L’Ukraine limite sa consommation d’énergie face aux destructions de ses infrastructures

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Les pompiers sur le site d'une attaque de drone à Kiev, le 17 octobre 2022 © AFP Yasuyoshi CHIBA

Kiev (Ukraine) (AFP) – L’Ukraine se préparait jeudi à restreindre sa consommation d’énergie pour faire face à la destruction de ses infrastructures par l’armée russe à l’approche de l’hiver, le président Volodymyr Zelensky appelant la population à se préparer à « tous les scénarios possibles ».

Alors que les bombardements ont continué mercredi partout en Ukraine, y compris dans la capitale, Kiev a accusé la Russie de préparer une « déportation massive » de la population des territoires récemment annexés et l’enrôlement de force de citoyens ukrainiens dans son armée.

Dans son adresse de mercredi soir, M. Zelensky a affirmé que les forces ukrainiennes avaient abattu mercredi 21 drones iraniens, dont dix se dirigeaient vers Kiev. « Malheureusement, il y a également eu des frappes, et de nouveaux dommages aux infrastructures critiques », a-t-il déploré.

Il a appelé les Ukrainiens à restreindre leur consommation d’électricité à partir de jeudi 07H00 (04H00 GMT). Un appel relayé par le maire de Kiev Vitaliy Klichko, qui a appelé ses administrés à s’abstenir d’allumer fours à micro-ondes, climatiseurs, bouilloires électriques ou encore radiateurs électriques entre 07H00 et 23H00.

La présidence ukrainienne avait annoncé plus tôt « des restrictions pour l’approvisionnement en électricité » dans toute l’Ukraine jeudi, et la création de points d’alimentation mobiles en électricité pour les infrastructures critiques.

« Nous nous préparons à tous les scénarios possibles à l’approche de l’hiver », a déclaré M. Zelensky. « Nous nous attendons à ce que la terreur russe se dirige contre les installations énergétiques jusqu’à ce qu’avec l’aide de nos partenaires, nous soyons capables de détruire 100% des missiles et des drones », a-t-il ajouté.

L’Union européenne prépare des sanctions contre l’Iran, accusé de fournir à la Russie des drones armés pour frapper l’Ukraine. Et, à l’ONU, le Conseil de sécurité s’est réuni durant deux heures à huis clos mercredi sur ce dossier.

La diplomatie américaine « a vu ces derniers mois nombre de preuves que la Russie utilise (ces drones) iraniens pour des attaques impitoyables et délibérées contre la population ukrainienne et des infrastructures civiles essentielles », a déclaré avant la réunion un porte-parole du département d’Etat.

M. Zelensky a affirmé mercredi que son armée avait détruit 233 de ces drones en un mois.

L’ambassadeur russe adjoint auprès des Nations unies Dmitri Polianski et l’ambassadeur iranien Amir Saïd Iravani se sont succédé devant la presse à la porte du Conseil de sécurité pour démentir.

Le diplomate russe a fustigé « des accusations sans fondement, des théories du complot et aucune preuve présentée devant le Conseil de sécurité ». Il a affirmé que les drones « utilisés par l’armée russe en Ukraine étaient fabriqués en Russie ».

L’ambassadeur iranien a également balayé des « allégations sans fondement et sans substance », et a répété que son pays souhaitait un « règlement pacifique » du conflit.

Dans le sud de l’Ukraine, l’administration russe de la région de Kherson a assuré mercredi que les évacuations de civils avaient débuté. Elle prévoit d’en déplacer « 50.000 à 60.000 » en quelques jours sur l’autre rive du Dniepr.

La ville de Kherson, occupée depuis le printemps, va être évacuée face à l’avancée des troupes ukrainiennes, a dit le chef des autorités municipales prorusses Vladimir Saldo, promettant que les soldats russes allaient résister « jusqu’à la mort ».

Le général Sergueï Sourovikine, récemment nommé chef des opérations russes en Ukraine, avait reconnu mardi que la situation y était « très difficile ».

Mais pour le secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense ukrainien, Oleksiy Danilov, on assiste plutôt à « la préparation de la déportation massive de la population ukrainienne » vers la Russie « afin de modifier la composition ethnique des territoires occupés ».

« Un crime qui devrait être condamné par les Nations unies et qui a déjà été commis en Crimée », unilatéralement rattachée en 2014 à la Russie, a-t-il ajouté.

Au total, « environ cinq millions d’habitants » des quatre régions ukrainiennes annexées en septembre par Moscou sont actuellement sur le sol russe, où ils se sont « réfugiés », a de son côté affirmé le secrétaire du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev.

Il s’agit de celles de Lougansk, Donetsk, Kherson et Zaporijjia dans lesquelles le président russe a ordonné mercredi l’instauration de la loi martiale, une mesure « nulle et non avenue », a réagi la diplomatie ukrainienne.

Le président Zelensky a par ailleurs mis en garde les habitants des régions annexées contre une campagne d’enrôlement de force par l’armée russe. « Essayez de quitter le territoire occupé. Et si vous ne pouvez pas le faire et que vous vous retrouvez dans des unités militaires russes, essayez à la première occasion de déposer les armes et d’aller vers les positions ukrainiennes », a-t-il lancé.

© AFP

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