Batiment : La maison du futur sera intelligente et écolo

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Les bâtiments sont responsables d’environ 40% de la consommation énergétique en Europe. Or, selon les Nations Unies, plus d’un cinquième de la consommation d’énergie de ces bâtiments pourrait être évitée d’ici 2010, ce qui permettrait une réduction des émissions de CO2 de 45 millions de tonnes par an. D’où l’enjeu de normes plus ambitieuses pour les bâtiments existants et neufs, et le développement de nouvelles formes de construction comme la maison passive.

Consommation d’énergie dans les bâtiments

Les bâtiments sont responsables d’environ 40% de la consommation énergétique en Europe (chauffage, climatisation, eau chaude, éclairage, etc.) (1). En France, c’est le secteur économique le plus consommateur en énergie (réparti pour 2/3 dans le secteur résidentiel et 1/3 dans le secteur tertiaire) ; il représente près d’une tonne d’équivalent pétrole par personne et par an et il est à l’origine d’au moins 21% des émissions nationales de CO2. (2)

Cette consommation est en forte croissance. En France, elle a augmenté de 30 % sur les 30 dernières années en raison de l’augmentation du nombre de logements, de la surface moyenne occupée, d’un confort accru et du développement des usages de l’électricité.

Objectifs d’efficacité énergétique

Le secteur du bâtiment se prête pourtant à d’importantes économies d’énergie. Selon le PNUE, plus d’un cinquième de la consommation d’énergie, et plus de 45 millions de tonnes d’émissions de CO2 par an pourraient être évitées d’ici 2010 en Europe. (3) [Débat]

A plus long terme, il pourrait représenter de plus grandes économies encore et prendre une part conséquente aux réductions des émissions de gaz à effet de serre. (La France s’est engagée à les réduire par 4 à l’horizon 2050 – c’est le « facteur 4 »). (4)

En effet, les performances énergétiques des bâtiments peuvent d’ores et déjà être considérablement améliorées et l’énergie utilisée peut provenir de sources renouvelables. Ainsi, la pose de vitrage isolant permet d’économiser 7 % de l’énergie de chauffage, une chaudière efficace 15 %, l’isolation des murs de 10 à 15 %, l’isolation de la toiture, de 10 à 20 %, et l’installation d’un chauffe-eau solaire individuel ou d’une pompe à chaleur jusqu’à 70 % de la consommation d’énergie liée à la production d’eau chaude. (5) Des appareils électroménagers efficaces (réfrigérateurs et machines à laver de classe A ou B) consomment jusqu’à deux fois moins d’énergie. [Débat]

Les choix urbanistiques ont également une incidence importante en termes de consommation d’énergie (plan de déplacement, mais aussi accès à des énergies renouvelables, écoconception,…). [Voir Eco-villes et éco-quartiers]

Bâtiments à haute qualité environnementale

Il existe une grande variété de techniques et de méthodes pour réduire la consommation énergétique d’un bâtiment. D’où un grand nombre de labels. La démarche HQE, pour « haute qualité environnementale », vise à fournir une démarche cohérente et globale qui s’inscrit dans une logique de développement durable. Elle prend en compte la conception, la construction, le fonctionnement et la déconstruction du bâtiment. (6)

Maison passive et maison positive

Une conception adaptée, avec des matériaux, une isolation et une ventilation optimisés permet une consommation d’énergie très basse. On parle alors de maison passive, par référence à la norme allemande « Passivhaus ». (7) La Suisse a créé un label équivalent : « Minergie ». (8) Cette norme correspond à un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh/m2/an et à une consommation d’énergie totale (chauffage, eau chaude, électricité…) de 42 kWh/m2/an au maximum. (9) A titre de comparaison, la consommation moyenne dans le bâtiment est proche de 400 kWh/m2/an !

Certaines constructions peuvent même produire d’avantage d’énergie qu’elles n’en consomment : on parle alors de « maisons positives ». (10) Celles-ci requièrent la mise en place de panneaux photovoltaïques sur le toit, d’un éclairage favorisant l’apport de lumière naturelle, de la gestion des eaux pluviales, …

Une évolution lente

En Europe, un peu plus de 5000 maisons passives ont été construites. Différents projets pilotes existent ici et là mais restent d’ampleur modeste. A titre d’exemple, le programme européen CEPHEUS (Cost efficient passive houses as European standards) a abouti à la construction de 250 bâtiments dans cinq pays européens, dont la France, à travers la résidence Salvatierra à Rennes où 43 logements ont vu le jour en 2002. (11) A titre de comparaison, environ 350 000 logements sont construits chaque année en France.

Il ne s’agit pas que d’une question de prix, car, en Allemagne, le prix d’une maison passive est identique à celui d’une maison standard. En France, il n’est supérieur que de 5 à 10% à celui d’une maison classique et ce surcoût est amorti rapidement. (12) Il existe par ailleurs de nombreuses possibilités d’aide financière. En France, l’Agence nationale pour l’habitat offre des primes, l’Etat des allègements d’impôts et la Caisse d’Allocations Familiales des prêts. (13)

Il semblerait que le manque d’information sur les moyens de réaliser ces économies et sur les incitations financières, mais aussi la rigidité du secteur de la construction empêchent une évolution plus rapide.

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