Royaume-Uni : l’instauration d’une taxe sur la distance parcourue en véhicule électrique pénalisera les ruraux

taxe kilométrique voiture électrique

Oxfordshire - Echangeur près de Henley on Thames - Royaume-Uni © Yann Arthus-Bertrand

Afin de compenser la réduction des recettes fiscales des taxes sur l’essence et le diesel, le gouvernement britannique prévoit d’instaurer dès 2028 une taxe sur la distance parcourue par les véhicules électriques. Ceux-ci seront taxés à hauteur de 3 pennies par milles (3 centimes d’euro au change actuel). La taxe doit rapporter 1,1 milliard de livres sterling par an. Elle vise à accompagner l’essor des véhicules électriques tout en atténuant la réduction des rentrées d’argent des taxes pétrolières qui sont en train de diminuer, passant de 27,5 milliards de livres en 2019-2020 à 24 milliards attendus pour l’année fiscale en cours.

Or, selon un article publié le 16 février dans le quotidien The Guardian, cette taxe touchera davantage les conducteurs ruraux qu’urbains. Les premiers, parce qu’ils roulent plus, paieraient ainsi une centaine de livres par an dans certaines régions rurales de l’Angleterre, contre 33 livres pour un Londonien. Le quotidien fait remarquer que cette taxe soulève, comme d’autres prélèvements sur les mobilités, des questions de justice sociale. En effet, les citadins sont déjà plus massivement équipés en véhicules électriques que les personnes qui habitent et vivent à la campagne, par ailleurs aussi plus dépendantes de l’automobile. Certains observateurs voient dans cette taxe un frein à l’adoption de la voiture électrique tandis que d’autres estiment qu’elle demeure attractive. Les ventes de voitures électriques ont représenté 23,4 % du marché britannique en 2024, ce qui correspond à la mise en circulation de 473 000 véhicules.

Un porte-parole du gouvernement a déclaré : « de la même manière que pour la taxe sur les carburants, ceux qui conduisent plus paieront plus. À l’heure actuelle, les conducteurs de véhicules électriques ne paient aucune taxe sur le carburant, alors que les conducteurs de voitures à essence paient environ 480 livres par an. Ce n’est pas juste. Avec le nouveau système, les véhicules électriques paieront la moitié de la taxe appliquée aux voitures à essence — ils resteront donc l’option la moins chère et la plus écologique. » Le gouvernement britannique travaille à une déclinaison de la taxe pour les motorisations hybrides, qui devraient être de 1,5 pennies par milles.

D’autres pays pourraient envisager de telles mesures dans les années à venir. L’électrification du parc automobile est certes une avancée, mais si elle ne s’accompagne pas d’une sobriété des usages son impact sur le climat et la biodiversité risque d’être peu significatif. De plus, la voiture individuelle pose d’autres questions, comme notre rapport à la mobilité ou encore, dans le cas des taxes, ce qu’elles doivent financer en termes d’infrastructures.

 Julien Leprovost 

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