2011, année des forêts : confier les forêts aux communautés

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« Les systèmes de gestion forestière les plus réussis sont ceux où les communautés ont obtenu un titre de propriété à vie –ou de longue durée- ou des droits leur permettant de gérer librement ces terres dont qu’on leur a confiées. »

Un quart des espaces boisés sont aujourd’hui gérés par les populations locales par opposition à ceux gérés majoritairement par l’Etat. Ces terres sont confiées à des communautés qui connaissent parfaitement la forêt. Celle-ci constitue même la base de leur existence. Il s’agit de peuples autochtones qui en dépendent entièrement ou de communautés villageoises ayant manifesté l’intérêt de prendre en charge -de manière durable et équitable- la gestion de ressources forestières pour en tirer des avantages économiques et sociaux.

De fait, ces populations vont la protéger de la surexploitation destructrice, et la restaurer en replantant des arbres quand celle-ci a subi des déprédations par le passé.

Permettant aux communautés de participer à la conservation de la biodiversité, le concept des forêts communautaires s’est répandue dans de nombreux pays en voie de développement dont la gestion gouvernementale pouvait parfois sembler défaillante.

Les exemples de forêts communautaires sont nombreux :

Au Brésil, l’Etat a délimité 105 millions d’hectares de forêt, soit 12,5% de la superficie totale du pays, pour créer 488 réserves indigènes. Ces terres ancestrales, pour lesquelles les peuples autochtones possèdent désormais un droit d’usage à vie, représentent souvent les seuls îlots de forêts luxuriantes assaillies par les monocultures de soja et les exploitations forestières.

En Tanzanie, le gouvernement encourage, depuis vingt ans, la création de forêts communautaires. Aujourd’hui, la gestion participative des forêts est établie dans 1800 villages, couvrant plus de 3,6 millions d’hectares de terres forestières, soit 11% du couvert forestier tanzanien.

Les systèmes de gestion forestière les plus réussis sont ceux où les communautés ont obtenu un titre de propriété à vie –ou de longue durée- ou des droits leur permettant de gérer librement ces terres dont qu’on leur a confiées. Il est en effet plus intéressant de gérer des ressources de façon durable quand on en dispose pendant longtemps. Les communautés doivent également être associées aux prises de décisions et avoir voix au chapitre.

Malheureusement, bien souvent, ces communautés ne sont que peu associées aux prises de décisions des forêts dont ils ont pourtant la gestion. Il est donc nécessaire de réformer les lois et d’accorder davantage de marge de manœuvres aux communautés.

Extrait du livre « Des forêts et des hommes » rédigé par la rédaction de GoodPlanet à l’occasion de l’année internationale des forêts et disponible aux éditions de la Martinière.

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