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Plan de relance, climat, Turquie : un sommet de l’UE chargé…sans oublier le Brexit

Boris Johnson Ursula von der Leyen UE

Le Premier ministre britannique Boris Johnson accueilli par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, à Bruxelles le 9 décembre 2020. © POOL/AFP Aaron Chown

Bruxelles (AFP) – A trois jours d’un couperet pour les négociations, le Brexit va s’inviter au sommet des dirigeants européens jeudi et vendredi, à l’agenda déjà lourdement chargé, entre déblocage du plan de relance, objectif climatique et possibles sanctions contre la Turquie.

Le sort des discussions sur la relation post-Brexit sera scellé dimanche : c’est ce qu’ont décidé le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen mercredi lors d’un dîner à Bruxelles, constatant à nouveau leurs profondes divergences.

La cheffe de l’exécutif européen viendra rendre compte des discussions aux chefs d’Etat et de gouvernement, mais aucune décision n’est attendue sur ce point au sommet. Pendant ce temps, négociateurs britanniques et européens seront de nouveau à pied d’oeuvre pour tenter de débloquer des pourparlers dans l’impasse, à trois semaines de la rupture définitive.

Sur un autre sujet de blocage majeur, celui du plan de relance post-Covid (750 milliards d’euros) et du budget de l’UE 2021-2027 (1.074 milliards), paralysés par un veto hongrois et polonais, l’horizon semble en revanche se dégager.

Les Vingt-Sept devront se prononcer sur un compromis trouvé mercredi par la présidence allemande de l’UE avec Budapest et Varsovie, opposés à un mécanisme conditionnant le versement des fonds européens au respect de l’Etat de droit.

Le mécanisme, inchangé, a été assorti d’une déclaration « explicative » destinée à répondre aux inquiétudes des deux pays. Le texte, consulté par l’AFP, précise notamment la possibilité de saisir la Cour de justice européenne sur la légalité du mécanisme avant son application, quitte à retarder celle-ci de plusieurs mois.

« Bonne direction » 

« Victoire! Nous avons réussi à dissocier injonctions idéologiques et aide financière », a clamé mercredi sur Twitter la ministre hongroise de la justice, Judit Varga.

« Cela va dans la bonne direction. Les chances sont réelles d’en finir avec cette situation difficile », se réjouissait un diplomate. La levée des vetos hongrois et polonais débloquerait la procédure d’adoption du plan de relance et du budget 2021-2027.

Autre dossier sensible, celui des sanctions contre la Turquie, dont la menace a été brandie en octobre en raison de ses travaux d’exploration gazière dans des zones maritimes disputées avec la Grèce et Chypre.

Si tous les Etats membres déplorent l’attitude d’Ankara, « les intérêts divergent et les discussions s’annoncent ardues », prédit un responsable européen. « Il y aura des décisions, mais leur ampleur n’a pas encore été acceptée », confirme un ministre européen.

Plusieurs Etats, dont l’Allemagne, l’Italie et la Pologne, refusent d’aller jusqu’aux sanctions économiques ou un embargo contre un pays membre de l’Otan.

Mais « le comportement de la Turquie a renforcé l’unité de l’UE (…) le message sera ferme », veut croire un diplomate. La volonté de maintenir le dialogue « ne signifie pas fermer les yeux sur les provocations », abonde un autre.

Les dirigeants devraient s’accorder plus facilement sur la nécessité de se coordonner face au Covid-19 pour éviter une troisième vague de contaminations et organiser de concert les futures campagnes de vaccinations.

« Équité » de l’effort climatique 

Les débats devraient s’échauffer sur le climat : les Vingt-Sept doivent se prononcer jeudi sur leur nouvel objectif d’émissions de gaz à effet de serre pour 2030.

La proposition de la Commission d’une réduction d' »au moins 55% » par rapport au niveau de 1990, contre un objectif de 40% actuellement, n’est pas contestée, mais les modalités le sont.

« La répartition des efforts ne peut pas être simplement basée sur le PIB, ni mécaniquement liée à la croissance économique », prévient un diplomate. Encore très dépendante du charbon, la Pologne récuse tout objectif national, redoutant de lourdes conséquences économiques.

Pour éviter un veto de Varsovie, les Vingt-Sept pourraient s’en tenir à un objectif « collectif », fruit d’un « effort qui prendra en compte l’équité et la solidarité, en ne laissant personne derrière », selon une version provisoire des conclusions du sommet obtenue par l’AFP.

Enfin, la lutte contre le terrorisme sera à l’agenda des discussions vendredi, après les récents attentats jihadistes en France et en Autriche.

Les dirigeants devraient appeler à l’adoption rapide d’un règlement contraignant les plateformes à retirer dans l’heure des contenus à caractère terroriste, toujours en discussion entre eurodéputés et Etats. Le président français Emmanuel Macron devrait faire des propositions pour un contrôle renforcé de la sécurité aux frontières extérieures de l’espace Schengen de libre circulation.

©AFP

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