Limiter le réchauffement climatique à 1,5°C est impossible sans mesures radicales immédiates, prévient l’ONU

limite changement climatique à 1,5°C

Un champ desséché dans la région de Saadiya, au nord de Diyala, en Irak le 24 juin 2021 © AFP/Archives AHMAD AL-RUBAYE

Genève (AFP) – Limiter le réchauffement climatique mondial à 1,5°C est impossible sans une réduction immédiate et massive des émissions de gaz à effet de serre, selon un nouveau rapport sur le sujet diffusé jeudi par l’ONU.

Ce rapport annuel, « United in Science 2021 », élaboré par plusieurs agences de l’ONU et des scientifiques associés, est diffusé quelques semaines avant la COP26, un nouveau sommet mondial sur le climat.

Selon le document, le changement climatique et ses conséquences ne cessent de s’aggraver, et la réduction temporaire des émissions de CO2 dans l’atmosphère entraînée par la pandémie de Covid-19 n’a pas ralenti le processus.

L’Accord de Paris de 2015 sur le changement climatique, signé lors de la COP21, appelait à limiter le réchauffement planétaire à moins de 2°C au-dessus du niveau pré-industriel, et dans l’idéal à 1,5°C.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres estime que le rapport est « un diagnostic alarmant montrant à quel point nous avons dévié de la trajectoire » conduisant aux objectifs de l’Accord de Paris.

« Cette année, les émissions d’énergies fossiles ont rebondi, les concentrations de gaz à effet de serre continuent de monter, et des événements météorologiques graves dus à l’activité humaine ont affecté la santé, la vie et les moyens de subsistance sur tous les continents », écrit-il dans l’avant-propos du rapport.

« A moins de réduire immédiatement et à grande échelle les émissions de gaz à effet de serre, limiter le réchauffement à 1,5°C sera impossible, avec des conséquences catastrophiques pour les populations et la planète ».

La COP26, prochain sommet de l’ONU sur le climat, se tiendra à Glasgow (Écosse, Royaume-Uni) du 31 octobre au 12 novembre.

Pas d’effet pandémie

Les émissions de gaz à effet de serre ont atteint un pic en 2019, avant de baisser de 5,6% en 2020 à cause des restrictions et du ralentissement économique liés à la pandémie.

Mais à part le transport aérien et maritime, les émissions mondiales moyennes durant les sept premiers mois de 2021 ont quasiment retrouvé leurs niveaux de 2019.

Et d’après le rapport, les concentrations des principaux gaz participant au réchauffement – le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote – ont continué à grimper en 2020 et sur la première moitié de 2021.

Globalement, la réduction des émissions en 2020 a probablement ralenti l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, mais l’effet a été « trop faible pour être distingué des variations naturelles » de ces concentrations, souligne le rapport.

La température moyenne globale entre 2017 et 2021 – en incluant les données moyennes de cette année jusqu’en juin – est estimée entre +1,06°C et +1,26°C par rapport à la période préindustrielle (1850-1900).

Le monde est à un « moment critique », et le rapport montre que « nous n’avons vraiment plus de temps à perdre », estime M. Guterres.

Objectif zéro émission

Le Canada a enregistré son record absolu de chaleur en juin, avec 49,6°C à Lytton, en Colombie britannique.

La vague de chaleur dans le nord-ouest du Pacifique fut certes un événement très rare, mais il aurait été « virtuellement impossible sans le changement climatique provoquée par les humains », indique le rapport.

Quant aux graves inondations en juillet en Allemagne, le document estime que l’activité humaine « augmente la probabilité et l’intensité de tels événements ».

Le nombre de pays s’engageant vers un objectif zéro émission est encourageant, selon le rapport, car aujourd’hui 63% des émissions mondiales sont concernées par ces objectifs, mais d’ici 2030 des actions de bien plus grande ampleur sont nécessaires pour pouvoir les atteindre.

« J’espère que tous ces problèmes seront abordés, et résolus, à la COP26 », selon M. Guterres, qui appelle tous les pays à s’engager à un objectif zéro émission d’ici 2050. « Notre avenir est en jeu ».

©AFP

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4 commentaires

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    • michel CERF

    Aucune chance d’espérer un changement radical immédiat , chaque jour nous en fait la démonstration .

    • Serge Rochain

    L’engagement de la France, entre autres, consistait à rendre opérationnel pour 2020 un parc offshore de 6GW, mais on constate en 2021 que nous avons installé encore zéro GW ! En revanche les pêcheurs de St Brieuc perturbé le chantier de la construction du premier d’entre eux suivi par une garde d’association prétendant défendre la nature.
    Qui parle de mesures radicales et immédiates ?

    • michel CERF

    réponse : l’ONU , ainsi que la grande majorité des  » vrais » scientifiques …

    • Guy J.J.P. Lafond

    Les recommandations suivantes font nécessairement partie de la solution:
    1.
    Mettre à la disposition des citadins plus de transport en commun dans toutes les grandes villes du monde;
    2.
    Dans tous les grands centres urbains, éliminer les embouteillages en décourageant l’utilisation individuelle des véhicules.
    3.
    Dans les villes, les véhicules devraient servir presqu’uniquement au déplacement des marchandises, des personnes en perte d’autonomie, et aux urgences.

    Qu’est-ce qu’on attend pour prendre le taureau par les cornes?

    @GuyLafond @FamilleLafond
    Un bon papa pour la vie;
    Un bon serviteur de mon pays qui fait du bénévolat de l’ONU en attendant de récupérer son emploi à la fonction publique fédérale du Canada:
    https://twitter.com/UNBiodiversity/status/1395129126814691329
    https://www.cbd.int/action-agenda/contributions/action/?action-id=5eb4392ee9f0fa00018b947d

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