350, une initiative mondiale en faveur du climat

Publié le : Last updated:

Le 24 octobre, des milliers de personnes dans près de 150 pays se mobiliseront pour le climat dans une campagne baptisée . Six semaines avant le début du Sommet de Copenhague, Jacques mirenowicz et Susana Jourdan, corédacteurs en chef de nous présentent cette initiative que la Fondation GoodPlanet soutient.

Le 24 octobre, des milliers de personnes se mobiliseront pour le climat dans plus de 150 pays autour du chiffre 350. De la Grande Barrière de corail à la Maison-Blanche en passant par les sommets himalayens, l’Afrique, l’Amérique latine et l’Europe, des manifestations festives mettront en avant ce chiffre, notamment dans des lieux parmi les plus symboliques de la planète.

Le climat entre nos mains et LaRevueDurable relaient en France et en Suisse cette journée mémorable qui devrait être la plus grande manifestation jamais organisée à ce jour en faveur du climat dans le monde. Ce sera six semaines avant le début du Sommet de Copenhague qui, du 7 au 18 décembre, décidera pour une bonne part de l’avenir de la civilisation.

350 ? Ce chiffre, sans doute le plus important pour l’avenir de l’humanité, correspond à la concentration en ppm de CO2 qu’il ne faut pas dépasser de façon trop prolongée si l’on veut éviter que la température à la surface de la Terre augmente de plus de 2°C et ne soit ainsi plus adaptée à la poursuite de l’aventure humaine sur Terre.

La première référence à ce seuil paraît en 2008 dans un article du Open Atmospheric Science Journal. Grâce notamment à des données paléoclimatiques – qui indiquent ce qui s’est passé sur Terre il y a des centaines de milliers d’années –, dix climatologues y estiment à 350 ppm le niveau de CO2 maximal admissible dans l’atmosphère.

Pour pouvoir atteindre une cible aussi ambitieuse, ces climatologues demandent un moratoire sur le charbon et le pétrole bon marché. Car selon les données disponibles, la fin prochaine du pétrole conventionnel et du gaz induira une baisse très forte des émissions de CO2.

Le président du Groupe d’experts intergouvernemental d’étude du climat (Giec) a récemment apporté sa caution à 350 : « En tant que président du Giec, a déclaré Rajendra Pachauri en septembre 2009, je ne peux pas prendre position, car le Giec ne fait pas de recommandation, mais en tant qu’être humain, je soutiens pleinement ce but. Ce qui se passe et ce qui va probablement se passer me persuadent que le monde doit être ambitieux et très déterminé à aller vers cette cible. »

D’après les calculs les plus récents, une stabilisation à 350 ppm de CO2 donne plus de 75 % de chances de ne pas dépasser +2°C de hausse de la température moyenne sur Terre. Pour l’heure, les engagements sur la table des négociations à Copenhague entraînent la planète vers une stabilisation à 500 ppm de CO2. Avec ce scénario, les chances de rester en dessous des 2°C sont de 0 %.

Le chiffre 350 résume la donne et le défi climatiques. Et traverse la barrière des langues. Il est ainsi une base très solide et possède tous les atouts pour susciter une adhésion transnationale suffisamment forte pour créer une pression populaire capable surmonter le manque actuel de volonté politique. Si tout se passe bien, grâce aux milliers d’événements qui auront lieu partout sur la planète le 24 octobre, ce chiffre sera aussi bientôt l’un des plus connus partout dans le monde. Et, plus encore, sa signification aussi sera connue.

En France, des citoyens participeront à cette initiative. A Briançon (Hautes-Alpes), des femmes manifesteront leur solidarité avec les femmes du Sud lors d’une matinée de peinture suivi d’un pique-nique sur le parc de la Schappe. Au parc Montaleau, à Sucy (Val-de-Marne), les membres d’une Amap formeront un 350 humain en posant les pieds vers le ciel, les doigts en éventail, et garderont 350 secondes de silence dans cette position.

Au centre ville de Montbéliard (Doubs), l’association Vergers Vivants pressera des pommes issues de vergers traditionnels à haute tige pour produire 350 bouteilles de jus pasteurisé. Ce millésime 350 sera étiqueté pour mettre en avant l’importance des circuits courts et de la relocalisation des productions pour réduire les émissions de CO2. En tout, une trentaine d’actions sont pour le moment prévues France.

Le projet 350 profite au mieux des possibilités d’internet pour rendre l’information accessible, coordonner et, surtout, exploiter les fruits de la mobilisation. Il se définit comme une initiative « Open Source » : chacun s’engage comme il l’entend. Celui qui a une bonne idée, améliore un document, crée une belle affiche, partage avec les autres.

Des photos de chacun des milliers de rassemblements dispersés sur la planète seront postées sur le site www.350.org. Ce concert d’images devrait faire l’effet d’une seule et puissante manifestation mondiale. L’équipe du projet 350 le fera connaître aux négociateurs qui se réuniront à Copenhague. Ce seront autant de cartes postales que des citoyens concernés en séjour sur une planète en péril leur auront adressé.

L’engagement de LaRevueDurable et du climat entre nos mains pour relayer cette campagne en Suisse romande fait suite à une rencontre avec Bill McKibben, écrivain états-unien initiateur du projet 350.

LaRevueDurable a consacré son 35e dossier au changement climatique et à l’initiative 350. Ce dossier exceptionnel donne tous les éléments scientifiques, économiques, géopolitiques, éthiques, de justice et de simple bon sens qui fondent l’objectif de ramener au plus vite la concentration de CO2 dans l’atmosphère à 350 ppm. La revue durable a lancé en 2008 le site www.leclimatentrenosmains.org aide quiconque souhaite diminuer ses émissions de gaz à effet de serre à les évaluer de manière simple et efficace.

Susana Jourdan et Jacques Mirenowicz sont corédacteurs en chef de .

Media Query: