La sobriété n’est pas synonyme de décroissance, souligne l’Ademe

sobriété décroissance

La transition écologique engendrera une hausse de l’activité économique dans tous les scénarios de neutralité carbone à 2050, souligne un rapport de l'Ademe © AFP/Archives JEAN-FRANCOIS MONIER

Paris (AFP) – La transition écologique engendrera une hausse de l’activité économique dans tous les scénarios de neutralité carbone à 2050, souligne mardi un rapport de l’Ademe, qui relève que « la sobriété n’est pas synonyme de décroissance ».

Pour éclairer le débat présidentiel puis les choix énergétiques que la France devra faire d’ici 2023, l’établissement public a élaboré quatre scénarios visant la neutralité carbone. Inspirés des modèles du Giec (les experts climat de l’ONU), ils vont du plus sobre (S1) à celui d’une consommation de masse compensée par des paris de progrès technologiques, encore incertains donc (S4).

Aucun de ces scénarios n’engendre de récession à terme, souligne l’Ademe.

Au contraire, une hausse de l’activité est à attendre, car les énergies fossiles importées, « dont les cours vont incontestablement augmenter », seront remplacées par des énergies renouvelables produites localement.

En outre, la consommation de biens manufacturés au contenu carbone élevé et importés diminue au profit de produits et services locaux. Et les investissements d’efficacité énergétique s’avèrent rentables à terme, permettant aux ménages et entreprises d’économiser sur leur facture d’énergie et donc de disposer d’un revenu disponible accru, synonyme de stock de capital et de capacités productives accrus, pointe encore l’Ademe.

[À lire aussi La souveraineté numérique passe aussi par la sobriété]

Plus précisément, par rapport à un scénario de poursuite des habitudes actuelles (qui ferait rater la neutralité carbone), seul le scénario 1 se traduirait par un taux de croissance du PIB moindre (mais il y aurait croissance quand même).

Le scenario 2 (forte gouvernance locale, économie du partage, mobilité maîtrisée…) et le scenario central 3 (régulation minimale, hydrogène, consumérisme vert…) génèreraient une croissance supérieure à celle attendue si l’on ne faisait rien. Le S4 (pari technologique) produirait le plus d’emplois, et le S2 le plus de revenus disponibles.

Ainsi, « la sobriété n’est pas synonyme de décroissance », et « le choix d’un scénario plutôt qu’un autre relève plus de priorités politiques que de considérations macroéconomiques », conclut le rapport.

L’Agence a aussi étudié l’impact de ces politiques sur les sols.

Le bâtiment et les transports seront majoritairement responsables de l’artificialisation des sols (à 50% et 40%), les énergies renouvelables en représentant 10%, estime l’étude.

Le scénario 4 signifierait en 2050 près de 600.000 ha de surfaces artificialisées en plus par rapport au S1, soit l’équivalent du département de la Charente.

© AFP

Valérie Guillard, auteure de Comment consommer avec sobriété ? : « il existe un marketing de la sobriété »

La souveraineté numérique passe aussi par la sobriété

Une France zéro carbone en 2050 : pourquoi le débat sur la sobriété est incontournable

Un commentaire

Ecrire un commentaire

    • Balendard

    L’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie a raison lorsqu’elle estime que la sobriété n’est pas synonyme de décroissance.

    Cela est réconfortant dans la mesure où il est possible à la fois pour la voiture et pour l’habitat d’assurer notre besoin en consommant moins.

    Nous l’avons bien compris pour la voiture. Le lutin thermique que je suis espère convaincre que cela est également possible pour l’habitat.
    Ceci si l’on se préoccupe de ce qui est essentiel. Voir à ce sujet le fichier
    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/essentiel.pdf

Marjan Minnesma, pionnière de l’action climatique devant la justice primée par le prix Goldman 2022 : « les gouvernements ont un devoir de protection des citoyens face à la menace du changement climatique »

Lire l'article