Jour du Dépassement, tous les articles sur le sujet. Si tout le monde vivait comme vous, combien de planètes faudrait-il ?

Fonds Humus pour la biodiversité : « L’argent peut détruire. Il peut aussi restaurer. »

Créé il y a un an et demi, ce collectif regroupe des associations de pêcheurs, des associations régionales et nationales (WWF France, ATTAC, fédération de pêche, Société d’histoire naturelle du Doubs, Confédération paysanne, etc.) et plusieurs centaines d’adhérents. « C’est un collectif jeune et performant, raconte Claude. Il a su se faire entendre en interpellant les élus locaux et les citoyens dans une région qui a déjà montré par le passé sa capacité à se mobiliser, notamment contre le canal Rhin-Rhône. » En mai 2011, entre 1500 et 2000 personnes venues de Suisse et de France se sont ainsi rassemblées à Goumois, un haut lieu de la pêche et du tourisme en eaux vives dans la région. « On est très écouté, explique Philippe Koeberlé, membre du bureau du collectif. L’industrie du Comté, c’est 12 000 emplois rien que dans le Doubs, c’est un moyen de pression énorme et les autorités savent qu’on peut faire de gros dégâts. »

Deux dossiers sont prêts à être envoyés à la Commission européenne pour faire constater le manquement par la France à ses obligations en vertu de la directive cadre sur l’eau et pour non-respect du cahier des charges relatif à l’AOP (Appellation d’origine protégée). Pour l’instant, le collectif attend la remise d’une expertise nationale sur la Loue et la réaction des autorités. « Ce que nous demandons, précise Philippe, c’est la mise en place d’un plan de sauvetage de la Loue avec par exemple la construction de nouvelles stations d’épurations, un renforcement de la réglementation autour du Comté, un arrêt de l’élevage sur lisier et des épandages massif qui l’accompagnent, une augmentation des contrôles. Nous voulons être constructifs, nous n’avons pas envie que la production intensive de Comté et de saucisse de Morteau altère la qualité de ces produits et emporte avec elle nos exceptionnelles rivières, et qu’on ait tout perdu dans vingt ans. »

Benjamin Grimont

Ecrire un commentaire