Face à « l’alerte rouge » incendies, les pompiers en mode commando dans les Bouches-du-Rhône

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Des pompiers écoutent les instructions dans une forêt de Gardanne, le 25 juillet 2023 dans les Bouches-du-Rhône © AFP CHRISTOPHE SIMON

Fuveau (France) (AFP) – « Je fais le point véhicules: Aix? Présent. Mimet? Oui. Gardanne? » A l’ombre des pins, le capitaine Théo Lebert, des pompiers des Bouches-du-Rhône, passe en revue mardi les équipages de son Groupe d’intervention feux de forêt (Giff), déployé préventivement en ce jour « d’alerte rouge ».

Fort de 18 sapeurs pompiers, avec quatre camions de 4.000 litres et un 4×4 de commandement, ces équipes pré-positionnées doivent être le fer de lance de la lutte, alors que la nouvelle « météo des forêts » a pour la première fois lancé pour ce mardi une alerte rouge, signalant un « danger très élevé » d’incendie dans toutes les Bouches-du-Rhône.

Depuis la mi-journée, le « groupe 1 Aix » du capitaine Lebert est déployé à l’orée d’un chemin forestier, en bordure du village de Fuveau, au sud-est d’Aix-en-Provence, à quelques encablures du célèbre massif de la Sainte-Victoire.

« On est en veille permanente pour répondre et on peut quitter l’emplacement en quelques minutes pour arriver très rapidement sur les lieux » d’un éventuel incendie, l’attaquer et solliciter des renforts « si jamais ça dépasse les moyens du groupe », explique le chef de groupe.

Ce sont quelque 400 pompiers supplémentaires qui ont été ainsi mobilisés mardi dans le département, en plus des 500 d’une journée « normale ».

Certaines équipes sont venues de région parisienne et même d’Autriche et de Pologne dans le cadre de la coopération européenne, pour renforcer une région malheureusement habituée aux feux de forêt, mais plutôt épargnée en 2022 et depuis le début de la saison.

Neuf feux sur dix étant d’origine humaine, principalement dus aux imprudences, la préfecture a interdit l’accès à 19 des 25 massifs du département pour la journée de mardi.

Le déploiement est piloté depuis le PC opérationnel du service départemental d’incendie et de secours, à Marseille, « centre névralgique » des opérations où remontent toutes les alertes (appels au 18, différents réseaux de vigilance…) et d’où « nous déclenchons tous les secours, terrestres, mais aussi aériens », précise le colonel Jean-Christophe Martini, officier supérieur départemental en charge des opérations.

Depuis trois ans, le département est par ailleurs doté d’un « PC forêt » unique en son genre, « complètement intégré » au centre de commandement et rassemblant les différents acteurs, ajoute le responsable.

 « Premier seau »

« Nous avons tous les partenaires qui participent à la prévention et à la lutte, les forestiers, le département, les comités communaux feux de forêt, et nous avons toute la remontée du dispositif de prévention, c’est-à-dire d’occupation du terrain par les petits véhicules qui sillonnent en permanence les massifs justement pour assurer la protection, pour informer la population, » détaille le colonel Martini. Sans oublier que ces personnels de terrain peuvent faire office de « premier verre d’eau, premier seau d’eau qui parfois limite la casse ».

Car toute la stratégie repose sur un principe: l’attaque rapide et massive de tous les départs de feu, une stratégie adoptée dans le sud-est de la France au tournant des années 1990 et qui a depuis fait ses preuves. D’où l’importance de la mobilisation des ressources locales et les pré-positionnements d’effectifs sur des points stratégiques.

Mardi, ce sont ainsi 18 Giff, soit plus de 300 pompiers et 72 engins, appuyés par six « groupes lourds » avec des engins plus puissants et cinq hélicoptères, dont un lourd, mobilisables, qui sont aux aguets dans le département.

« Au moins jusqu’à demain », mercredi, souligne le colonel Martini, même si la météo des forêts de Météo-France repasse à l’orange mercredi dans les Bouches-du-Rhône. Les facteurs dangereux, notamment un fort mistral avec des pointes jusqu’à 80 km/h, doivent durer encore 24 heures.

« Le temps qu’on passera sur le terrain? On dit toujours qu’on sait quand on commence, mais jamais quand on finit », sourit le capitaine Lebert, en rappelant à ses troupes de « bien s’hydrater » et vérifier leurs provisions. Car « compte tenu du niveau de risque, on a des groupes qui pourraient être prolongés sur la nuit ».

© AFP

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