Vivre ensemble : Le contrôle des naissances

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Des préservatifs exposés pour l’exposition internationale du planning familial à Beijing, en 2009. Le pays a annoncé qu’il poursuivra sa politique controversée de l’enfant unique pendant les 10 prochaines années.

« Un enfant, si je veux, quand je veux » est l’un des slogans phares du mouvement féministe, qui a fait du contrôle par les femmes de leur reproduction un enjeu central de son combat. Au XXe siècle, dans plusieurs pays européens, plusieurs grands succès ont été obtenus, comme la légalisation des moyens modernes de contraception et de l’avortement. Mais dans de nombreux pays, tout reste à faire. Même en Occident, les réticences restent fortes. Les médecins et personnels médicaux pratiquants l’avortement sont ainsi souvent menacés et 8 d’entre eux ont été assassinés aux Etats-Unis ces 20 dernières années.

Quelle que soit la qualité des relations entre les sexes, on pourrait croire que la décision de faire un enfant relève de l’intimité des couples, et donc exclusivement de la sphère privée. En fait, elle est très souvent investie par l’Etat. C’est évidemment le cas en Chine, avec ce qu’on appelle la politique de l’enfant unique : les couples doivent obtenir une autorisation préalable avant de concevoir un enfant et s’exposent à des amendes s’ils y dérogent. En 30 ans, ce sont 400 millions de naissances qui auraient été évitées dans le pays, même si le système a été assoupli : un second enfant est autorisé, en ville, si les deux parents sont enfants uniques, ou, dans les campagnes, si le premier enfant est une fille. Les membres de minorités ethniques, comme les Tibétains, sont autorisés à faire plus d’enfants.

Ce genre de politique autoritaire a été vivement critiquée, mais il en existe de plus despotiques encore, comme les campagnes de stérilisation forcée menées en Inde entre 1952 et 1976 et qui ont touché près de 19 millions de personnes – sans parler des campagnes eugénistes du XXe siècle.

Aujourd’hui, on reproche aussi à ces méthodes d’être inefficaces. Education, urbanisation, accès à un travail valorisant et contraception sont des moteurs souvent bien plus puissants pour réduire le nombre des naissances. Une grande partie de la baisse de la natalité chinoise vient ainsi de ces facteurs socio-économiques plutôt que de la politique coercitive du gouvernement.

`Extrait du livre « Vivre ensemble 7 milliards d’humains » rédigé par la rédaction de GoodPlanet et disponible aux éditions de la Martinière. Soutenez-nous en achetant cet ouvrage.

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