Brésil : sirènes d’alarme à Petropolis, où le bilan s’élève à 117 morts

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Un habitant recherche des survivants après des glissements de terrain à Petropolis, le 16 février 2022 au Brésil © AFP CARL DE SOUZA

Petrópolis (Brésil) (AFP) – Les autorités de la ville brésilienne de Petropolis ont déclenché jeudi les sirènes d’alarme pour évacuer plusieurs zones à risque avant l’arrivée de nouvelles fortes précipitations, deux jours après les pluies diluviennes qui ont provoqué des terribles inondations et glissements de terrain faisant au moins 117 morts.

Les habitants de plusieurs quartiers de cette ville de 300.000 habitants, située dans une région montagneuse à 60 km au nord de Rio de Janeiro, ont été appelés en fin d’après-midi par des alarmes et des SMS à se mettre à l’abri chez des proches ou dans des refuges « en raison du volume de pluie qui tombe sur la ville et va continuer, avec une intensité modérée à forte, dans les prochaines heures », a indiqué la Défense civile locale.

Au moins deux rues ont été fermées et leurs habitants évacués après un glissement de « blocs rocheux », qui n’a fait aucun blessé, ont ajouté les secours.

Ces nouvelles précipitations surviennent 48 heures après les pluies torrentielles qui ont transformé les rues pittoresques de cette ville très touristique en rivières de boue, détruisant les maisons et charriant des dizaines de voitures et bus avec leurs passagers.

Espoir ténu

Alors que les enterrements de victimes se succèdaient au cimetière municipal, sauveteurs et bénévoles continuaient jeudi de fouiller la boue et les décombres à la recherche de personnes disparues, avec un espoir de plus en plus ténu de les retrouver vivantes.

« Malheureusement, ça va être dur de trouver des survivants. Vu la situation, c’est même pratiquement impossible, mais nous devons donner notre maximum, pour pouvoir rendre les corps aux familles », confie à l’AFP Luciano Gonçalves, un bénévole de 26 ans couvert de boue.

« Il faut prendre beaucoup de précautions parce qu’il y a encore des zones à risque », menacées par des glissements de terrain, ajoute-t-il.

Selon les autorités, quelque 500 pompiers, aidés de centaines de volontaires, sont mobilisés pour fouiller les décombres.

Le nombre de disparus reste indéterminé, seuls 41 corps, selon TV Globo, ayant été jusqu’à présent identifiés. La police locale a fait état de 116 disparus, contre 35 recensés par le ministère public.

Sansao de Santo Domingo, un caporal de la Police militaire présent pour prêter main forte aux secouristes, est parvenu jeudi à sauver un petit chien gris au milieu des décombres d’une habitation en haut de la colline.

« Il était apeuré, il a même essayé de me mordre quand je suis arrivé. Il défendait son territoire, parce qu’il savait que ses maîtres avaient certainement été ensevelis juste en-dessous, dans la boue », explique ce policier.

« Pires pluies depuis 1932 »

Jeudi, environ 850 personnes avaient déjà été recueillies dans des refuges improvisés, en majorité des écoles publiques.

Le président Jair Bolsonaro, en visite officielle en Russie en début de semaine, puis en Hongrie ce jeudi, devait se rendre à Petropolis vendredi, dès son retour au Brésil, pour survoler les zones sinistrées.

La ville a reçu en quelques heures mardi soir davantage de pluies que la moyenne de tout un mois de février, selon l’agence météorologique MetSul.

Le gouverneur de l’Etat de Rio de Janeiro, Claudio Castro, a estimé mercredi au cours d’une conférence de presse sur place qu’il s’agissait des « pires pluies en volume depuis 1932 ».

Le Brésil a été frappé en cette saison des pluies par des précipitations particulièrement meurtrières – dans les Etats de Bahia (nord-est), Minas Gerais et Sao Paulo (sud-est) – que les experts ont liées au réchauffement climatique.

Avec le réchauffement climatique, les risques d’épisodes de fortes précipitations augmentent, selon les scientifiques.

Ces pluies, associées notamment au Brésil à une urbanisation souvent sauvage, favorisent inondations et glissements de terrain meurtriers.

Avec ses vieilles maisons cossues, l’ancienne résidence d’été de la Cour impériale est une destination qui attire un grand nombre de visiteurs en quête d’histoire, de randonnées dans une nature montagneuse et verdoyante et d’un climat tempéré.

En janvier 2011, plus de 900 personnes avaient péri en raison d’inondations et de glissements de terrain dans une vaste région comprenant Petropolis et les villes voisines de Nova Friburgo, Itaipava et Teresopolis.

Le nombre des morts dues aux pluies diluviennes de mardi a déjà dépassé le bilan de 2011 pour Petropolis, quand 73 personnes avaient péri.

© AFP

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    • Claude Courty

    Drame emblématique des méfaits de tous les encouragements à la prolifération humaine, qu’ils soit d’ordre politique (politiques familiales), religieux (dogmes surnatalistes), ou économiques (toujours plus).
    Choix du nombre, par tous les pouvoirs, au détriment du bien-être de ceux sur qui ils se fondent et prospèrent.
    Invitation à voir à ce sujet « Pyramidologie sociale ».

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