Le sel de la terre: les sculptures d’une artiste israélienne à la mer Morte

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L'artiste israélienne multidisciplinaire Sigalit Landau photographiée à côté de l'une de ses œuvres, immergée dans l'eau salée de la mer Morte à la station balnéaire d'Ein Bokek, le 2 août 2022 © AFP MENAHEM KAHANA

Ein Bokek (Israël) (AFP) – L’artiste israélienne Sigalit Landau s’avance dans la mer Morte pour inspecter ses dernières créations: des objets du quotidien plongés des semaines dans les eaux salées et désormais recouverts d’une croûte de sel qui brillent comme de la glace sous le soleil éclatant.

Point le plus bas du monde, la mer Morte est aussi l’atelier inusité de cette artiste qui y immerge différents objets — d’une robe de bal à une structure métallique d’un abat-jour — transformés avec le temps en sculptures de cristaux de sel.

« Ces eaux sont comme un laboratoire », affirme à l’AFP Mme Landau, en contemplant une bobine de fil de fer incrustée de sel lui conférant un « aspect enneigé ».

La mer Morte, populaire site touristique flanqué de falaises et connu pour sa haute concentration en sel, offre sans cesse des surprises dans sa façon de transformer les objets immergés par l’artiste israélienne.

L’artiste suspend ses objets dans la mer hyper salée dans des cadres touchant le fond marin près de la côte et vient les récupérer des semaines plus tard avec l’aide d’assistants. Devenus lourds avec le sel qui s’y accroche, certains objets nécessitent quatre personnes pour les récupérer.

« On devient très modeste. Ce que veut la mer, c’est ce que j’obtiendrai » comme oeuvre, soutient l’artiste dont la fascination pour le site a débuté il y a des décennies.

Mais aujourd’hui, Mme Landau constate « la catastrophe provoquée par les humains » qui menace la spectaculaire étendue d’eau coincée entre Israël, la Jordanie et la Cisjordanie occupée et qui a perdu un tiers de sa surface depuis 1960.

Sous l’effet entre autres de la déviation du fleuve Jourdain qui s’y jette et de l’évaporation favorisée par le réchauffement climatique, les eaux bleues de la mer Morte se retirent d’environ un mètre chaque année, laissant derrière elles un paysage lunaire.

Sigalit Landau, elle, craint que la mer ne disparaisse à long terme, à moins que « les gouvernements ne changent de politique ».

« Elle est en train de disparaître et ce n’est pas possible, c’est trop important et merveilleux comme endroit », dit l’artiste dont des dizaines de statues de sel sculptées par la mer seront exposées en octobre au Musée d’Israël à Jérusalem.

© AFP

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