Un Oscar pour le combat d’un homme en faveur des dauphins

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Ric O’Barry

Ce sont les efforts entrepris par un homme seul qui ont permis d’éveiller les consciences sur le massacre des dauphins perpétré chaque année au Japon. Ces efforts, sont décrits dans le documentaire The Cove – La Baie de la honte, sorti en 2009 et qui vient de remporter l’Oscar du meilleur documentaire. Dans le film, on voit comment Ric O’Barry, défenseur des dauphins, tente sans relâche d’exposer au grand jour le commerce et la mise en captivité de ces cétacés, une industrie qui atteint le milliard de dollars et dont il craint d’avoir été bien malgré lui à l’origine.

Ancien dresseur de dauphins pour la série télévisée américaine des années 60, Flipper le Dauphin, Ric O’Barry déclare se sentir en partie responsable de l’intérêt suscité pour ces animaux chez le grand public et des conséquences désastreuses qui sont survenues par la suite. « J’ai passé dix ans à bâtir cette industrie et j’ai consacré ces 35 dernières années à essayer de la réduire à néant. »

Le déclic s’est produit lorsqu’un des grands dauphins de la série est mort dans ses bras, ce qu’il a très vite identifié comme un des effets que la vie en captivité avait sur ces animaux remarquablement intelligents avec lesquels il avait établi de solides liens. Et il raconte dans le film comment, depuis lors, il s’évertue à « rendre leur liberté au plus grand nombre de dauphins possible ».

Depuis 1970, Ric O’Barry est mondialement connu pour son travail en faveur de ces cétacés. Il est aujourd’hui le fondateur et le directeur de « Save Japan Dolphins » dont la mission est le thème central de The Cove – La Baie de la honte. On le suit tout au long du film dans ses déplacements au Japon où il se retrouve seul face à une redoutable armada de pêcheurs, médias et responsables locaux bien décidés à préserver leur traditionnelle chasse aux dauphins. Ric O’Barry conduit les réalisateurs jusqu’à un lieu tenu secret, près du village de Taiji, où 23 000 dauphins, essentiellement des grands dauphins, sont capturés chaque année. La plupart sont destinés à un trafic international et échouent dans des instituts de recherche ou des aquariums ; les autres sont tués et leur chair est vendue sur les marchés japonais -souvent étiquetée à tort « viande de baleine », et malgré le fait qu’elle renferme des taux de mercure dangereusement élevés.

Plusieurs scènes du film nous montrent des pêcheurs et des responsables locaux questionnant Ric O’Barry au sujet de ses activités à Taiji destinées à faire connaître le problème. Ric O’Barry déclare d’ailleurs dans une des scènes : « Au début, j’étais le bienvenu ici, mais aujourd’hui, s’ils pouvaient, ils me liquideraient. Et je n’exagère pas. Si les pêcheurs pouvaient m’attraper et me tuer, ils le feraient. »

Des panneaux affichant « Défense d’entrer » ou « Danger » nous font comprendre que « la baie » se situe dans une aire protégée d’un parc national de Taiji. Cela conduit Louie Psihoyos, le réalisateur, et son équipe à lancer une opération secrète afin de filmer la cruauté avec laquelle les dauphins sont tués au large des côtes de ce petit village au charme désuet. Grâce à des caméras cachées, les spectateurs peuvent alors observer les eaux de l’océan passer du bleu au rouge au fur et à mesure que le sang répandu par le massacre matinal des dauphins emplit la baie, une pratique quotidienne exercée à l’abri des regards du grand public japonais et du reste du monde.

« J’ai compris qu’avec ces images, je pouvais montrer une réalité – celle de Taiji – qui n’est en fait qu’un petit aspect d’un problème bien plus vaste » déclare Psihoyos. Car pour ce dernier, le sujet de The Cove – La Baie de la honte fait écho aux vastes problèmes que sont la surpêche, la dégradation des océans et l’empoisonnement au mercure, ainsi qu’à leurs conséquences sur la santé humaine en tant que droit fondamental.

Le film a aujourd’hui suscité une certaine prise de conscience et la volonté de mettre un terme à ce massacre tenu secret. En février 2010, on a appris que The Cove – La Baie de la honte allait être distribué au Japon, la sortie étant pour l’instant prévue pour avril. Parallèlement, Ric O’Barry poursuit ses actions puisqu’il organise une réunion publique à Taiji le 1er septembre 2010 pour appeler à la mobilisation, alors que démarre la saison de la chasse aux dauphins, ce « peuple de la mer » comme l’appelle affectueusement le film. « Nous espérons qu’ils seront des milliers à venir à Taiji le 1er septembre pour montrer aux pêcheurs japonais que le monde entier est au courant de leurs agissements et que nous allons y mettre un terme. »

Save Japan Dolphins

Founded in 2003 by Ric O’Barry, Save Japan Dolphins seeks to end the practice of dolphin killing in the cove in Taiji, Japan. The website notes although the killing of bottlenose dolphins has significantly decreased, they, along with other dolphin species, continue to be captured for aquariums and slaughtered for fish markets by Taiji fishermen. O’Barry’s fight for the protection of all marine mammals is advanced through a partnershipwith the Earth Island Institute to promote greater exposure of this cause and screenings of The Cove worldwide. Please visit www.savejapandolphins.org if you wish to donate, sign the ‘one million signatures’ petition or learn more about this cause. To purchase the dvd, please log on to www.thecovemovie.com/ –

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