2019, 2e année la plus chaude dans le monde

incendies

Incendies de forêts à Eden en Australie le 6 janvier 2020 © AFP/Archives SAEED KHAN

2019 a été la deuxième année la plus chaude dans le monde, concluant une décennie record, selon le service européen Copernicus qui décrit des signes « inquiétants » alors que l’Australie brûle et que les événements météo extrêmes se multiplient.

« 2019 a encore été une année exceptionnellement chaude, en fait la deuxième la plus chaude dans le monde selon nos bases de données, avec de nombreux mois qui ont battu des records », a commenté dans un communiqué Carlo Buontempo, patron du service européen Copernicus pour le changement climatique (C3S).

L’année écoulée se classe deuxième, à seulement 0,04°C derrière 2016, qui reste l’année la plus chaude, mais marquée par un épisode El Niño particulièrement intense.

Selon la NASA, cet exceptionnel El Niño en 2016, courant saisonnier équatorial chaud du Pacifique, avait augmenté la température mondiale de 0,2°C.

Au delà d’une seule année prise individuellement, Copernicus confirme que les cinq années les plus chaudes jamais enregistrées ont été relevées ces cinq dernières années: le mercure est monté entre 1,1 et 1,2°C au dessus de la température de l’ère pré-industrielle.

Et la décennie 2010-2019 a également été la plus chaude depuis le début des mesures.

« Ce sont incontestablement des signes inquiétants », a souligné Jean-Noël Thépaut, directeur du Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF) dont dépend le C3S.

En raison des émissions de gaz à effet de serre générées par les activités humaines, la planète a déjà gagné au moins +1°C par rapport à l’ère pré-industrielle, entraînant des impacts dévastateurs à travers le globe.

Canicules record

L’année 2019, marquée par la mobilisation sans précédent des jeunes réclamant des actions immédiates et radicales des gouvernements, a vu de nombreux événements extrêmes conformes aux prévisions des climatologues.

En Australie, les incendies précoces en cours, trouvant un terrain idéal avec une sécheresse et des températures exceptionnelles, ont déjà ravagé 80.000 km2, soit une superficie équivalente à celle de l’île de l’Irlande.

Pendant l’été de l’hémisphère nord, l’Europe a de son côté enregistré plusieurs périodes caniculaires sans précédent. Selon Copernicus, 2019 a d’ailleurs été l’année la plus chaude en Europe, juste devant 2014, 2015 et 2018. Les températures ont également été particulièrement élevées en Alaska et dans de grandes parties de l’Arctique.

Au rythme actuel, la planète pourrait gagner jusqu’à 4 ou 5°C d’ici la fin du siècle.

L’Accord de Paris de 2015 vise à limiter ce réchauffement à +2°C voire 1,5°C, mais même si les quelque 200 pays signataires respectent leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre, le réchauffement pourrait dépasser les 3°C. Les scientifiques ont déjà montré que chaque demi-degré supplémentaire augmente l’intensité et/ou la fréquence des canicules, tempêtes, sécheresses, ou inondations.

Malgré ce constat, la conférence climat de l’ONU (COP25) en décembre à Madrid n’a pas été à la hauteur de l’urgence climatique, une occasion ratée regrettée par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres qui réclame plus d’ambition dans la lutte contre le réchauffement.

Selon l’ONU, pour que l’espoir de limiter le réchauffement à +1,5°C ne s’envole pas, il faudrait réduire les émissions de CO2 de 7,6% par an, dès 2020 et chaque année jusqu’à 2030, ce qui nécessiterait une transformation inédite de l’économie mondiale. Mais à l’inverse, les émissions continuent à croître.

Copernicus souligne d’ailleurs mercredi que la concentration de CO2 dans l’atmosphère a continué d’augmenter ces dernières années, y compris en 2019.

© AFP

6 commentaires

Ecrire un commentaire

  • On assiste bien à un dérèglement climatique mais on nous a menti sur les causes !

    Les hivers sont « normaux » mais les étés sont caniculaires et ça n’a strictement rien à voir avec le taux de CO2 dans l’atmosphère, le dérèglement climatique est au contraire provoqué par un manque de vapeur d’eau dans l’atmosphère l’été qui engendre une forte diminution de l’effet parasol , la vapeur d’eau étant le principal gaz à effet de serre (donc à effet parasol) 60%, contre seulement 26% pour le CO2
    En supprimant, dès aujourd’hui, à 100% nos émissions de carbone fossile cela ne changerait strictement rien au dérèglement climatique, la combustion des énergies fossiles posent des problèmes de pollution et de dépendance énergétique mais pas de climat !

