Des politiques de lutte contre la pollution de l’air plus strictes améliorent l’espérance de vie

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Pollution de l'air en Inde en 2020 © NARINDER NANU / AFP

Des chercheurs de l’Université de Chicago confirment que l’amélioration de la qualité de l’air permet de gagner des années de vie. À partir d’un Index de la Qualité de l’Air et de la vie (AQLI pour air quality life index), les scientifiques estiment que la pollution de l’air coûte à chaque être humain en moyenne deux années de vie, mais que des mesures d’amélioration de la qualité de l’air peuvent vite se traduire en résultats.

Ainsi, ils ont trouvé qu’en réduisant de 29 % la pollution de l’air depuis 2013, la Chine a permis à ses habitants de gagner une année et demi de vie. Cette baisse de la pollution représente les 3 quarts de la réduction globale de la pollution de ces dernières années et témoigne des bénéficies de politiques effectives de lutte contre la pollution. De plus, les auteurs de l’étude soulignent que ces mesures ont permis d’obtenir des résultats en quelques années alors  qu’il a fallu aux États-Unis et à l’Europe (où la qualité de l’air figure parmi les meilleurs au monde), confrontées plus tôt à la pollution de l’air, des décennies et plusieurs crises pour parvenir à réduire d’autant leurs niveaux de pollution de l’air.

Avec le ralentissement des activités dû à la pandémie de coronavirus en 2020, la pollution de l’air et les émissions de gaz à effet de serre ont reculé en 2020. « Les événements de l’an dernier rappellent que la pollution de l’air n’est pas un problème que seuls les pays en développement doivent résoudre. La pollution de l’air engendrée par les énergies fossiles est un problème mondial qui nécessite des politiques fortes sur tous les fronts, y compris celui des négociations climatiques des mois à venir. Les dernières données de notre indice AQIL donnent aux décideurs et aux citoyens les arguments pour renforcer les mesures de lutte contre la pollution de l’air afin d’allonger la durée de vie », explique Ken Lee, directeur de l’AQLI, dans Phys.org.

La pollution de l’air, un facteur important de la dégradation de la santé

La pollution de l’air est le premier facteur de réduction de l’espérance de vie (1,9 année) devant le tabac (1,8 année), l’alcool et les stupéfiants (11 mois), la mauvaise qualité de l’eau (6 mois) et les accidents de la route (5 mois).

Cet indice traduit l’impact sanitaire de la pollution de l’air, qui se caractérise par des disparités régionales en fonction des niveaux de pollution. Ainsi, le quart de l’humanité vit dans 4 pays parmi les plus pollués au monde que sont le Népal, le Pakistan, le Bangladesh et l’Inde. Dans ces pays, l’espérance de vie a diminué de 5 ans en raison de la pollution qui a augmenté de 44 % en 20 ans.

Cité par Phys.Org  en 2020 , Michael Greenstone,, créateur de l’AQLI, estime « bien que la menace du coronavirus soit grave et mérite toute notre attention, il faudrait aussi accorder au problème de santé qu’est la pollution de l’air le même sérieux et la même vigueur afin de permettre à des milliards de personnes de vivre plus longtemps en meilleure santé. »

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