La collecte des médicaments usagés

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« Les médicaments sont utiles, ne les rendons pas nuisibles », tel est le slogan de la dernière campagne de Cyclamed. L’organisme en charge de la récupération des médicaments a supervisé la collecte de 14 271 tonnes de médicaments usagés pour l’année 2012 sur toute la France. Auparavant, les médicaments rapportés et non périmés étaient expédiés dans les pays en développement au titre de l’aide humanitaire. C’était une façon utile de leur donner une seconde vie. Mais, depuis 2008, une modification de la réglementation interdit ce type de recyclage car cette méthode se révélait inadaptée aux besoins des pays pauvres et ne permettait pas de garantir la qualité des produits envoyés. De plus, seul 5 % des médicaments partaient effectivement pour l’aide humanitaire. Sans parler de fraudes constatés dans certaines officines qui revendaient les boîtes rapportées.

Désormais, les médicaments usagés sont surtout récupérés pour garantir qu’ils ne traînent pas dans la nature ou à la maison. Laissés à la maison, ils peuvent être dangereux pour les enfants tandis que la présence de résidus de molécules médicamenteuses dans les eaux peut présenter un danger environnemental ou sanitaire.

En moyenne, chaque Français rapporte 218 grammes de déchets de médicaments par an. Tous, périmés ou non, peuvent être rapportés en pharmacie. Ces dernières sont dans l’obligation de les reprendre. Ne sont pas concernés les médicaments vétérinaires et le matériel médical ainsi que les produits issus de la parapharmacie. Une fois entre les mains du pharmacien, ce dernier sépare les emballages en carton du médicament puis les stocke dans une boite qu’il scelle. Celle-ci sera récupérée et envoyée à un incinérateur qui les brûle. A plus de 700 degrés, les molécules complexes sont détruites et il ne reste aucune trace de ces substances dans le mâchefer. L’objectif de Cyclamed est de garantir la bonne destruction de ces substances. « Les médicaments sont envoyé dans l’un des 51 centre de valorisation énergétique, ce qui permet de récupérer l’énergie de 5000 à 6000 logements par an », rajoute Daniel Robin, le directeur de Cyclamed.

Même si près de 72 % des Français déclarent rapporter leurs médicaments non-utilisés en pharmacie, le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas. Ne pourrait-on pas réduire la quantité de ces déchets à la source, par exemple en délivrant les médicaments en fonction de la prescription et à la gélule près, comme cela se fait au Royaume-Uni ? Les professionnels français présents lors de la conférence de presse Cyclamed du 4 avril estiment que vendre les médicaments au détail pose plusieurs problèmes à commencer par celui du stockage dans les officines. D’autre part les quantités présentes dans les boîtes sont prévues par les autorités sanitaires pour soigner 90 % des malades. Enfin, ils affirment que les boîtes facilitent l’identification des produits lors du suivi des traitements et évitent les erreurs. Tous ces éléments font qu’en France, la boîte de médicament reste la norme – pour l’instant. Dès lors, pour s’assurer que les vieux médicaments ne trainent pas dans les maisons ou les empêcher de finir en décharge à polluer le sol ou les eaux, le mieux reste de les rapporter à la pharmacie.

Julien Leprovost

Crédit photo

Un employé conditionne des médicaments en France – mars 2013 © AFP PHOTO / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

 

Cyclamed
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Cyclamed est une association loi 1901 fondée en 1993 par des professionnels du médicament (pharmacien, grossistes-répartiteurs et industriels) dans le but de récupérer et recycler les médicaments non utilisés. Au début, ils étaient destinés à des usages humanitaires. Depuis 2008, l’association assure la bonne destruction de ces produits et leur transformation en énergie. L’association finance son action grâce à une cotisation volontaire sur le nombre de boîtes de médicaments vendus.

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