En finir avec les fermes de bile d’ours

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bile ours

Enfermés dans des cages exigües et maltraités, les ours emprisonnés dans les élevages de bile en Asie sont prélevés de leur bile deux fois par jour, dans d’horribles souffrances. Cette bile est utilisée dans la médecine asiatique traditionnelle. Plusieurs ONG demandent l’interdiction de cette pratique cruelle et relativement récente – elle date des années 1970. C’est le cas de TRAFFIC, qui propose une motion allant dans ce sens lors du prochain sommet de l’IUCN qui se tiendra du 6 au 15 septembre 2012 en Corée du Sud.

Alors que les élevages ont longtemps été justifiés comme une manière de protéger les animaux sauvages, cette motion s’appuie sur le constat inverse « l’augmentation de l’offre de bile d’ours d’élevage n’a pas atténué l’exploitation des populations d’ours à l’état sauvage »

Chris Shepherd, directeur de TRAFFIC pour l’Asie du sud-est, affirme même que « ces installations sont à l’origine d’un produit qui entre sur le marché noir et sont une des causes principales du braconnage des ours sauvages. De telles installations n’ont pas démontré un quelconque impact positif dans la préservation des ours sauvages. » Il explique que ces fermes ne visent pas à maintenir l’animal en vie : « Dans la plupart des cas, il n’y a pas de reproduction des animaux. Les ours n’y sont ni élevés, ni nourris, ils sont juste exploités. Les conditions de vie sont brutales et il n’est pas rare que les ours meurent de maltraitance. Les remplacer par de nouveaux ours sauvages reste bon marché et dans des pays avec peu de contrôle, cela est presque sans risque pour les braconniers. Des ours sont donc capturés dans la nature pour remplacer ceux qui meurent dans les fermes. L’existence de celles-ci représente donc une menace pour la population sauvage. »

Une triple menace pour les ours

« Si ces fermes sont autorisées ou tolérées par les autorités, ces dernières envoient aux consommateurs un message trompeur : qu’utiliser de la bile d’ours ne pose pas de problème. Cela augmente donc la demande. Par ailleurs, la bile prélevée illégalement chez des ours sauvages peut être frauduleusement vendue sous l’étiquette de bile d’ours d’élevage, ce qui favorise la contrebande », poursuit le responsable de TRAFFIC.

Interdire les fermes

Loin d’être pessimiste, Chris Shepherd estime possible de mettre fin à ces élevages « si les consommateurs prennent des décisions responsables en refusant de recourir aux produits issu de la bile d’ours. Il existe ainsi, selon lui, 50 herbes médicinales alternatives. Les gouvernements ont aussi un rôle à jouer en admettant que ces élevages sont associés à des activités illégales et qu’ils encouragent un marché international frauduleux. Et donc en enquêtant sur ces fermes et ce commerce et en traduisant devant la justice ceux qui sont mêlés à ce trafic ».

Julien Leprovost