur commune. Dans les villes de plus de 100 000 habitants, ils sont 7 sur 10 (72 %) à le penser. D’après l’analyse de l’IFOP, cet écart entre les grandes villes et l’ensemble du pays s’explique par le fait que les mesures en faveur de l’environnement sont plus visibles dans les grandes agglomérations. Ces résultats vont à l’encontre d’un discours récurrent dans les médias sur un rejet de l’écologie par une majorité des citoyens.
« Ces résultats suggèrent que la transition écologique et sociale est en train de sortir du registre du “débat d’opinion” pour entrer dans celui des attentes de gestion municipale », analyse Nicolas Gadoni de l’IFOP. Avant de poursuivre : « Le niveau élevé de gêne face à un candidat qui reviendrait sur l’existant indique qu’une partie des politiques engagées est désormais perçue comme un acquis. La question centrale devient donc moins “faire ou ne pas faire” que tenir le cap, l’adapter aux réalités locales et en garantir une mise en œuvre équitable. »

Un consensus assez large en faveur de mesures écologiques…
Le sondage met en avant quelques mesures écologiques municipales qui rencontrent un plébiscite. Ainsi, comme le rapporte le RAC : « 89 % [des répondants] approuvent la création d’espaces verts et la protection des zones naturelles et agricoles, 86 % la préparation des bâtiments communaux aux effets du changement climatique. 85 % [sont] pour développer l’offre de transports en commun accessibles à tous, le covoiturage et l’autopartage ».

Mais qui reste encore à valider dans les faits et sur le terrain
Cependant, d’autres réponses de ce sondage réalisé par l’IFOP du 3 au 15 décembre 2025 auprès d’un échantillon représentatif de 1004 personnes et d’un panel de 1050 autres habitants dans des quartiers prioritaires de la ville donnent une image plus nuancée. En effet, ce sondage livre des opinions. Il témoigne donc d’une adhésion assez large à l’écologie.
Cédric Javanaud, directeur de la Fondation GoodPlanet souligne que « les résultats de ce sondage sont encourageants car il montre l’attachement des Français à une transition écologique ambitieuse et juste. Dans un contexte mondial, européen et national fait de reculs et de renoncements en matière de politiques publiques écologiques et sociales, nous constatons l’importance de l’action locale. Au cœur de nos villes et nos villages, la transition écologique et solidaire est concrète. Loin des impalpables COP et autres raouts internationaux, on parle ici d’entraide, de végétalisation, de lutte contre la précarité énergétique, de transports scolaires, de cantines bio, d’associations locales…et une grande majorité des Français ne souhaitent pas voir disparaitre ou reculer ce qui fait la richesse de leurs territoires, leurs cadres de vie du quotidien. »
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Toutefois, cette enquête d’opinion ne dit rien des réactions potentielles des administrés face à certaines mesures, ni des choix qu’elles représentent en termes de changement des habitudes ou de coûts répercutés sur les impôts. Car, bien souvent, comme d’autres causes, l’écologie suscite une adhésion de principe, mais la traduction opérationnelle de ces choix de société peut susciter de nombreuses réticences, voire un rejet. Cédric Javanaud déplore ainsi que ce type de sondage n’aille pas interroger sur « les contraintes, les renoncements ou les surcouts… Le sondage constitue quand même une bonne piqure de rappel pour les candidats aux élections municipales de mars prochain…mais il faudrait aussi le voir comme une piqure de rappel pour nous citoyens. Qui ne voudrait pas d’une eau plus saine, de transports publics gratuits, de bâtiments publics rénovés…mais la transition écologique s’avère nécessaire. Elle a des bénéfices mais elle a aussi des coûts. La bonne volonté ne suffit pas, collectivement nous devons replacer l’intérêt général et la justice sociale au centre de nos sociétés. Cela prend du temps, il faut collectivement faire des efforts, cela ne se construira pas sans un dialogue constructif et apaisé entre les élus et les citoyens. »
Certes, la réalité du changement climatique et ses effets ont été constatés par 56 % des sondés. De plus, la moitié de la population considère que sa commune est exposée aux risques climatiques. Seulement 52 % des sondés estime que leur commune est mal préparée aux impacts du changement climatique, ce chiffre s’élève à 57 % dans les quartiers populaires.
Selon le sondage, seulement un Français sur 2 (53 %) se déclare en faveur d’une poursuite des mesures même si cela implique des investissements municipaux. Toutefois, accepter de payer plus pour la transition emporte l’adhésion d’une large partie de la jeunesse puisque « cette position est largement majoritaire chez les 18-24 ans (76 %), une génération davantage concernée par les effets du changement climatique à moyen et long terme », selon l’analyse des résultats du RAC et de l’IFOP.
Clara Sannicolo, responsable Climat et Territoires du Réseau Action Climat conclut que : « ce sondage doit agir comme un signal d’alarme à deux mois des élections municipales. Une majorité de Françaises et de Français, de tous bords politiques, se dit prête à sanctionner des candidats qui proposeraient des reculs sur la transition écologique et juste dans leur commune, y compris dans les quartiers populaires. »
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Pour aller plus loin
Sondage exclusif : les Français ont soif de transition écologique et sociale – Réseau Action Climat
Le sondage sur le site du RAC Page non trouvée – Réseau Action Climat
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Un commentaire
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Serge Rochain
Les gens sont foncierement écologiques car ils se rendent bien compte de la dérive du climat, mais cela se traduit rarement dans leur mode de vie individuelle, on n’efface pas d’une trait de « convictions » un mode de vie ancestrale de gaspilleur et fait de négligences insouciente.