New York suspend sine die l’ouverture attendue d’un péage urbain

new york peage urbain

Les rues de New York, le 4 décembre 2023 © AFP Charly TRIBALLEAU

New York (AFP) – La gouverneure démocrate de l’Etat de New York a fait volte-face mercredi en annonçant brutalement la suspension sine die de l’ouverture, prévue fin juin, d’un péage urbain controversé dans une partie de Manhattan.

L’objectif de cet impôt direct de 15 dollars par passage prélevé à l’entrée du centre de Manhattan, un des cinq arrondissements de la mégapole, était de désengorger les grandes avenues qui irriguent l’île et d’améliorer la qualité de l’air.

Premier système de péage en centre-ville aux Etats Unis — après Londres, Stockholm ou Singapour –, le projet voté en mars devait lever des fonds et redresser le budget du tentaculaire réseau du métro, qu’empruntent chaque jour des millions de New-Yorkais.

« J’ai pris une décision difficile: mettre en oeuvre la taxation sur la circulation fait peser trop de risques sur les New-Yorkais en ce moment », a annoncé Kathy Hochul, gouverneure démocrate de l’Etat, le 4e du pays qui inclut la ville éponyme de neuf millions d’habitants à son extrême sud.

« C’est pourquoi, j’ai demandé à (l’agence des transports publics de New York, MTA) de suspendre le programme indéfiniment ».

Le discours de la gouverneure portait sur le coût de la vie à New York, l’une des villes les plus chères de la planète, soumise à une forte inflation depuis la sortie de la pandémie de Covid-19.

Très critiqué, le projet porté entre autres par Mme Hochul et la MTA avait fait l’objet de recours administratifs par des associations de taxis et VTC ainsi que par l’Etat voisin, le New Jersey.

L’alliance des célébrissimes taxis jaunes new-yorkais n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

Près de 700.000 véhicules, circulant à 11 km/h en moyenne dans la zone qui devait être taxée, à partir de la 60e rue vers le sud de Manhattan, auraient dû être concernés.

« Nous faisons face à une circulation qui paralyse le centre et le sud de la ville », a réagi le président (maire) de l’arrondissement de Manhattan, Mark Levine, évoquant les conséquences des embouteillages dantesques sur l’environnement, l’économie et la circulation des véhicules d’urgence.

« Je me demande comment nous allons faire face à ces crises », a protesté l’élu local.

Le projet, qui aurait pu rapporter un milliard de dollars par an, prévoyait plusieurs exceptions et des réductions pour les New-Yorkais les plus précaires et les véhicules devant passer sous les portiques des péages plus de dix fois par mois.

Le projet remonte à 2007, lorsque le milliardaire Michael Bloomberg était maire.

Mais le principe n’a été acté qu’en 2019 sous l’ancien maire très à gauche Bill de Blasio, prédécesseur d’Eric Adams, un ex-policier de centre droit.

La municipalité tente des politiques jugées progressistes, sociales et environnementales, et New York est déjà ceinturée de péages sur les voies rapides, ponts et tunnels desservant ses grandes banlieues.

© AFP

À lire aussi 

Comme Londres, New York veut un péage urbain pour réduire les embouteillages et la pollution

Ecrire un commentaire