À quelques jours de la journée internationale du droit des femmes le 8 mars, l’ONU Femmes publie son dernier rapport sur la situation des droits des femmes dans le monde. Il en ressort que dans aucun pays les femmes et les filles n’ont les mêmes droits que les hommes et les garçons. Publié le 4 mars, l’analyse du rapport Garantir et renforcer l’accès de toutes les femmes et de toutes les filles à la justice se concentre avant tout sur les législations en vigueur dans les différents pays du monde. Celles-ci diffèrent d’un pays à l’autre et recouvrent des réalités différentes. Ainsi, au niveau mondial, les femmes ne disposent que de deux tiers (64 %) des droits généralement accordés aux hommes. Concrètement, cela signifie qu’elles sont discriminées, plus vulnérables et moins protégées. Selon l’ONU Femmes, « Malgré [des]] grandes avancées, l’accès des femmes et des filles à la justice reste difficile. Dans près de 70 % des pays étudiés, les femmes rencontrent plus d’obstacles que les hommes dans ce domaine. » Elles rencontrent des difficultés à faire appel à la justice et à avoir un avocat
Par exemple, dans plus de la moitié des pays au monde (54 %), la définition du viol n’intègre pas la notion de consentement, aboutissant au fait que de nombreux viols ne soient pas reconnus comme des crimes ni punis. Il est toujours possible pour une femme d’être mariée de force dans 3 pays sur 4 dans le monde. Enfin, dans un peu moins de la moitié des pays du monde (44 %), il n’existe pas de loi sur l’égalité des rémunérations à poste équivalent, ce qui favorise la persistance des inégalités salariales. Par ailleurs, « plus de 45 pays ont au moins une disposition législative discriminatoire à l’égard des femmes en matière de nationalité », souligne le rapport.
« Quand les femmes et les filles sont privées de justice, l’ampleur des préjudices va bien au-delà d’un cas isolé. La confiance du public s’érode, les institutions perdent leur légitimité et l’État de droit lui-même est affaibli. Un système de justice qui n’assume pas ses obligations envers la moitié de la population ne peut pas du tout prétendre œuvrer pour la justice », affirme Sima Bahous, directrice de l’ONU Femmes. Elle appelle à se mobiliser pour exiger la justice et les mêmes droits. En effet, les droits des femmes sont d’autant mieux défendus si les revendications sont portées par les personnes concernées. « Les mouvements féministes autonomes et largement représentatifs sont d’importants moteurs de progrès en ce qui concerne l’accès des femmes et des filles à la justice. Selon des études indépendantes, les mouvements de femmes forts et indépendants constituent, d’après les statistiques, le facteur le plus fiable pour prédire l’adoption de mesures gouvernementales visant à lutter contre la violence à l’égard des femmes », souligne le rapport.
Malgré une lenteur dans l’égalisation des droits, le rapport souligne des avancées. Désormais, 87 % des pays disposent d’une législation sur les violences domestiques. En une décennie, plus de 40 pays ont intégré à leurs constitutions des mesures destinées à mieux protéger les femmes. En effet, la loi seule ne suffit pas toujours à garantir l’égalité et la fin des discriminations. « Alors que 51 des 92 pays étudiés avaient adopté en 2024 des lois interdisant les mutilations génitales féminines, leur application demeure limitée, en particulier là où ces pratiques bénéficient encore d’un soutien social », donne en exemple le rapport. C’est pourquoi un long travail reste à accomplir à tous les niveaux dans l’éducation, les discours et attitudes, les représentations et les mentalités afin de parvenir à l’égalité entre les femmes et les hommes.
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Pour aller plus loin
Journée internationale des femmes sur le site de ONU Femmes
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