Comprendre Copenhague : les mécanismes de flexibilité

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Près de 100 milliards d’euros ont été échangés en 2008 sur le marché du carbone, soit deux fois plus qu’en 2007. C’est aussi 12 fois plus qu’en 2005, année de la création du marché européen des émissions. L’une des innovations majeures du protocole Kyoto connaît donc un certain succès.

Le marché n’est qu’un élément des « mécanismes de flexibilité » du protocole, un ensemble d’outils économiques destinés à faciliter son application et à répartir l’effort entre entreprises ou entre pays. La logique est la suivante : peu importe où sont réalisées les économies, la réduction des émissions de GES a le même impact positif quel que soit l’endroit où elle intervient. Et donc, autant agir là où c’est le plus facile et le plus rentable. En théorie, les entreprises qui ont dépassé leurs quotas d’émission doivent acheter les droits d’émission à ceux qui en ont émis moins que prévu. Cela permet de récompenser économiquement les moins polluants.

Ce marché est aussi censé inciter les industriels à financer des projets concrets -économie d’énergie, énergies renouvelables, etc. – dans les pays du Sud : c’est ce qu’on appelle les Mécanismes pour un développement propre (MDP). Les émissions de GES que les industriels évitent dans ces pays leur sont créditées, comme autant de réduction qu’ils feraient dans leur pays. Ce type de projet permet également des transferts de technologie. Un système similaire existe entre pays du Nord : il s’agit alors de Mise en œuvre conjointe (MOC).

L’instabilité du marché nuit à l’efficacité du processus. Car un prix minimal de la tonne de CO2 et surtout une stabilité des prix incitent les entreprises à investir au long terme dans les réduction de leurs émissions. Ce prix dépend de nombreux facteurs, donc la situation économique. Il est très dépendant des quotas alloués par les gouvernements puisque ces derniers déterminent largement s’il y a pénurie ou abondance. L’incertitude sur ce qui se passera après 2012 pèse également sur le marché.

Martinière.

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