A Breil-sur-Roya, recouverte de boue, les habitants appellent à l’aide

crues alpes maritimes

A Breil-sur-Roya le 4 octobre 2020. © AFP NICOLAS TUCAT

Breil-sur-Roya (France) (AFP) – La boue est entrée dans les maisons et les commerces, a recouvert la place centrale et enterré des voitures à Breil-sur-Roya, à la frontière italienne, et sa population « manque de tout » selon son maire dimanche.

Deux jours après les pluies diluviennes qui se sont abattues en quelques heures dans l’arrière-pays niçois, la place de ce village de montagne est dévastée : des voitures enterrées parfois jusqu’au toit sous la boue, immeubles aux entrées bloquées par des gravats, des troncs d’arbres enchevêtrés dans la rivière…

« Le village est méconnaissable », décrit une habitante, Lydie Valsecchi, 44 ans. « Vendredi c’était affreux, c’était comme une tornade, on ne voyait plus le toit des maisons ». Son appartement a été inondé après que le toit de son immeuble est « parti en sucette ».

Samedi soir, quand la route du col de Bruis a enfin rouvert, offrant une porte de sortie aux habitants de Breil, la quadragénaire a décidé de rester au village « pour (ses) parents ».

« Mes enfants ont été évacués en urgence avec le papa qui est rentré à Nice (…) c’était affreux de préparer les valises en tremblant pour les enfants ».

Le maire de ce village de 2.000 habitants, Sébastien Olharan, a profité de la réouverture de cette route tortueuse samedi pour se rendre à Sospel, à 20 km de Breil, « pour téléphoner et alerter sur la situation de la vallée de la Roya qui est dramatique ».

« On a une population qui manque de tout : d’eau, d’électricité, d’alimentation », a-t-il expliqué à l’AFP.

« On n’aurait jamais imaginé qu’une crue puisse arriver sur le village », a raconté l’élu, qui ajoute que quatre ponts ont été emportés par le cours d’eau. Ni l’eau courante, ni l’électricité n’étaient revenues dans le village deux jours après les intempéries.

« Une seule bouteille par personne »

Samedi, des secouristes et la SNCF ont acheminé des milliers de bouteilles d’eau. « Mais on en manque encore, et quand on dit aux gens qu’on peut leur donner qu’une seule bouteille par personne, ils ne comprennent pas », déplore M. Olharan, qui demande « un pont aérien ».

Le maire déplore surtout que les forces de sécurité civile, très nombreuses à Breil, « n’arrivent pas à accéder aux autres villages de la vallée », ni même à certains quartiers de Breil sans accès routier.

A ses côtés, une conseillère municipale de Tende, Elise Ferrari, essaie en vain de rentrer chez elle depuis vendredi, alors que son village, collé à la frontière italienne, est totalement coupé du monde. Même le téléphone satellitaire fourni au maire de Tende ne fonctionne que par moments, a constaté l’AFP.

« Les familles en bas sont extrêmement stressées de ne pas avoir de nouvelles de leurs proches », a raconté Mme Ferrari, « on a vraiment besoin de rentrer, d’être auprès des nôtres ».

La route étant « tombée », elle envisageait dimanche midi de parcourir à pied, en suivant la voie ferrée, les 20 kilomètres qui la séparent de Tende.

Elle se disait toutefois rassurée par les nouvelles distillées par les secouristes revenus de Tende. « Il y a une sorte de résilience naturelle je crois quand on habite dans la montagne, c’est un peuple assez solidaire », a-t-elle assuré.

Dimanche, les élus étaient toutefois inquiets d’un « bilan humain qu’on n’est pas en mesure de chiffrer », selon M. Olharan, qui dénombrait sur sa commune « plus d’une dizaine de personnes » dont il n’avait pas de nouvelles.

©AFP

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