Incendies : Trump en Californie, attaqué sur le changement climatique

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Un pompier combat l'incendie Bobcat Fire près de Monrovia (Californie), le 11 septembre 2020.

Portland (Etats-Unis) (AFP) – Donald Trump se rend lundi en Californie, l’un des États de la côte ouest américaine ravagée par des incendies records et provoqués selon lui par la mauvaise gestion des responsables démocrates, qui l’accusent en retour de nier le rôle du changement climatique dans cette catastrophe humaine et environnementale.

Les incendies ont déjà fait au moins 35 morts depuis le début de l’été, dont 27 rien que cette semaine dans les trois États de Washington, de l’Oregon et de Californie, et des dizaines de personnes étaient toujours portées disparues dimanche.

Les fumées âcres dégagées par les flammes affectent des zones immenses. Les villes de Portland, Seattle et San Francisco figuraient parmi les plus polluées du monde dimanche, selon le classement de la société IQAir.

Le président, qui rencontrera des responsables des services d’urgence, a blâmé la gestion des forêts dans ces États contrôlés par ses adversaires démocrates.

« La question, c’est la gestion forestière », a-t-il lancé lors d’un meeting de campagne dans le Nevada samedi soir, sans jamais mentionner le changement climatique. « Rappelez-vous de ces mots, gestion forestière ».

Mais pour les autorités locales et de nombreux experts, l’ampleur de ces feux est liée au changement climatique, qui aggrave une sécheresse chronique et provoque des conditions météorologiques extrêmes.

« Ce gouvernement se met la tête dans le sable » sur la question environnementale, a accusé dimanche matin sur CNN le maire de Los Angeles, Eric Garcetti. « Il ne s’agit pas de gestion forestière ou de ratissage. Tous ceux qui vivent en Californie se sentent insultés par cette affirmation. »

« C’est rageant (…) d’avoir un président qui nie qu’il ne s’agit pas seulement de feux de forêt, mais de feux climatiques », a abondé sur ABC Jay Inslee, le gouverneur de l’État de Washington, où un mort a été déploré. La situation y était encore « apocalyptique » dimanche, a-t-il expliqué, alors que les incendies font toujours rage et que des milliers de personnes y ont perdu leur maison.

Samedi, Joe Biden, l’adversaire démocrate de Donald Trump pour la présidentielle de novembre, était lui aussi monté au créneau. « Le président Trump peut chercher à nier la réalité, mais les faits sont indéniables », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Avec des lignes de bataille qui se dessinent en fonction des élections de novembre, Joe Biden devrait également s’exprimer lundi au sujet de ces incendies et de leurs causes.

Et sa colistière, Kamala Harris, se rendra aussi en Californie pour évaluer les dégâts et rencontrer mardi les dirigeants des services d’incendie. Sénatrice de cet État, elle avait écrit sur Twitter que M. Trump « niait l’évidence » selon laquelle les flammes étaient « alimentées et intensifiées par la crise climatique ».

« Sous le choc »

Dix morts ont été recensés dans  l’Oregon, mais les autorités se préparaient au pire une fois que les secours auront pu retourner dans des zones encore inaccessibles.

A Mehama, à l’est de la capitale de l’État, Salem, des barrages de police limitaient les accès aux villes de Mill City et Lyons, évacuées face à l’avancée du Beachie Creek fire. De longues files de voitures patientaient dans l’épais brouillard et l’odeur âcre de bois brûlé. Beaucoup de ceux qui tentaient de retourner chez eux étaient des agriculteurs voulant nourrir leurs bêtes.

« Nous sommes retournés à Mill City ce matin, mais la police nous avait conseillé de ne pas le faire car c’est dangereux », explique à l’AFP Elaina Early, une habitante de cette petite ville traversée par les flammes. « La maison est debout, mais nous repartons maintenant car les conditions ne sont vraiment pas bonnes. »

Plus de 400.000 hectares sont partis en cendres dans l’Oregon, soit le double de ce qui y brûle normalement chaque année, a souligné la gouverneure, Kate Brown sur CBS dimanche. Environ 500.000 habitants sont soumis à un niveau plus ou moins élevé d’ordre d’évacuation, et 40.000 personnes ont effectivement quitté leur logement.

« Cela doit nous faire prendre conscience, à tous, que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour lutter contre le changement climatique », a-t-elle déclaré.

Retour du vent

En Californie, le bilan de la semaine est passé à 14 victimes, dont 12 dans le seul comté de Butte, encore traumatisé par le souvenir des incendies de novembre 2018 qui avaient réduit en cendres la ville de Paradise.

Huit personnes avaient déjà trouvé la mort dans les incendies en août.

Plus de 30.000 soldats du feu combattaient pas moins de 29 graves incendies dimanche qui ont déjà calciné 1,2 million d’hectares cette année, un record.

Si l’on ajoute la végétation brûlée dans l’Oregon et l’État de Washington, les incendies de forêt ont consumé plus de deux millions d’hectares, alors que la saison des feux ne s’achève en théorie qu’en novembre.

Après quelques jours de répit, les autorités craignent le retour du vent dans la région.

A Los Angeles, le maire a annoncé la mise en place, dans les lieux publics de la ville, de centres visant à « soulager de la mauvaise qualité de l’air ».

@AFP

Plus de 8.000 km2 incendiés en Californie, un record depuis 1987

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