Tonga : course contre la montre pour permettre l’arrivée de l’aide d’urgence

Tonga cendres volcan
Une photo prise le 17 janvier 2022 et fournie par les forces de défense aériennes de Nouvelle-Zélande montre une zone recouverte de cendres aux Tonga © NEW ZEALAND DEFENCE FORCE/AFP Handout

Wellington (AFP) – La course contre la montre se poursuivait mercredi aux îles Tonga pour dégager les cendres recouvrant la principale piste d’atterrissage du pays et permettre l’arrivée des avions transportant l’aide d’urgence, quatre jours après une éruption et un tsunami dévastateurs.

L’éruption volcanique du 15 janvier, entendue jusqu’en Alaska (Etats-Unis), situé à plus de 9.000 km de là, a été la plus importante enregistrée depuis des décennies –un énorme champignon de fumée de 30 km de hauteur, qui a dispersé cendres, gaz et pluies acides à travers la région Pacifique– avant d’être suivie d’un tsunami.

Cette éruption a provoqué une énorme onde de pression qui a traversé la planète, se déplaçant à une vitesse supersonique d’environ 1.231 kilomètres par heure, selon l’Institut national néo-zélandais de recherche sur l’eau et l’atmosphère.

Lors du tsunami, des vagues de 15 mètres de hauteur ont été enregistrées, a indiqué le gouvernement des Tonga dans un communiqué.

Elles ont déferlé sur la capitale Nuku’alofa, dont les habitants ont fui vers les hauteurs, laissant derrière eux des maisons inondées, tandis que des roches et de la cendre tombaient du ciel.

Plus de 100.000 personnes, soit l’équivalent de la population tongienne, ont été affectées par les chutes de cendres et le tsunami, a indiqué l’Agence américaine pour le développement international (USAID), citant la Croix-Rouge des Tonga.

« Sans précédent »

« Une catastrophe sans précédent a frappé les Tonga », a affirmé le gouvernement dans sa première déclaration publique depuis l’éruption, faisant état de trois personnes tuées et d’« un certain nombre » de blessés.

L’archipel a été dévasté, selon des images satellitaires parues mardi. Il est coupé du monde après la rupture du câble de communications le reliant au réseau internet.

« Le câblodistributeur américain SubCom indique qu’il faudra au moins quatre semaines pour que la connexion des Tonga soit rétablie », a annoncé mercredi le ministère.

Les quelques communications possibles le sont grâce à quelques téléphones satellitaires, principalement détenus par les ambassades étrangères dans la capitale Nuku’alofa.

L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont des avions militaires C-130 prêts à décoller une fois les cendres dégagées.

Mais une couche de cinq à dix centimètres de cendres s’est accumulée sur la piste de l’île principale de Tongatapu, a déclaré le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).

« Les cendres se sont avérées plus difficiles à enlever que prévu », a expliqué Jonathan Veitch, chargé pour l’ONU de la gestion de cette crise depuis Fidji.

« Nous pensions (que la piste) serait opérationnelle hier, mais elle n’a pas encore été entièrement dégagée car des cendres sont encore tombées », a-t-il déclaré, précisant qu’« environ 100 ou 200 mètres sont dégagés par jour ».

Le navire HMAS Adelaïde, de la flotte australienne, s’apprête à mettre le cap vers les Tonga avec du matériel de secours à son bord. Il devrait arriver à destination dans cinq jours.

Deux navires néo-zélandais le HMNZS Wellington et le HMNZS Aotearoa sont également partis pour l’archipel et devraient l’atteindre dans environ 3 jours. Ils transportent notamment des plongeurs, de l’eau potable ainsi qu’une unité de dessalement pouvant fournir 70.000 litres par jour.

« Risque de contamination »

Le village de l’île de Mango, où une balise de détresse a été déclenchée en début de semaine, a été complètement détruit. Dans plusieurs villages, seules quelques maisons restaient debout.

Une femme de 65 ans à Mango est l’une des trois personnes dont le décès a été confirmé, ainsi qu’un homme de 49 ans et la ressortissante britannique Angela Glover.

Des images satellitaires de Maxar Technologies montrent une vaste étendue d’eau à l’endroit même où une grande partie du volcan s’élevait au-dessus de la mer avant l’éruption. Seules deux îles volcaniques relativement petites restent émergées.

L’OMS a dit redouter « une contamination des réserves d’eau et de nourriture » en raison du risque de pollution par les résidus volcaniques.

Le gouvernement a conseillé à la population de rester chez elle, d’utiliser des masques quand elle sort et de boire de l’eau en bouteille.

Les opérations de secours risquent d’être compliquées par les restrictions aux frontières en raison du Covid-19.

© AFP

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