Maltraitances et actes de cruauté envers les lévriers de course en Australie

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Daimiel, Espagne: le corps d'un lévrier pendu par le coup dans une maison abandonnée près de Daimiel est photographié en janvier 2006. © AFP PHOTO/Pedro ARMESTRE.

Daimiel, Espagne: le corps d’un lévrier pendu par le coup dans une maison abandonnée près de Daimiel est photographié en janvier 2006. © AFP PHOTO/Pedro ARMESTRE.

Les courses de lévriers sont très populaires en Australie, où la totalité des mises annuelles dépasse 3 milliards de dollars. Mais pour satisfaire les parieurs et obtenir sans cesse de meilleures performances, les professionnels de la filière n’hésitent plus à doper leurs animaux à la cocaïne et à l’EPO, à les maltraiter pour qu’ils courrent plus vite et à les tuer de manière barbare une fois qu’ils ont atteint le maximum de leurs capacités.

Une enquête parlementaire est en cours dans le pays pour faire la lumière sur cette filière ; les données qui en ressortent ont fait bondir les associations nationales de protections des animaux, note le Sydney Morning Herald.

En effet, pour trouver la perle rare, un processus de sélection terrible est mis en place. Plus de 25 000 chiens naissent dans cette filière chaque année. Mais selon les chiffres avancés par l’association australienne de lutte contre la cruauté faite aux animaux, Against Animal Cruelty Tasmania (AACT), seule la moitié d’entre eux sont susceptibles de commencer un jour les entraînements. Les autres n’atteignent pas l’âge d’être enregistrés pour courir. Jugés trop mauvais, ils sont généralement tués de façon barbare, battus, noyés, égorgés ou fusillés, note ACCT. L’association rapporte des cas d’animaux enterrés vivants, les oreilles coupées pour qu’on ne puisse retrouver leur propriétaire grâce au tatouage qu’ils portent aux oreilles. En 2011, 3 440 chiots auraient ainsi été tués en Nouvelle-Galles du Sud avant d’être enregistrés.

Et les maltraitances ne s’arrêtent pas là, car pour ceux qui ont les capacités de courir en compétition, les résultats doivent être au rendez-vous. Et les entraîneurs n’hésitent pas à utiliser des méthodes totalement interdites pour arriver à leurs fins. Ainsi de la cocaïne est donnée à sniffer aux chiens avant la course ou injectée directement dans les muscles au départ. Certains sont dopés à l’EPO, plus difficile à détecter lors de contrôles. Selon le SMH, des leurres vivants (lapins, cochons d’inde et possums) – auxquels on a retiré dents et griffes – sont utilisés comme appâts lors des entraînements. Plus de 2 800 blessures ont eu lieu sur les terrains de course entre 2012 et 2013 pour des résultats souvent truqués pour cause de blanchiment d’argent. Des méthodes qui ne sont que trop rarement pénalisées, selon ABC News qui note que «dans cette filière, les représentants de l’autorité  sont souvent des joueurs qui ont donc un conflit d’intérêt ».

Voici le reportage de la chaîne ABC :

Si des programmes d’adoption sont en place en Australie, seuls une cinquantaine de chiens auraient été adoptés l’an passé. Impossible de connaître le devenir des autres animaux. L’enquête en cours dans le pays doit permettre rétablir la transparence de cette filière, note le SMH.

(Voir aussi notre article sur la condition des lévriers en Espagne)

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