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Pyrénées: la population d’ours poursuit sa croissance mais s’appauvrit génétiquement


L'OFB dénombre "un minimum de 108" ours différents sur l’ensemble des Pyrénées en 2025 © AFP/Archives Miguel MEDINA

Paris (France) (AFP) – La population d’ours continue d’augmenter dans les Pyrénées mais subit un appauvrissement de sa diversité génétique qui pourrait menacer sa pérennité à l’avenir en l’absence de nouveaux lâchers, selon l’Office français de la biodiversité.

Le bilan annuel publié jeudi par l’OFB dénombre « un minimum de 108 individus différents sur l’ensemble des Pyrénées en 2025 ».

Cette population continue « d’augmenter progressivement sur le plan démographique » mais « on observe une augmentation de la consanguinité au cours des dernières années et une faible diversité génétique dans la population actuelle », conclut l’OFB, qui coordonne en France le Réseau ours brun.

En 2024, l’OFB estime qu’il y avait au moins 107 ours (contre une estimation initiale d’au moins 96) dans le massif qui couvre la France, l’Espagne et Andorre, selon le dernier décompte établi avec différentes méthodes de suivi, comme l’analyse génétique d’échantillons de poils et de crottes.

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Le taux d’accroissement moyen annuel de la population de l’animal entre 2006 et 2024 « est estimé à +11,53% pour l’ensemble des Pyrénées ». L’an dernier, un minimum de 6 portées totalisant 8 oursons ont été détectées.

Dans les années 1990, alors que l’espèce était menacée et qu’il ne restait qu’une poignée de spécimens dans la chaîne montagneuse, une campagne de réintroduction d’ours bruns, originaires de Slovénie, a été lancée.

Mais leur présence, qui s’étend sur le long terme malgré un léger recul de la surface occupée ces deux dernières années, est contestée par des éleveurs de bovins et d’ovins, qui se plaignent des prédations durant la période estivale quand le bétail se trouve dans les hauts pâturages.

« Urgent d’agir »

Depuis plusieurs années, les associations mobilisées pour la défense de l’ours dans les Pyrénées regrettent pour leur part le silence des pouvoirs publics quant à de nouveaux lâchers d’ours.

Un nouveau lâcher n’est « pas prévu à ce stade », a fait savoir jeudi à l’AFP le cabinet de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui attend les résultats complets d’une étude commandée par l’Etat à la fin de l’année.

L’association française Pays de l’Ours-Adet a commandé sa propre expertise à un laboratoire privé indépendant, qui conclut que « malgré une croissance numérique encourageante ces dernières décennies, la population demeure génétiquement vulnérable en raison de son origine issue d’un nombre très restreint de fondateurs slovènes et de la disparition récente des derniers individus d’origine pyrénéenne ».

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Pour le patron de Pays de l’ours-Adet, Alain Reynes, « il est urgent d’agir. Si on attend trop, la consanguinité sera hors de contrôle. Plus on attend, plus il faudra lâcher d’ours pour la corriger ».

Les conséquences d’une trop forte consanguinité sont déjà « perceptibles et quantifiées », ajoute Alain Reynes, mentionnant la baisse du nombre d’oursons par portée mais aussi la diminution de la fertilité et des chances de survie des oursons.

En attendant les conclusions définitives de l’étude commandée par l’Etat, de premiers résultats « montrent que la consanguinité impacte négativement les premiers stades de la vie des ours (réduction de la taille des portée et de la distance de dispersion natale, baisse de la survie des oursons des mères les plus consanguines) et pourrait altérer le succès reproducteur des individus », indique l’OFB dans son bilan.

Alors que le nombre d’ours ne cesse de croître, le nombre de prédations s’est stabilisé voire recule ces dernières années. Le bilan de l’OFB recense ainsi 289 attaques d’ours sur du bétail et 2 attaques sur ruchers en 2025, contre respectivement 310 et 14 en 2024.

© AFP

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