La seconde vie toxique des voitures d’occasion exportées dans les pays en développement

Algérie embouteillages

Embouteillages en Algérie. ©Yann Arthus-Bertrand

Des millions de véhicules d’occasion polluants et en mauvais état sont exportés d’Europe, des Etats-Unis, et du Japon vers les pays en développement chaque année, révèle un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) publié ce lundi 26 octobre.

Entre 2015 et 2018, 14 millions de véhicules d’occasion légers ont été exportés dans le monde. 80 % d’entre eux étaient destinés aux pays pauvres.

Un désastre environnemental

Ces véhicules sont souvent âgés, la plupart d’entre eux ont entre 16 et 20 ans d’après une étude du Netherlands Human Environment and Transport Inspectorate, et sont donc très polluants. Ils ne rentrent pas dans les critères des normes d’émission EURO4 de l’Union Européenne. « Cela signifie que ces véhicules rejettent 90 % plus d’émissions car ils ne répondent pas à ce standard minimum », affirme Rob de Jong, l’un des auteurs du rapport, à la BBC.

Le marché du véhicule d’occasion contribue ainsi au dérèglement du climat en laissant en circulation des voitures parmi les plus polluantes dans des pays avec une réglementation en matière de pollution de l’air et de rejets de gaz à effet de serre moins contraignante que dans les pays industrialisés. À lui seul, le secteur des transports représente un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre liées à l’énergie.

Une augmentation de la mortalité routière

Ces véhicules posent également problème en matière de sécurité. Pour la plupart non-autorisés à circuler en Europe, ils peuvent pourtant être exportés en raison d’une régulation quasiment inexistante. Deux tiers des pays importateurs disposent de politiques faibles, voire très faibles, en la matière. Conséquence : l’arrivée de ces véhicules accroît le nombre d’accidents de la route.

Parfois, ils arrivent même avec des pièces manquantes, car celles-ci ont encore de la valeur sur le marché des pays développés. « Ils retirent illégalement les airbags, car ils ont de la valeur en Europe. Ils retirent illégalement le système ABS car il a de la valeur et peut être vendu sur le marché noir », déplore Rob de Jong.

Face à ce vide juridique, le PNUE en appelle à une meilleure régulation au sein des pays importateurs comme au sein des pays exportateurs. Certains pays ont déjà commencé à s’attaquer au problème, à l’image de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui a fixé des normes pour des carburants et des véhicules plus propres à partir de janvier 2021.

Un commentaire

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    • Tissier

    Je roule en R5 à vitesse réduite. Quid de l’empreinte écologique du renouvellement d’un parc automobile aussi régulier et inadapté (notamment l’aberation du véhicule nucléaire…) . Sans parler de l’accession et du cout d’entretien pour les plus pauvres… Reflexion pour FM : France Mondiale et WJEC : Worldwide Just and Ecological Coarchy

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