    Ce sont bien les activités humaines qui ont déréglé le climat pour une raison toute simple et très facile à remettre en place : La déforestation (ou « dé-végétalisation » l’été)

    La vie sur les continents a besoin de deux couches de protection :

    1) l’atmosphère qui ne doit être ni trop dense ni trop « léger » pour assurer une faible amplitude thermique dans les basses couches.(effet parasol la journée et effet de serre la nuit)

    2) La végétation qui protège et nourrit toute la biodiversité (dont nous faisons partie)

    Pour continuer à nourrir la planète tout en « réparant » le climat, l’agriculture doit entretenir une couverture végétale vivante l’été au rythme des forets de feuillus (les conifères sont très mauvais pour le climat) : Les forets sont vertes l’été, nos champs doivent être verts !

    Il faut procéder par mimétisme : les forets évaporent 70% des pluies il faut donc réserver 70% des pluies à la végétation , le volume racinaire des plantes cultivées n’étant pas suffisant il faut irriguer pour entretenir le vivant et le climat !

    L’Australie brule aujourd’hui mais subissait de graves inondations en février dernier, c’est la caractéristique même d’un désert (donc sans végétation) : Alternance de fortes crues et sécheresses

    • Daniel

    Oulala elle en sait des choses Denise, bien mieux que tous les experts du GIEC !

  • Denise sait bien des choses mais rejoint celles exprimées par le GIEC !! Continuons à bien écouter les recommandations du GIEC … Mais si nous ne faisons pas ce qu’ils préconisent…. A quoi bon, Nous courons à notre perte….!
    L’homme est le garant de l’équilibre de la nature…..!
    Visiblement, nous ne garantissons plus rien et sommes responsables de la 6 éme extinction de masse depuis la dernière ayant été observé il y a 65.000.000 d’Année! Alors que l’espèce humaine est sur terre que depuis 200.000 Ans…
    le XXI S sera spirituel ou ne sera pas, comme l’a si bien dit André Malraux!
    Bien à vous et longue Vie à Good Planet!!…. Merci à Yann et à toute son équipe pour cette formidable Newsletter!!
    Jean

  • C’est malheureusement vous qui avez raison Jean, le GIEC a naturellement mis en évidence que la vapeur d’eau est le gaz à effet de serre qui retient le plus l’énergie réfléchie par notre planète. Ceci devant le gaz carbonique. Voir

    http://www.infoenergie.eu/effet-serre.htm

    mais j’entends le cri du cœur de Denise et je partage naturellement vos craintes ainsi que celles de YAB. Cependant, contrairement à ce que vous pensez tous les deux je pense qu’il n’est pas encore trop tard pour agir. Ceci dans la mesure où trois générations, le temps qui nous sera je pense nécessaire pour rétablir une situation bien compromise, n’est pas grand-chose en comparaison des 200 000 ans de présence de l’homme sur terre que vous évoquez.

    Ingénieur en mécanique des fluides de 83 ans je vais tenter d’expliquer lors de la réunion que je compte tenir prochainement à l’ IESF, ce que pourraient être les nouvelles chaînes énergétiques nous permettant de sortir du pétrin.

    IESF est d’ailleurs le mot de passe d’accès au fichier en cours d’élaboration qui donne plus de détails sur les actions à entreprendre. Vu l’urgence, les cachotteries de doivent plus être de ce monde. Voir:

    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/IDF-2020+texte.pdf

  • C’est malheureusement vous qui avez raison Jean. Le GIEC a naturellement mis en évidence que la vapeur d’eau est le gaz à effet de serre qui retient le plus l’énergie réfléchie par notre planète. Ceci devant le gaz carbonique. Voir

    http://www.infoenergie.eu/effet-serre.htm

    Je partage naturellement vos craintes ainsi que celled de YAB mais je pense que les intuitions de Denise sont les bonnes et qu’il n’est pas encore trop tard pour agir

    Ceci dans la mesure où environ trois générations, ce qui n’est pas grand-chose en comparaison des 200 000 ans de présence de l’homme sur terre que vous évoquez, devraient nous suffire pour rétablir une situation il faut le dire bien compromise

    Je vais tenter l’expliquer comment lors de la réunion que je compte tenir prochainement à l’ IESF.

    IESF qui est d’ailleurs le mot de passe d’accès au fichier en cours d’élaboration qui explique ce que l’on pourrait encore faire

  • J’oubliais l’adresse

    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/IDF-2020+texte.pdf

Yohann Diniz, recordman du monde de marche athlétique, explique comment il adapte sa préparation physique au changement climatique

Lire l'article