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New Delhi s’étouffe sous un épais brouillard de pollution

pollution air New Dehli

Le stade Jawaharlal Nehru dans la pollution à New Delhi, le 23 octobre 2020. © AFP XAVIER GALIANA

New Delhi (AFP) – La capitale indienne était couverte vendredi d’un épais brouillard toxique et le niveau de pollution était mesuré  comme « sévère » par les autorités, quelques heures après des déclarations de Donald Trump trouvant l’air « dégoûtant » en Inde.

Chaque année au début de la saison hivernale, l’air se transforme à New Delhi en un mélange toxique de fumées venues des brûlages agricoles alentour, de gaz d’échappement et d’émissions industrielles, piégé au dessus de la ville par les températures plus fraîches et des vents faibles.

Vendredi, l’ambassade américaine à New Delhi enregistrait une concentration journalière de particules fines PM2,5 de 269 microgrammes par mètre cube d’air.

L’Organisation mondiale pour la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser une concentration de PM2,5 de 25 en moyenne journalière. Par comparaison, vendredi en fin de matinée dans le centre de Paris, le taux était de 40. Elle peut atteindre les 150 dans la région de Los Angeles.

D’un diamètre égal au trentième de celui d’un cheveu humain, ces particules peuvent s’infiltrer dans le sang à travers les poumons. Une exposition à long terme aux PM2,5 accentue les risques de maladies cardiovasculaires et de cancer des poumons.

L’indice de qualité de l’air des 36 sites officiels de surveillance de Delhi, mesurant les PM2,5 et PM10 (d’un diamètre inférieur à 10 microns) s’établissait entre 282 et 446, à un niveau « sévère », selon le Conseil central de contrôle de la pollution (CPCB). Le niveau « bon » est de 0 à 50.

« Une nouvelle détérioration (de la qualité de l’air) est attendue pour deux jours », a estimé l’organisme gouvernemental SAFAR évoquant « une hausse significatif des brûlages agricoles » dans les États voisins de l’Haryana et du Pendjab qui contribue à 17% aux niveaux de PM2,5 à Delhi.

Ces brûlages ont débuté plus tôt cette année car les paysans, craignant des pénuries de main d’œuvre à cause de la pandémie, avaient avancé l’ensemencement et les récoltes, selon les autorités.

Jeudi soir, lors de son débat avec Joe Biden, son adversaire démocrate pour l’élection présidentielle du 3 novembre, le président américain Donald Trump a déclaré : « Regardez à quel point c’est dégoûtant en Chine. Regardez la Russie, regardez l’Inde. C’est dégoûtant. L’air est dégoûtant ».

M. Trump avait retiré son pays de l’accord de Paris sur le climat en l’estimant traité injustement par rapport à d’autres pays pollueurs.

Des scientifiques mettent en garde contre les risques particuliers de la pollution cette année, avec la pandémie, pour les 20 millions d’habitants de New Delhi.

Elle « augmente le risque de maladies non transmissibles, celles-là même qui rendent les gens plus susceptibles d’être gravement atteints ou de mourir du Covid-19 », explique à l’AFP l’épidémiologiste Sumi Mehta de l’organisation internationale Vital Strategies.

Et le système de santé pourrait subir des tensions accrues. « Il existe de sérieuses inquiétudes de voir la vulnérabilité au Covid-19 augmenter encore pendant l’hiver, avec des niveaux de pollution de l’air plus élevés qui aggravent de toutes façons les maladies respiratoires et font monter les hospitalisations », dit à l’AFP Anumita Roy Chowdhury du Centre for Science and Environment de Delhi.

©AFP

La pollution de l’air a tué près de 500.000 nouveaux-nés en 2019

3 commentaires

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    • Jean Grossmann

    il est en effet probable que les poumons des indiens vivant dans leut plus grosse agglomération des Indes de New Delhi vont souffrir un peu plus pendant la période qui vient. On comprend en effet que les particules fines PM2,5 générées par la combustion du charbon (très utilisé aux Indes), du pétrole ou des brûlots agricoles ayant une taille voisine de 2 à 3 microns ainsi que le coronavirus avec sa paille encore plus petite ( 400 nanomètres sensiblement 5 fois plus faible) puissent en raison de leur petite taille et de leur masse négligeable être véhiculées par l’air.

    Lorsque l’on sait que pendant la période post-mousson automnale allant d’octobre à décembre que les Indiens vivent actuellement la température de l’air baisse par rapport à la période estivale on ne peut que s’inquiéter de leur sort.

    Il est important de savoir que le virus qui ne résiste pas à la chaleur et meurt si la températures de l’air excède 26 27° retrouve des forces lorsque la température diminue.

    • Guy J.J.P. Lafond (t: @GuyLafond)

    En sachant mieux ce qui cause toute cette pollution, les résidents de New Delhi peuvent se ressaisir et adopter rapidement des mesures et des comportements pour ramener en leur lieu une meilleure qualité de l’air. Ayant vécu un an dans la ville de New Delhi, je comprends ce défi mondial de la pollution et du réchauffement accéléré de l’atmosphère, et je le combats jour après jour. Nous sommes de tout coeur avec ce pays d’Asie qu’est l’Inde.

    • Méryl Pinque

    Les Indiens doivent se révolter collectivement !
    Sinon rien n’évoluera jamais.
    Les peuples doivent prendre en main les conditions de leur survie.

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