A Bonn, un monde en crise à nouveau au chevet du climat

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Les représentants de près de 200 pays se retrouvent à partir de lundi à Bonn pour donner un élan à la prochaine conférence climat de novembre en Egypte © AFP/Archives Ina FASSBENDER

Paris (AFP) – Renforcer la lutte contre le réchauffement climatique et ses effets dévastateurs, concrétiser et élargir l’aide aux plus vulnérables: les représentants de près de 200 pays se retrouvent à partir de lundi à Bonn pour donner un élan à la prochaine conférence climat de novembre en Egypte.

Six mois après la COP26 de Glasgow, qui a réaffirmé l’ambition – pour l’heure hors d’atteinte – de contenir le réchauffement à 1,5°C alors que nous sommes déjà à 1,1°C depuis que l’humanité a commencé à brûler industriellement gaz et pétrole à la fin du XIXe siècle, cette « session intermédiaire » des négociations climat veut préserver les avancées fragiles de la conférence écossaise.

Depuis celle-ci, le monde a été ébranlé par l’invasion russe de l’Ukraine et ses répercussions sur les marchés énergétique et alimentaire.

« Nous avons besoin de décisions et d’actions maintenant et il incombe à toutes les nations de faire des progrès à Bonn », a lancé en amont de la réunion la Mexicaine Patricia Espinosa, patronne de l’ONU-climat, agence basée dans la ville allemande.

Car des points clés restent en suspens à quelques mois de la prochaine COP27, du 7 au 18 novembre à Charm el-Cheikh, station balnéaire sur la mer Rouge.

A commencer par la réduction des émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement. Le « pacte » conclu à Glasgow enjoignait aux pays de « revisiter et renforcer » leurs objectifs pour « les aligner » avec ceux de l’accord de Paris « d’ici la fin de 2022 ».

Cet accord, clé de voûte de la lutte contre le changement climatique, vise à « contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels » et si possible à 1,5°C.

Déconnexion

Or de nombreux pays ne tiennent déjà pas leurs engagements actuels… qui eux-mêmes laissent pourtant les objectifs de Paris « hors de portée » selon les experts climat de l’Onu (Giec).

Ceux-ci estiment que le monde est pour l’instant sur une trajectoire catastrophique de réchauffement de 2,8°C. Et très peu ont déposé de nouveaux engagements chiffrés.

Il faut donc relancer la machine pour que la COP de Charm el-Cheikh puisse déboucher comme le souhaite Mme Espinosa sur « des mesures audacieuses et concrètes, soutenues par des plans spécifiques, pour réaliser l’ambition climatique urgente et transformationnelle nécessaire avant qu’il ne soit trop tard ».

Car il y a pour l’heure « une déconnexion entre les preuves scientifiques d’une crise mondiale en préparation, avec des impacts climatiques inimaginables, et le manque d’actes, » se désole Johan Rockström, directeur de l’Institut de recherche sur l’impact du changement climatique à Potsdam (PIK).

Autre dossier brûlant sur la table à Bonn, l’aide des pays riches, souvent les plus gros émetteurs historiques, aux plus pauvres, les moins responsables du réchauffement mais souvent en première ligne de ses impacts.

Eux ou nous

La promesse de les aider à faire face aux défis du changement climatique à hauteur de 100 milliards de dollars par an en 2020 n’est toujours pas tenue.

Et face à la multiplication des sécheresses, inondations et incendies ou de la montée inexorable des océans, c’est le dossier d’un financement spécifique des « pertes et préjudices » subis qui est désormais sur la table.

A Glasgow, les pays riches ont bloqué cette demande et un compromis a fini par être trouvé sur la création d’un cadre de « dialogue » jusqu’à 2024 pour « discuter des modalités pour le financement ».

Mais la méfiance demeure. Il ne faut pas que Bonn soit « juste un autre forum de discussions » a averti l’Alliance des petits Etats insulaires (Aosis), qui exigent de repartir avec « une vision claire de quand et comment (sera appliqué) le financement spécifique des pertes et préjudices ».

Magnus Benzie, chercheur du Stockholm Environment Institute, estime primordial que les parties arrivent à construire une réponse globale: « Nous devons lier les risques systémiques auxquels le monde fait face, dont la crise alimentaire mondiale qui menace en raison du changement climatique », et dont le conflit en Ukraine a donné un avant-goût.

« Mais nous passons à côté de cette occasion, en posant uniquement la question de l’adaptation sous le prisme +nous+ ou +eux+ ».

© AFP

3 commentaires

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    • Balendard

    Alors que six COP nous sépare de la COP21, il faut espérer que l’Allemagne qui souhaite mettre sur les rails la prochaine conférence climat de novembre en Egypte ( COP27) va arrêter le gachis actuel.
    Ceci en montrant qu’il y a COP et COP et allant dans le sens de la Solar Water Economy en ce qui concerne le climat.. voir
    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/COP21.htm

    La ville de Bonn de 300 000 habitants qui connait des hivers très doux, des étés chauds et secs et qui est traversée par un fleuve puissant, le Rhin, est bien placée pour cela. Elle pourrait ainsi en prenant l’initiative montrera à Paris qui tarde à réagir l’exemple de ce qu’il faut faire

    • Guy J.J.P. Lafond

    Merci.
    Et répétons-le sans cesse:
    Les embouteillages monstres dans toutes les grandes villes du monde doivent cesser. C’est une bêtise.
    Les productions à la chaine de véhicules de toutes sortes doivent ralentir considérablement. Et encourageons davantage l’auto-partage.
    Construire des bâtiments solides pour mettre des enfants et des familles à l’abris des intempéries.
    Les forêts doivent recommencer à croître. Protégeons-les mieux.
    Svp, diminuer le nombre de pétroliers en circulation sur les océans sans plus tarder.
    Svp, augmenter le nombre de navires-citernes servant à acheminer de l’eau potable aux endroits où il y a un manque criant.
    Ralentir la croissance démographique par des incitatifs rassurants.
    Autres suggestions svp,
    @GuyLafond
    Un bon papa au Canada et un bon serviteur de l’État qu’on a mis en prison en Ontario.

    • Guy J.J.P.Lafond

    (prise 2)
    Merci.
    Et répétons-le sans cesse:
    Les embouteillages monstres dans toutes les grandes villes du monde doivent cesser. Ce sont des bêtises.
    Les productions à la chaine de véhicules de toutes sortes doivent ralentir considérablement. Et encourageons davantage l’auto-partage.
    Construire des bâtiments solides pour mettre des enfants et des familles à l’abris des intempéries.
    Les forêts doivent recommencer à croître. Protégeons-les mieux.
    Svp, diminuer le nombre de pétroliers en circulation sur les océans sans plus tarder.
    Svp, augmenter le nombre de navires-citernes servant à acheminer de l’eau potable aux endroits où il y a un manque criant.
    Ralentir la croissance démographique par des incitatifs rassurants.
    Créer trois zones d’échanges commerciaux indépendantes, ceci afin de favoriser l’émergence de nouveaux modèles économiques plus respectueux de l’environnement et des rythmes de la Terre. Ces trois zones seraient: 1. Les Amériques; 2. L’Europe et l’Afrique; et 3. l’Asie, le Moyen-Orient et l’Océanie.
    Autres suggestions svp,
    @GuyLafond
    Un bon papa au Canada et aussi un bon serviteur de l’État qu’on a mis en prison en Ontario en 2019.

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