2011, année des forêts : les jardiniers de la forêt

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douc à pattes noires singes primate cambodge

En Indonésie, une légende raconte que les orangs-outans, « les hommes de la forêt » en malais, seraient doués de parole, mais que, pour ne pas avoir à travailler, ils auraient eu la sagesse de ne jamais parler. Pour d’autres tribus, ils seraient des hommes transformés en singes et exilés dans la forêt par les dieux pour les punir. Quel que soit le bien-fondé de ces croyances, elles révèlent le lien étroit qui lie l’homme au singe, un lien qui ne se limite d’ailleurs pas qu’à des mythes.

La science a montré que nous partageons plus de 97 % de notre ADN avec les grands singes. Comme nous, ils ont des coutumes et des traditions sociales. Comme nous, ils utilisent des outils. Les chimpanzés, par exemple, se servent de sortes de tongs pour escalader le tronc épineux d’arbres comme le kapokier afin d’en cueillir les fruits.

Les forêts sont le berceau des primates et notamment des singes. Elles leur apportent nourriture, logis et refuge. Même les babouins, qui passent le plus clair de leur temps dans la savane, ont gardé l’habitude de grimper dans les arbres pour y passer la nuit. À quelques exceptions près, tous les singes en ont fait leur lieu de vie. En contrepartie, ils y jouent le rôle de jardinier. En cassant des branches, ils créent des trouées de lumière qui permettent aux plantes des sous-bois de pousser. Ils participent aussi à la dispersion des graines des fruits qu’ils mangent, certaines ne germant qu’après avoir transité par leur estomac ! Des macaques du Japon aux gorilles de montagne du Rwanda, tous contribuent à la conservation et à la régénération des forêts.

Avec la disparition de leur habitat, près de 50 % des 634 espèces de singes sont aujourd’hui en danger d’extinction. Un proverbe chinois dit : « Quand il n’y a plus d’arbres, il n’y a plus de singes. » D’ici 2030, les 350 000 grands singes actuels de la planète (orangs-outans, gorilles, bonobos et chimpanzés) auront tous disparu si rien n’est fait pour les sauver. Est-ce vraiment le sort que nous souhaitons pour nos proches cousins ?

Extrait du livre « Des forêts et des hommes » rédigé par la rédaction de GoodPlanet à l’occasion de l’année internationale des forêts et disponible aux éditions de la Martinière.

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