Planification écologique: les chefs de partis à Matignon, les annonces attendront

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La Première ministre française Elisabeth Borne prononce un discours à l'hôtel Matignon à Paris, le 6 septembre 2023 © AFP/Archives JULIEN DE ROSA

Paris (AFP) – Accélérer sur la voiture électrique, rénover les logements, freiner sur les chaudières au gaz… : après plusieurs mois d’atermoiements, Elisabeth Borne reçoit lundi à Matignon les chefs de partis politiques pour « partager la feuille de route » de la « planification écologique » jusqu’en 2030.

Fixé à 10H30, ce rendez-vous à huis clos permettra de débattre des solutions pour une transition écologique « juste » et non « punitive », explique-t-on à Matignon. Les principales annonces attendront et devraient être réservées à une prise de parole d’Emmanuel Macron, aux contours encore flous, la « semaine prochaine ».

L’exécutif entend ouvrir une « séquence » d’une dizaine de jours sur le sujet: ce « débat politique » lundi à Matignon, un échange entre Elisabeth Borne et les membres du Conseil national de la refondation mardi, un « événement » autour d’Emmanuel Macron « dans les prochains jours », et la présentation du projet de budget 2024 le 27 septembre en Conseil des ministres.

En juillet, le gouvernement avait reporté la présentation de cette feuille de route, percutée par les émeutes puis le remaniement du gouvernement.

Il promet désormais un plan « très concret » et « très opérationnel » afin « d’être au rendez-vous européen » de la baisse de 55% des émissions nettes de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990, et de se « projeter vers la neutralité carbone en 2050 ».

Dès le projet de budget 2024, l’exécutif devra expliquer comment il entend répartir les 7 milliards d’euros supplémentaires promis par la Première ministre en juillet pour accélérer la transition.

Le gouvernement pourrait entre autres financer une hausse du bonus écologique pour l’achat de véhicules électriques, associée à un malus étendu lors de l’acquisition des voitures les plus polluantes.

En « stock » (neufs et anciens), la part de voitures électriques dans le parc français doit passer de 1% aujourd’hui à 15% en 2030, estime par exemple Matignon.

Le gouvernement promet aussi des réponses sur le financement des RER métropolitains dans une dizaine de villes de France, objet d’une proposition de loi en cours d’examen au Parlement.

Des mesures sont également attendues dans le secteur du logement, pour des rénovations énergétiques plus « performantes », a laissé entendre le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu dimanche.

Prix de l’énergie

D’ici 2030, le gouvernement souhaite en outre parvenir « à supprimer 75% des chaudières au fioul », et « baisser d’environ 20% les chaudières au gaz (hors pompe à chaleur hybrides) », selon un document transmis à la presse.

Industrie et agriculture seront également au menu.

A Matignon lundi, le secrétaire général à la planification écologique Antoine Pellion doit faire une courte présentation aux responsables de partis avant le débat avec Elisabeth Borne.

Les sujets de crispation ne manqueront pas, notamment sur l’articulation entre écologie et pouvoir d’achat, long et court terme, au moment où les prix de l’énergie et du carburant sont au cœur des débats.

A droite, LR a déjà demandé au gouvernement l’organisation d’une « conférence sur les prix de l’énergie » qui flambent.

Dimanche, les oppositions ont critiqué l’annonce d’Elisabeth Borne d’autoriser les distributeurs à vendre du carburant « à perte » pendant quelques mois afin de leur permettre de « baisser davantage les prix ».

C’est une « plaisanterie », a grincé le coordinateur de LFI Manuel Bompard, en réclamant un blocage des prix, à « à peu près 1,50 euro » le litre.

Lors de la « séquence » de dix jours sur la planification écologique, le gouvernement pourrait en outre se prononcer sur l’avenir, incertain, du projet de loi de programmation sur l’énergie et le climat (LPEC), censé fixer les grands objectifs de la politique énergétique française.

A priori, le texte n’est pas attendu avant Noël et la fin de l’examen du budget, selon une source ministérielle.

© AFP

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