Le changement climatique modèlera la santé de ceux qui naissent aujourd’hui

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Des enfants indonésiens marchent vers leur école dans l'air pollué par de gigantesques incendies de forêt à Palembang, dans l'île de Sumatra, le 14 octobre 2019 © AFP Abdul Qodir

Asthme et risques cardiaques à cause de l’air pollué, infections et malnutrition dues au réchauffement… Si rien n’est fait contre le changement climatique, la santé des enfants qui naissent aujourd’hui sera de plus en plus menacée au long de leur vie, s’alarment des experts dans un rapport publié jeudi.

« Les changements climatiques définiront la santé de toute une génération », assure le Dr Nick Watts, responsable de ce rapport.

Publié dans la revue médicale The Lancet quelques semaines avant la conférence internationale sur le climat (COP25), il résonne comme un écho aux craintes dont la Suédoise Greta Thunberg est devenue l’emblème dans le monde.

« Si les choses restent en l’état, avec des émissions de carbone élevées et le changement climatique qui se poursuit au même rythme, un enfant né aujourd’hui vivra dans un monde plus chaud de 4 degrés en moyenne d’ici ses 71 ans, ce qui menacera sa santé à toutes les étapes de sa vie », écrivent les auteurs.

« Les enfants sont particulièrement vulnérables aux risques sanitaires liés aux changements climatiques. Leur corps et leur système immunitaire sont encore en train de se développer, ce qui les rend plus vulnérables aux maladies et aux polluants », fait valoir le Dr Watts, de l’Institut pour la santé mondiale de l’université de Londres.

Or, les conséquences sur la santé « persistent à l’âge adulte » et « durent toute la vie », souligne-t-il, en demandant une « action immédiate de tous les pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ».

Ce rapport est l’édition 2019 d’un document publié tous les ans par The Lancet. Intitulé « Compte à rebours sur la santé et le changement climatique », il mesure 41 indicateurs-clés sur ces deux sujets et est réalisé en collaboration par 35 institutions, dont l’OMS (Organisation mondiale de la santé), la Banque mondiale et des universités.

Cette année, les chercheurs se focalisent sur la santé des plus jeunes.

Parmi leurs sujets de préoccupation, la pollution de l’air.

« Tout au long de l’adolescence et jusqu’à l’âge adulte, un enfant né aujourd’hui respirera un air plus toxique, causé par les combustibles fossiles et aggravé par la hausse des températures », prévoit le rapport.

Bactéries et moustiques

« C’est particulièrement préjudiciable pour les jeunes, car leurs poumons se développent encore », ajoute-t-il, en dressant la liste des conséquences potentielles: « Diminution de la fonction pulmonaire, aggravation de l’asthme et risque accru de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral ».

Selon le rapport, « les émissions mondiales de CO2 provenant des combustibles fossiles continuent d’augmenter (hausse de 2,6% entre 2016-2018) » et « les décès prématurés liés aux (particules fines) PM 2,5 stagnent à 2,9 millions dans le monde ».

Autre effet redouté du changement climatique: l’augmentation des épidémies de maladies infectieuses, auxquelles les enfants sont particulièrement sensibles.

En cause, le passage à un climat plus chaud et avec davantage de pluies. Cela favoriserait le développement des bactéries responsables des maladies diarrhéiques ou du choléra, ainsi que la propagation des moustiques vecteurs d’infections.

« Sous l’impulsion des changements climatiques, la dengue est la maladie virale transmise par les moustiques qui se propage le plus rapidement au monde », prévient le rapport.

« Neuf des dix années les plus propices en matière de transmission de la dengue ont eu lieu depuis l’an 2000, permettant aux moustiques d’envahir de nouveaux territoires en Europe », selon les chercheurs.

Ils s’inquiètent aussi des phénomènes de malnutrition que pourrait provoquer la hausse des températures, en entraînant une diminution des récoltes et donc une hausse des prix des denrées alimentaires.

Enfin, plus globalement, les auteurs du rapport soulignent qu’un enfant qui naît aujourd’hui sera de plus en plus exposé aux phénomènes météorologiques extrêmes: canicules, sécheresses, inondations ou feux de forêt.

Ces chercheurs jugent crucial de « limiter le réchauffement à moins de 2°C » comme le prévoit l’Accord de Paris. Et réclament que « les impacts des changements climatiques sur la santé soient au premier plan de l’agenda de la COP25 », début décembre à Madrid.

