Les quotas de pêche fixés par les ministres européens respectent trop rarement les recommandations scientifiques

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Des merlans bleus péchés par le chalutier-industriel « Joseph Roty II », courant Janvier 2004 en mer d’Ecosse. AFP Photo Marcel Mochet

Ces 9 dernières années, seulement 13% des décisions des ministres européens de la pêche ont été en accord avec les avis scientifiques pour une gestion durable des populations de poissons, selon le rapport du WWF intitulé « De la surpêche légale ! ». Publié le 14 décembre, ce rapport intervient à quelques jours du vote de la commission de la pêche du Parlement européen pour la réforme de la Politique Commune de la Pêche (PCP). Il révèle que les ministres de la pêche ont fixé des quotas plus élevés de 45% en moyenne que les recommandations scientifiques, autorisant ainsi la flotte de l’Union européenne à pêcher 6,2 millions de tonnes de poissons supplémentaires par rapport à ces recommandations.

Le WWF, qui se fonde sur les données de la Commission européenne, dresse un tableau alarmant de la surpêche dans les eaux communautaires. Près de la moitié des populations de poissons exploitées par l’Union européenne dans l’Atlantique Nord-Est et jusqu’à 89 % des poissons pêchés en Méditerranée sont surexploités. Le WWF dénonce une légalisation de la surpêche par les gouvernements de l’Union européenne et appelle au respect des recommandations du CIEM (Conseil International pour l’Exploration de la Mer), qui est l’organe scientifique de l’Union européenne.

Au problème de la surpêche légale, s’ajoute celui de la définition des quotas puisque ces derniers ne tiennent pas compte des quantités de poissons rejetées en mer. Par exemple, 18 000 tonnes de cabillaud –soit l’équivalent de 1300 camions poubelle- ont été rejetées en mer du Nord entre 2003 et 2005. Aussi le WWF souligne-t-il la nécessité d’une réforme ambitieuse de la PCP. Cellle-ci devra intégrer la vision à long terme indispensable à une gestion durable de la pêche étant donné que le « rythme biologique des espèces ne s’accorde pas avec les calendriers politiques et électoraux », selon Elise Pêtre, chargée du projet pêche durable au WWF France.

Pour Tony Long, directeur du bureau WWF des politiques européennes, « le message est simple : permettre aux stocks de se reconstituer en respectant les avis scientifiques ». Il s’adresse ainsi aux ministres de la pêche qui « non seulement autorisent le pillage d’un « bien public » qu’est le poisson par le rejet de celui-ci à la mer et le gaspillage de l’argent des citoyens européens. Entre 2003 et 2012, l’Union européenne a payé près de 7,5 millions d’euros au CIEM pour un conseil scientifique dont les ministres de la pêche ne tiennent absolument pas compte dans leur prise de décision. Il est temps que cela change ».

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