NéoPlanète : 3 films qui donnent envie de se révolter


Le 29e Festival international de programmes audiovisuels s’est achevé le 24 janvier à Biarritz. Comme chaque année, Néoplanète est allé visionner en avant-première les films qui interrogent sur le sort de notre planète.

Source : Neo-Planete

Poignant

AnotherCountryAnother Country

Le film commence par des chants et des danses traditionnels, au milieu d’une forêt où vit une petite communauté autochtone isolée du nord de l’Australie. Quelques secondes plus tard, les mêmes chants et danses, mais en ville, habillés de techno, dans une discothèque improbable, sous les spots rouges, les boules à facettes et les vapeurs de mauvais alcool. Des images qui mettent à jour le contraste et la perte de repères de ces indigènes voués à disparaître, bien aidés en cela par un gouvernement australien peu regardant de leur sort. David Gulpilil expose les ravages de la colonisation blanche sur une civilisation aborigène millénaire en train de disparaître. Il tente de dépasser les barrières entre cultures blanche et indigène pour donner voix à ce peuple nomade chez qui tout est fondé sur le partage, mais administré par un gouvernement qui bafoue ses traditions.

Molly Reynolds, Vertigo Productions, 1h15.

Révoltant

thumb_15808_picture_program_bigBehemoth. Le Dragon noir

Gros plan sur une carrière en Mongolie, plan fixe qui interpelle. Paysage lunaire, traversé de lignes électriques, et soudain une explosion. Fumées blanches, grises, orangées, et tout s’éclaire. Une exploitation minière comme il y en a tant en Mongolie. De ses plaines verdoyantes défigurées par les mines et les machines, de ses hommes éreintés, opérateurs de foreuse, ombres qui trient le charbon et la roche, condamnés à mort par la poussière, finissant misérablement leur vie à l’hôpital. Charbon et minerais transportés par camions vers les usines, fer en fusion, une longue chaîne de destruction durant laquelle l’homme se nourrit d’un enfer d’artifices, installe des villes laides, vides de nature et d’humanité.

Zhao Liang, INA, 1h30.

Inquiétant

Cargos : la face cachée du fret

Après avoir traversé les mers, près de 90% de ce que nous consommons provient de l’étranger. Au cœur de la mondialisation, le transport maritime est devenu le secteur d’activité le plus important au monde. Mais à quel prix ? Une enquête dans les coulisses du fret, avec ses enjeux économiques, sociétaux et écologiques : les pétroliers sont responsables de 2,5 % de la pollution des mers provoquée par des marées noires, de l’extinction de milliers d’espèces aquatiques, de 4% du réchauffement global… Car le carburant bon marché brûlé par un seul de ces monstres des mers libère la même quantité de soufre qu’environ 50 millions de voitures ! Un bilan alarmant, servi par Denis Delestrac, déjà à l’origine de « Nature, le nouvel eldorado de la finance ».

Denis Delestrac, La Compagnie des Taxi-Brousse, 1h.

Un commentaire

Ecrire un commentaire

    • Léopoldine

    « Celui qui se bat peut perdre, celui qui ne se bat pas a déjà perdu » Bertolt Brecht. Ils ont toujours été minoritaires ceux qui se sont battus et se battent pour une monde plus juste. Hier comme aujourd’hui. Parmi eux YAB (et son équipe). Malmené parfois. Il n’y a pas si longtemps un samedi soir par un trio de qualité. Celui de Laurent Ruquier. Transformé en inconscients défenseurs d’une économie criminelle. Un soir de grande écoute. Laurent Ruquier, faisant sa part dans « après moi le déluge ». Léa Salamé y est allée de sa coutumière côte de boeuf (démodée), cette fois dépourvue de sauce béarnaise. Convoquant « l’accusé » d’expliquer son incapacité de faire entendre les sourds. Désolé, Yann Moix, de (l’égocentrique) inefficacité artistique. Un trio brillant et percutant quand le sujet les intéresse. Cela n’a pas été le cas pour celui qui concernait ce soir là l’avenir de l’humanité. Enfermés dans le redoutable labyrinthe de la violence économique dont ils étaient sans s’en rendre compte les porte parole pendant qu’amplifiait, en y faisant allusion, un superfétatoire jugement personnel circulant sur les insipides ondes de la surabondance toxique d’une absurde société de consommation. Ce soir là trois estimables individus ont inutilement accablé un autre individu. Estimable, honnête, altruiste et talentueux. Il n’est pas le seul. Le découragement des deux invités crevait l’écran que, contrairement à mon habitude du samedi soir, j’ai éteint aussitôt plus décue que « révoltée » de cette lamentable crucifixion dont ont dû se réjouir ceux que ces hommes et femmes combattent avec très peu de moyens. Je jour de la fermeture de la COP 21 ?