Gaz à effet de serre: Macron se félicite de la baisse de 1,7% des émissions en 2019


Vue aérienne sur Paris et son halo de pollution, le 15 septembre 2020 © AFP/Archives Thomas COEX

Paris (AFP) – Emmanuel Macron s’est félicité dimanche d’une baisse en France des émissions de gaz à effet de serre de 1,7% en 2019, « au-delà de notre objectif », et promis d' »encore accélérer » avec la loi climat présentée mercredi en Conseil des ministres.

« C’est le résultat d’une écologie du concret et du progrès. C’est le fruit de nos efforts à tous. Avec la loi climat, préparée avec vous, nous allons encore accélérer », a tweeté le chef de l’Etat, alors que l’Etat vient d’être jugé mercredi « responsable » de manquements dans la lutte contre le réchauffement climatique.

La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a également affirmé dimanche dans le JDD qu’en 2019 « la France a tenu ses engagements climatiques » avec cette baisse de 1,7% en 2019, davantage que les 1% estimés jusqu’ici.

Une affirmation cependant contestée par le député ex-LREM Matthieu Orphelin, qui a dit sa « grande colère » devant les « mensonges » et l' »exercice de pure communication » de Mme Pompili.

« Le gouvernement baisse l’objectif 2019 (de -2,3% à -1,5% dans la révision SNBC) puis se félicite d’être à -1,7% », a-t-il affirmé sur Twitter, tandis que l’eurodéputée Manon Aubry accusait la ministre de « mentir sur les objectifs climat ».

L’exécutif veut défendre son bilan écologique contesté, avant la présentation mercredi de la loi climat, qui doit reprendre les propositions de la Convention citoyenne sur le climat, comme promis par le chef de l’Etat.

Le tribunal administratif de Paris vient de condamner l’Etat pour « carence » dans le non-respect des engagements de sa première Stratégie nationale bas carbone (SNBC) pour 2015-2018.

Une décision « historique » pour les ONG qui attaquaient la France, soutenues par une pétition de plus de 2,3 millions de citoyens.

La SNBC constitue la feuille de route de la France pour lutter contre le changement climatique, en fixant des plafonds d’émissions. La première a été adoptée en 2015, la deuxième en 2020.

Le ministère a précisé dimanche que « selon une estimation actualisée du Centre technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa, chargé de ce calcul), les émissions de gaz à effet de serre de la France pour l’année 2019 sont de 437 Mt/CO2 (million de tonnes équivalent CO2), soit une baisse de 1,7% par rapport à 2018 ».

« Cela veut dire que les mesures que nous avons prises -–le remplacement des chaudières au fioul, par exemple-– fonctionnent. Il nous reste beaucoup de chemin à faire, mais nous sommes sur les rails pour respecter nos engagements. Nos efforts paient », s’est félicitée la ministre.

Dans une première estimation publiée en juin, le Citepa avait évalué la baisse des émissions pour 2019 à 1% (441 Mt/CO2), moins que l’objectif annuel fixé par la nouvelle SNBC pour 2019 (443 Mt).

Les principales baisses viendraient d’une moindre utilisation du fioul de chauffage et des gaz fluorés dans l’industrie.

Pour la période 2019-23, la SNBC adoptée en 2020 fixe un objectif de réduction des émissions de 422 Mt/CO2 par an en moyenne. Objectif qui avait été relevé par rapport à la première SNBC.

En 2018, les émissions avaient baissé de 4% et la tendance devrait se poursuivre en 2020, en raison de la baisse d’activité liée au Covid-19.

© AFP

2 commentaires

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    • michel CERF

    Des choses sont faites , d’autres restent à faire , rien n’est simple et les polémiques nous font pas avancer .

    • Jean Grossmann

    vous avez raison Michel il faut éviter les divisions mais à l’heure de la baisse d’activité imposée par le covid-19, il est effectivement navrant de prétendre que cette baisse de 1,5% de nos émissions de gaz à effet de serre lors de l’année 2019 est le résultat d’une écologie associée au concret et au progrès.
    Avec cette période de froid qui arrive si l’on avait pris en son temps la décision de satisfaire nos besoins en énergie en consommant moins au lieu de produire plus comme je le propose avec la « Solar Water Economy » on en serait pas là’

    Au moment où il vit douillettement confiné dans son logement il serait temps que le parisien fasse l’effort de satisfaire son confort de vie sans nuire à son environnement?

    Si on veut atteindre la neutralité carbone en 2050, il va falloir comme l’affirme notre Président adopter des objectifs plus ambitieux à l’occasion du cinquième anniversaire de l’accord de Paris sur le climat. Une échéance fait exceptionnel
    qui coïncide sensiblement en ce qui concerne le calendrier avec le bienvenu rapprochement des USA avec l’Europe à propos de l’énergie. La crédibilité se gagnant surtout par l’exemple, l’Europe va devoir faire le bon choix en ce qui concerne la nature des chaînes énergétiques qui vont lui permettre de satisfaire ses besoins en énergie. En ce qui concerne le dérèglement climatique, il va falloir qu’elle se remettre en cause et comme le disait un de mes frères ne pas revenir à la normalité vu que celle-ci était précisément le problème. Voir.
    http://www.infoenergie.eu

Le bilan des émissions de CO2 dans le monde reste très éloigné des objectifs de l’Accord de Paris

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