© AFP

3 commentaires

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    • Claude Renaud

    Un enfant qui naît aujourd’hui n’a aucune chance de fêter ses 71 ans ( pourquoi 71 et pourquoi pas 69
    ou 72 ?) Avec une augmentation de 4 degrés, la vie va devenir tout simplement impossible. Regardez
    un peu ce qui se passe dans le monde et en France avec + 1,2 degré. Avec des températures
    centigrades qui dépassent souvent les 50°, les 3 degrés supplémentaires vont nous apporter un air ambiant pendant les périodes de canicule de 70°, ce qui est irrespirable et qu’aucun organisme ne pourra supporter, humain ou animal et une végétation qui disparaîtra.
    La Planète se réchauffe et on ne pourra pas l’arrêter. Même avec un peu moins de 1/10ème de degré
    par année, faites le calcul et vous verrez où vous en êtes en « 2091 ». On aura dépassé les 4 degrés.
    Mettre un enfant au monde aujourd’hui est une grosse responsabilité.
    Si vous ajoutez à ça l’épuisement de nos ressources ….

    • Vous êtes probablement un peu pessimiste sur les chiffres monsieur Renaud.

      Toujours est-il qu’il ne faut pas s’endormir comme la grenouille d’Al Gore et que vous avez pleinement raison comme GoodPlanet de nous mettre en garde

      Je vais tenter de vous expliquer pourquoi

      L’équilibre de température dans une maison est atteint lorsque l’énergie émise par la chaufferie est égale à l’énergie dissipée dans les parois de la maison. Ce qui rentre est alors égal à ce qui sort en quelque sorte. Si on améliore l’isolation de la maison sans modifier la puissance de la chaufferie la température à l’intérieur du logement augmente

      c’est un peu ce qui se passe actuellement avec notre planète terre, la puissance de la chaufferie à savoir la radiation qui nous vient du soleil reste constante mais du fait de la combustion des combustibles fossiles et des gaz à effet de serre qu’elle génère dans les couches supérieures de l’atmosphère, la quantité de chaleur réfléchie diminue. Ceci ayant pour effet de provoquer une augmentation de la température moyenne sur terre et les dérèglements du climat que nous constatons actuellement.

      Un scientifique aura peut-être plus de facilité pour quantifier le phénomène dans le cas de la terre comme je l’ai fait pour la maison en calculant la fonction de transfert d’un immeuble et de sa chaufferie.
      Voir

      http://www.infoenergie.eu/riv+ener/LCU_fichiers/LT-conservation-energie.pdf

      Toujours est-il que le phénomène peut aussi se comprendre en assimilant notre planète à notre maison et sa chaufferie. Lorsque la puissance dissipée dans les parois d’une maison diminue alors que la puissance émise par la chaufferie reste constante la température augmente progressivement dans les pièces de vie pour atteindre un état d’équilibre. Notre planète c’est un peu la même chose, moins le rayonnement solaire est réfléchi vers le cosmos du fait de l’augmentation de la teneur en gaz à effet de serre plus la surface de la terre se réchauffe.

      ces choses seront évoquées lors de mon exposé à l’ IESF ile de France

      Même si l’augmentation de la température est exponentielle comme le laisse supposer l’examen de la courbe pendant la deuxième révolution industrielle (+ 1°C en 100 ans?) il semblerait que la catastrophe ne soit pas encore là et que l’on ait quand même 2 à 3 générations devant nous pour faire le travail mais il ne faut pas traîner vu que le travail à faire est important

    • Claude Renaud

    Je constate simplement ce qui se passe dans le monde. Cyclones meurtriers, inondations catastrophiques, sécheresses sévères au Chili et en Australie, fonte accélérée des pôles, hausse de niveau des océans. Non, je ne crois pas que nous ayons 2 ou 3 générations devant nous. Et surtout,
    l’inaction des nos dirigeants. Une grande partie de l’Humanité ne verra pas la fin du siècle.
    N’oubliez pas qu’entre la dernière glaciation et la période inter-glacière, il n’y a que 5 degrés de
    différence. Qu’en nous en serons à + 5 degrés, la vie disparaîtra, et surement avant.
    Il y a de quoi être pessimiste, non ?

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