Ségolène Royal dans le viseur de la justice

Ségolène Royal

L'ancienne ministre de l'Environnement Ségolène Royal le 11 décembre 2017 au ministère de l'Economie à Paris © AFP/Archives ERIC PIERMONT

Ségolène Royal, qui devrait être démise prochainement de son poste d’ambassadrice des Pôles après ses critiques de l’exécutif, est aussi dans le viseur de la justice avec une enquête préliminaire ouverte sur l’usage fait des moyens mis à sa disposition.

Le parquet national financier a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête préliminaire concernant l’utilisation des moyens mis à sa disposition en tant qu’ambassadrice des pôles (une enveloppe de 100.000 euros et trois collaborateurs), depuis sa nomination à ce poste par Emmanuel Macron en 2017.

« Rien de nouveau », a lâché sur Twitter l’ex-dirigeante socialiste, ajoutant: « Retrouvez toutes les explications cet après-midi sur Facebook ».

Fin 2019, une enquête de franceinfo l’avait mise en cause, en affirmant qu’elle utilisait ces moyens à des fins personnelles, notamment la promotion d’un de ses livres.

« Insinuations calomnieuses et diffamatoires », s’était défendue Mme Royal qui occupe cette fonction bénévole depuis 2017. « Comment voulez-vous que je puisse tricher alors même qu’un contrôleur financier surveille l’usage que l’on fait de l’argent public », avait-elle plaidé auprès de l’AFP. « Ça n’a aucun sens », insistait-elle, « sauf à vouloir me décrédibiliser en raison de mes prises de position politiques ».

Depuis plusieurs semaines, l’ex-candidate PS à la présidentielle ne mâche pas ses mots contre la politique du gouvernement, notamment la réforme des retraites, fustigeant à ce sujet « l’ego machiste de l’exécutif ». Selon elle, il y a un « sentiment d’abandon absolument réel » chez les Français, qui « ne comprennent plus la cohérence des réformes tous azimuts ».

Son ministère de tutelle a fini par lui envoyer une lettre le 7 janvier (qu’elle-même a publié sur Facebook mardi), la rappelant à son « devoir de réserve » et la sommant de mettre un terme à ses critiques, faute de quoi elle perdrait sa fonction d’ambassadrice des pôles.

Réaction de l’intéressée: puisqu’elle n’a aucune intention de se taire, c’est donc que le gouvernement a déjà décidé de son « licenciement ».

« Acharnement »

« Je comprends par cette lettre que le Président de la République va mettre fin à mes fonctions à un prochain Conseil des ministres puisque je n’ai pas l’intention de renoncer à ma liberté d’opinion et d’expression garantis par la Constitution », a-elle prévenu mardi sur Facebook.

Elle sera « vraisemblablement » démise de ses fonctions lors du Conseil des ministres du vendredi 24 janvier, a appris l’AFP de source proche de l’exécutif.

« Nous avons demandé à Mme Royal quelle était sa position sur (sa) nécessaire obligation de réserve et le respect qu’elle doit à cette obligation de réserve. Elle fera sans doute valoir ses observations et nous aurons l’occasion de prendre une décision, après avoir lu et réfléchi à ses observations », a affirmé le Premier ministre Edouard Philippe mercredi, à la sortie d’un séminaire gouvernemental à l’Elysée.

« Un ambassadeur, c’est fait pour faire de la diplomatie. En la matière, je pense que la clarté sera utile. La diplomatie, c’est une mission, la politique c’en est une autre », a estimé le chef du gouvernement.

« Il n’y a du point de vue judiciaire, aucun règlement de compte politique », a pour sa part assuré la ministre de la Justice, Nicole Belloubet.

Mais selon Christophe Bouillon, député de Seine-Maritime (socialistes et apparentés), proche de Mme Royal, « ça ressemble à une forme d’acharnement du gouvernement qui a peur de sa liberté de parole ». Il estime que « le gouvernement a inventé un devoir de réserve XXL » pour l’ancienne ministre.

« La faute originelle est celle de celui qui l’a nommée », « on l’a nommée pour la faire taire, elle ne se tait pas », a raillé sur CNews Bruno Retailleau, président des sénateurs LR.

© AFP

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