Bure : la loi Macron autorise le stockage des déchets radioactifs sans débats grâce au 49-3

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Bure

Un technicien sur le site de Bure dans une zone de stockage © sAFP PHOTO / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

L’adoption jeudi 9 juuillet de la loi Macron «pour la croissance et l’activité» en recourant à l’article 49-3 a permis au gouvernement de passer un amendement qui autorise l’enfouissement des déchets radioactifs sur le site de Bure dans la Meuse. Pourtant, cet amendement n’aurait pas dû y figurer puisqu’il avait été retiré du projet de loi avant d’y être réintroduit lors du passage du texte devant le Sénat. Cette décision suscite la colère des opposants au site de Bure, nous republions ici le communiqué du CEDRA datant du jeudi 9 juillet ( Collectif contre l’Enfouissement des Déchets RAdioactifs) qui fustige l’absence de démocratie dans ce procédé  : Loi macron : vote effarant cet après-midi par un dernier (?) coup tordu.

Loi Macron, vote effarant cet après-midi par un dernier (?) coup tordu

  Dernier coup tordu ce jeudi par l’enfouissement (cavalier législatif) d’un amendement dans la loi Macron, loi qui sera définitivement présentée en débat à l’Assemblée nationale à partir de 15 H.

 La classe politique est-elle honnête, sérieuse, crédible ? En un mot, peut-on lui faire confiance ? Dernier coup de trafalgar ce matin où la commission spéciale de l’Assemblée nationale, chargée d’étudier les amendements du Sénat, décidait d’intégrer dans son texte à débattre cet après-midi l’amendement des plus pernicieux glissé par le sénateur Longuet.

 Aberrant, effarant, coup tordu, coup de force, les réactions tombent ce midi devant ce nouvel épisode qui ne grandit pas la dite représentation nationale, d’autant que voici peu le ministre Macron s’était engagé à faire la place qu’il faudrait au débat sur cigéo ! Pitoyable : depuis septembre dernier, à travers les deux lois de transition énergétique et Macron, pas moins de 13 amendements en 10 reprises  ont été glissées au long des procédures pour éviter au projet Cigéo (enfouissement des pires déchets nucléaires, à BURE) d’en passer par une future loi spécifique. Faut-il que les industriels de l’atome et leurs relais soient à ce point débordés par les déchets de la filière pour qu’ils tentent ainsi de se débarrasser du casse-tête à bon compte (un trou et hop) !

 La méthode, pourtant, si elle ne les grandit pas, en dit long sur les parlementaires (députés et sénateurs) et le gouvernement, mettant sous une lumière crue le président Hollande qui, suite au drame de Sivens, s’était engagé à appliquer une réelle démocratie participative dans les dossiers environnementaux… Un François Hollande qui en 2000 s’était positionné contre l’enfouissement des déchets nucléaires lorsqu’il était député en Corrèze. Tout comme Ségolène Royal s’était elle aussi positionnée contre l’aberration de l’enfouissement en 1987-1990 quand elle fut députée dans les Deux-Sèvres !

 Démocratie, vraiment, et que dire de cela :

–       pas UN-E élu-e depuis ce matin pour nous informer de ce qui se tramait à l’Assemblée nationale

–       que savent vraiment du sujet cigéo les députés et sénateurs ? Encore ce matin (voir video), le président de la commission – le député François Brottes – qui annonce froidement que la Meuse s’est portée candidate, alors que la réalité est l’exact contraire. En Meuse et Haute-Marne, non seulement on n’a jamais demandé leur avis aux populations – en démocratie les premières concernées – mais ON leur a refusé un référendum qu’elle demandait par plus de 50 000 signatures locales.

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