Les plus vieux réacteurs nucléaires français prolongés de 40 à 50 ans


Unité 1 de la centrale de Chinon, en 2016, parmi les plus vieilles centrales nucléaires de France © AFP/Archives GUILLAUME SOUVANT

Paris (AFP) – L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a ouvert la voie jeudi à la poursuite de la vie des plus vieux réacteurs en France de 40 à 50 ans, enjoignant EDF de réaliser des travaux pour améliorer leur sûreté.

Le gendarme du nucléaire a publié une décision, qui était attendue, portant sur les 32 réacteurs de 900 MW, les plus anciens du parc français, mis en service pour l’essentiel dans les années 1980.

L’ASN a fixé dans ce texte les conditions pour qu’ils puissent fonctionner au-delà de leur quatrième « réexamen périodique », qui a lieu tous les dix ans, soit jusqu’à la fin des années 2020 ou 2030, selon la date de mise en service.

« L’ASN considère que l’ensemble des dispositions prévues par EDF et celles qu’elle prescrit ouvrent la perspective d’une poursuite de fonctionnement de ces réacteurs pour les dix ans qui suivent leur quatrième réexamen périodique », indique-t-elle.

« L’ASN prescrit la réalisation des améliorations majeures de la sûreté prévues par EDF, ainsi que des dispositions supplémentaires qu’elle considère comme nécessaires », précise-t-elle.

EDF devra ainsi réaliser une série de tests et de travaux pour améliorer la sûreté de ses réacteurs.

« Un premier objectif est de réduire les conséquences des accidents et notamment des accidents graves, avec une fusion du cœur du réacteur », a expliqué à l’AFP Julien Collet, directeur général adjoint de l’ASN.

Des améliorations sont notamment prévues pour que la radioactivité reste confinée à l’intérieur de l’enceinte en cas d’accident.

« Le deuxième grand volet porte sur le renforcement aux agressions qui peuvent survenir sur ces installations », a-t-il poursuivi. Sont visées les agressions externes (séisme, inondation, chaleur extrême…) et internes (incendie…).

Enfin, un dernier volet porte sur « le renforcement au niveau de la piscine d’entreposage des combustibles usés », a indiqué Julien Collet.

Ce passage marque une étape significative pour les réacteurs français. Ils avaient été autorisés à l’origine sans limitation de durée de fonctionnement mais EDF avait initialement envisagé une durée de vie de 40 ans.

Les centrales concernées sont les plus anciennes: Bugey (Ain), Blayais (Gironde), Chinon (Indre-et-Loire), Cruas (Ardèche), Dampierre (Loiret), Gravelines (Nord), Saint-Laurent (Loir-et-Cher) et Tricastin (Drôme).

La décision annoncée jeudi concerne l’ensemble des réacteurs de 900 MW, qui feront aussi l’objet de préconisations individuelles. La mise en oeuvre des améliorations prévues va maintenant s’étaler sur des années.

Les opposants au nucléaire réclament pour leur part une fermeture des centrales anciennes. « Les réacteurs nucléaires entrent dans une phase de vieillissement inconnue », estime ainsi Greenpeace.

© AFP

2 commentaires

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    • Patrice DESCLAUD

    L’ASN hisse son parapluie : on a déjà eu le « grand carénage » qui n’a pas été tenu; là encore des conditions de prolongation face à un opérateur qui perd ses compétences et n’a plus les moyens financiers. Aujourd’hui c’est l’arrêt de ces vieilles centrales qui doit être exigé ! Ce n’est pas quand l’accident arrivera qu’il faudra dire qu’on l’avait bien dit !

    • Jean Grossmann

    Avec une durée de vie de 40 ans sans incident majeur pour ses centrales nucléaires il faut reconnaitre que l’EDF a fait du beau travail en France mais je rejoins tout à fait le jugement de Patrice: le temps qui passe joue contre l’électricité nucléaire et contre nous. voir
    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/Le%20temps%20qui%20passe.pdf

    Il y a cela de nombreuses raisons qui concernent la préservation de nos écosystèmes et notre climat.

    Il y a aussi à cela une raison financière qui concerne un prix de revient de l’électricité renouvelable venant des éoliennes et du solaire voltaique qui évolue régulièrement à la baisse. Ceci ayant pour conséquence le fait que l’on a imposé à l’EDF de vendre le kWh électrique qu’elle produit avec le nucléaire à perte et au même niveau de prix que l’électricité renouvelable. C’est-à-dire environ à 4 cts d’€ le kilowatt-heure. Mais ceci non pas à vous et moi utilisateur final mais au travers d’un réseau de distribution privatif totalement fictif. Un système de distribution qui fait que lorsque l’électricité arrive dans notre logement elle est facturée à chacun d’entre nous environ 3 fois plus cher. Ceci à l’exception peut-être de quelques regroupement de syndics ou de municipalité qui ont eu l’intelligence de se regrouper dans l’intérêt des copropriétés ou des municipalités situées sous leur contrôle. Les contribuables comme vous et moi commencent heureusement à prendre conscience que ce sont eux contribuables qui vont pour finir payer la différence en remboursant à l’état qui est majoritaire chez EDF la différence. une différence qui va grossir rat maintenant rapidement en raison des frais d’entretien

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