Herbiers marins : négligés mais indispensables

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Herbiers marins, Bahoi, Indonésie © OMEGA

Herbiers marins, Bahoi, Indonésie © OMEGA

Qui peut vraiment décrire ce qu’est un herbier marin ? Peu de monde. Et pourtant c’est un des écosystèmes les plus riches et les plus importants de nos océans. Ces vastes prairies sous-marines ne sont pas composées d’algues mais bien d’herbes, très similaires aux plantes terrestres, d’où leur nom d’« herbiers ». Des espèces emblématiques et menacées comme les dugongs (mammifère marin herbivore, appelé aussi vache marine)  ou les tortues viennent directement se nourrir des feuilles d’herbiers : un dugong peut en consommer jusqu’à 40 kilos par jour !

Dans les régions tropicales, ils sont un des maillons indispensables à la présence de poissons, elle-même indispensable aux pêcheurs locaux. Fournir du poisson n’est qu’un service parmi d’autres que nous rendent les herbiers : stabilisation du littoral et lutte contre l’érosion, filtres naturels contre les polluants, producteurs d’oxygène mais aussi puits de carbone. En effet, à l’échelle mondiale, les herbiers fixent 27 millions de tonnes de carbone par an et luttent donc naturellement contre le changement.

Comme les coraux ou les mangroves, les prairies sous-marines sont des écosystèmes particulièrement fragiles en particulier aux activités humaines (surexploitation, dragage, changement climatique, pollution…). Des études estiment que 29 % des herbiers auraient déjà disparu, et que cette disparition se poursuivrait actuellement au rythme de 1,5 % par an. Il est donc nécessaire d’inclure les herbiers marins dans les programmes de conservation du littoral.

Dans le cadre des projets « Time for the planet » menés par la Fondation GoodPlanet et soutenus par OMEGA, les herbiers marins sont au cœur des mesures de protection mises en place. A Bahoi, Talise et Lihunu, trois villages du nord de l’Indonésie, l’ONG YAPEKA sensibilise les communautés locales au rôle des herbiers et leur sauvegarde. Des séances sur le terrain regroupent ONG, scientifiques, des universités locales et membres de la communauté pour inventorier, surveiller et même tester la replantation d’herbiers. En effet, bien qu’au stade expérimental, un site pilote de replantation d’herbier vient d’être créé. Il va permettre aux scientifiques d’étudier et d’affiner les techniques de plantation, aux membres de la communauté de se former à la protection des herbiers et aux plus jeunes de les découvrir de manière ludique sur le terrain.

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