Climat : la quasi totalité du réchauffement due à l’Homme

usine fumée

La quasi totalité du réchauffement climatique constaté depuis le début de l'ère industrielle a été provoquée par les activités humaines, selon une étude. © AFP/Archives INA FASSBENDER

Paris (AFP) – La quasi totalité du réchauffement climatique constaté depuis le début de l’ère industrielle a été provoquée par les activités humaines, selon une étude qui estime que les processus naturels sont « négligeables » en la matière.

La planète a gagné plus de 1°C depuis le milieu du XIXe siècle, provoquant déjà une multiplication d’événements météo extrêmes à travers le monde, des canicules aux inondations en passant par les ouragans.

Une équipe internationale de scientifiques a voulu déterminer quelle part de ce réchauffement est provoquée directement par les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines, et quelle part est liée aux « forçages naturels ».

Ces derniers sont des facteurs naturels, comme de grosses éruptions volcaniques ou les fluctuations du rayonnement solaire, qui sont souvent pris en exemple par ceux qui nient la responsabilité de l’Homme dans le réchauffement.

Les auteurs de l’étude publiée lundi dans la revue Nature Climate Change ont passé en revue 13 modèles climatiques différents pour simuler les changements de températures selon trois scénarios : dans le premier les aérosols sont les seuls contributeurs au réchauffement, dans le deuxième seuls sont considérés les forçages naturels, et dans le troisième les émissions de gaz à effet de serre sont prises en compte.

Ils concluent que l’activité humaine a contribué au réchauffement à hauteur de 0,9 à 1,3°C, une estimation en adéquation avec le réchauffement actuel.

« Nos résultats montrent clairement que le réchauffement climatique est provoqué principalement par les humains », a commenté Nathan Gillet, du Centre canadien pour la modélisation climatique, l’environnement et le changement climatique.

L’accord de Paris de 2015 vise à maintenir le réchauffement de la planète nettement au dessous de +2°C, si possible +1,5°C.

Mais pour espérer respecter l’objectif de +1,5°C, il faudrait réduire les émissions de 7,6% par an entre 2020 et 2030, selon l’ONU. Un chiffre similaire à la baisse effectivement mesurée en 2020, mais en raison de la pandémie de Covid-19.

Vu l’amplitude de l’estimation des auteurs de l’étude publiée lundi, le réchauffement provoqué par l’Homme « pourrait déjà être proche de la limite de 1,5°C ».

« Si le réchauffement provoqué par l’Homme se situe dans le bas de la fourchette, l’objectif de 1,5°C est toujours réalisable avec des réductions ambitieuses et rapides des émissions », a indiqué Nathan Gillet à l’AFP.

Mais si on se trouve dans le haut de l’estimation, « l’objectif de 1,5°C pourrait être pratiquement impossible », a-t-il ajouté, appelant malgré tout à réduire les émissions pour au moins rester sous le plafond des +2°C.

©AFP

5 commentaires

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    • michel CERF

    l’ère industrielle est la pire des choses pour notre Planète , c’est évident , sauf pour ceux qui ne comprennent rien aux lois de la nature .

    • Jean Grossmann

    Ils sont malheureusement nombreux Michel

    J’avais déjà pressenti la prix de 1000 ans de l’action humaine sans être absolument sûr. voir
    https://www.dropbox.com/s/gzta2y6902biu10/5urgence-changement.pdf?dl=0

    On dit qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire,,,,,
    J’ai proposé pour cela la SWE un rapport de près de 400 pages

    • Jean Grossmann

    EXCUSE LIRE

    J’avais déjà pressenti la prédominance de l’action humaine

    • DENISE laurent

    L’atmosphère a deux effets indissociables et complémentaires : l’effet de serre et surtout l’effet parasol : l’effet parasol nous protège la journée (sinon la température atteindrait 150°c) et l’effet de serre nous protège la nuit (sinon la température serait à -168°c). Tenter de réduire l’effet de serre reviendrait à réduire l’effet parasol et entrainerait un réchauffement. Les zones tempérées de la planète sont couvertes d’eau ou de végétation l’été ; dans ces zones le taux d’évaporation, et donc de vapeur d’eau, est proportionnel à la chaleur. Quand le taux de vapeur d’eau augmente la puissance du rayonnement solaire qui arrive jusqu’au sol diminue. L’été quand le taux de vapeur d’eau descend à 20% sur les continents l’énergie qui arrive jusqu’au sol augmente de 50% et les sols « brulent ».

    L’évaporation de l’eau (ou évapotranspiration pour la végétation) évacue 60% de l’énergie solaire qui arrive jusqu’au sol : c’est la chaleur latente (entropie). Donc les sols secs et sans végétation stockent la chaleur au lieu de l’évacuer, c’est pour cela que les canicules touchent essentiellement les villes et les zone sèches.

    Contrairement aux idées reçues les pluies continentales ne viennent pas exclusivement de la mer mais à 70% de l’évaporation (évapotranspiration) des sols, Autrement dit avec 0% d’évaporation on provoque 0% de chance d’avoir des pluies et on stocke la chaleur au lieu de l’évacuer comme dans les déserts ou il ne pleut pas.

    Sur les continents, la régulation thermique de l’atmosphère est automatique tant que les surfaces exposées au soleil sont couvertes d’eau ou de végétation, autrement dit : c’est la sécheresse des sols qui provoquent le dérèglement climatique et non pas le dérèglement climatique qui provoque les sécheresses, le climat se dérègle quand les continents ne transpirent plus !

    Les sécheresses sont uniquement dues à une mauvaise gestion des eaux de surfaces, Inondation c’est quand l’eau repart trop vite vers la mer, sécheresse c’est quand elle est repartie trop vite …
    https://www.mediaterre.org/actu,20210106085019,1.html

    • michel CERF

    La photo de Lyon vaut mieux qu’un long discours …

Le bilan des émissions de CO2 dans le monde reste très éloigné des objectifs de l’Accord de Paris

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