L’ONG Oxfam révèle que le 1 % le plus riche de la planète a déjà consommé la totalité de son budget carbone pour l’année depuis le 10 janvier. L’association a donc surnommé la date la « journée des pollutocrates » pour dénoncer, dans un rapport publié à cette date, les inégalités économiques qui sont liées au réchauffement climatique.
Pour atteindre l’objectif de l’Accord de Paris, et donc limiter la hausse des températures à 1,5 °C, il faudrait que chaque personne vivant sur Terre n’émette pas plus de 2,1 tonnes de CO2 par an. C’est ce qu’on appelle le budget carbone. Selon une étude du Service des Données et Etudes Statistiques (SDES), en 2024 la moyenne française des émissions de carbone par personne est de 8,2 tonnes.
Mais, selon Oxfam, en 2023, le 0,1 % des Français les plus riches émettent individuellement 19 fois plus de gaz à effet de serre que la moyenne nationale. Une personne dans cette tranche de revenus émet en moyenne 153 tonnes de CO2 par an. Par exemple, Bernard Arnault, une des plus grandes fortunes de France, a émis 8128 tonnes de CO2 en 2018, notamment en raison de ses nombreux déplacements en jet privé.

Part des émissions mondiales par tranche de revenus.
© Oxfam 2023
Dans le monde, les chiffres montent à 75,1 tonnes par personne pour le 1 % des plus riches, et à presque 300 tonnes pour le 0,1% en 2023. Cela n’est pas seulement dû à l’utilisation de l’avion, mais aussi à leurs investissements. En effet, comme le montre une précédente étude d’Oxfam, « près de 60 % des placements des milliardaires se trouvent dans des secteurs à fort impact climatique, comme le pétrole ou les mines, avec des émissions 2,5 fois supérieures à celles d’un portefeuille moyen. » Le rapport souligne aussi que l’impact climatique des 1 % les plus riches a des effets sur toute la planète. Mais, les ultra-riches ne sont pas les premiers affectés par le réchauffement climatique, en effet, ce sont les populations les plus pauvres des pays du Sud qui sont les plus exposées aux vagues de chaleur, aux pollutions et aux catastrophes naturelles.
Alexandre Poidatz, responsable plaidoyer Climat et Inégalités chez Oxfam France, déclare que « la bonne nouvelle, c’est que plus on est riche, plus il est facile de réduire ses émissions. » Pour que le réchauffement climatique reste en dessous des 1,5 °C, les ultra-riches devraient réduire leurs émissions de CO2 de 99 %. Oxfam propose donc une augmentation de la taxation pour les ultra-riches, les producteurs d’énergies fossiles, ainsi que sur les biens de luxe les plus polluants.
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