2011, année des forêts : victimes collatérales

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Parce qu’elles servent de refuge à leurs ennemis, les armées considèrent parfois la destruction des forêts comme un moyen de conduire la guerre. C’est ainsi que les Américains ont déversé au Vietnam, entre 1962 et 1971, environ 80 millions de litres de défoliants, dont l’Agent Orange. Un cinquième des forêts du sud du pays ont été détruites et 36% des 291 000 hectares de mangroves, en particulier dans le delta du Mékong, ont disparu sous leur effet.

Cette guerre chimique a parfois été qualifiée d’écocide puisque son but était la destruction de l’écosystème. Elle a également laissé des séquelles à long terme sur les populations puisque, aujourd’hui encore, des cancers et des malformations sont associés au contact du produit chez les vétérans américains et, surtout, chez les Vietnamiens.

L’exploitation des ressources de la forêt par les belligérants en fait également un enjeu majeur : l’exploitation illégale du bois en provenance du Liberia a permis à Charles Taylor de financer sa guerre civile. Parfois, le braconnage de soldats présents en grand nombre menace la biodiversité, comme à l’est de la République démocratique du Congo, où soldats et miliciens de tous bords partent chercher leur nourriture en forêt.

La forêt est parfois détruite par les opérations militaires, comme pendant la première Guerre mondiale en Europe, à Verdun par exemple, où la zone fut entièrement ravagée. Aujourd’hui, une « forêt de guerre » a été plantée sur le lieu de la bataille où sont morts plus de 300 000 soldats. Dans ce lieu qui est devenu une forêt protégée, certains arbres portent encore la marque des mitraillages ; les sols gardent les traces toxiques des gaz de combat ou des explosifs et en certains endroits, les dépouilles des victimes.

Paradoxalement, il est un contexte dans lequel les guerres sont bénéfiques aux forêts, dans certaines zones militarisées comme les zones minées, le no man’s land entre les Corées du Nord et du Sud ou autour de l’ancien mur de Fer en Europe : parce que l’Homme en est absent, la nature y prolifère.

Extrait du livre « Des forêts et des hommes » rédigé par la rédaction de GoodPlanet à l’occasion de l’année internationale des forêts et disponible aux éditions de la Martinière.

Pour en savoir plus rendez-vous sur le site Des Forêts et des Hommes

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