Lagos, une ville en perpétuelle évolution

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 Bidonville de Makoko, lagune de Lagos, État de Lagos, Nigéria (6°0’ N - 3°24’ E). © Yann Arthus-Bertrand/Altitude Située au bord de l’océan Atlantique et d’une lagune, Lagos est la plus grande ville du Nigéria et le principal centre commercial et industriel, mais ne possède aucun attrait touristique. Ancienne capitale du pays, l’agglomération souffre d’un accroissement démographique démesuré depuis son indépendance en 1960 et compte aujourd’hui 9 millions d’habitants. Un pont de 10 kilomètres, le Third Mainland Bridge, qui relie les quartiers d’affaires du centre-ville situés sur l’île de Lagos à l’aéroport surplombe Makoko, un bidonville sur la lagune. Des pêcheurs, venus chercher fortune depuis la frontière du Bénin, s’y sont entassés dans des cabanes sur pilotis où l’on ne peut se rendre qu’en pirogue. A Makoko où vivent plus de 100 000 personnes, il n’y a ni eau courante, ni électricité, ni assainissement. Premier pays africain producteur de pétrole par le volume de sa production avec 2,6 millions de barils/jour en 2010, le Nigéria demeure relativement pauvre. Ce pays qui est le plus peuplé d’Afrique avec 155 millions d’habitants a officiellement (en réalité sans doute beaucoup moins) une capacité de production d’électricité de 5 900 MW pour l’ensemble de son territoire : face aux coupures incessantes, usines, entreprises et hôpitaux doivent le plus souvent recourir à de coûteux et polluants générateurs diesel.

Bidonville de Makoko, lagune de Lagos, État de Lagos, Nigéria (6°0’ N – 3°24’ E). © Yann Arthus-Bertrand/Altitude
Située au bord de l’océan Atlantique et d’une lagune, Lagos est la plus grande ville du Nigéria et le principal centre commercial et industriel, mais ne possède aucun attrait touristique. Ancienne capitale du pays, l’agglomération souffre d’un accroissement démographique démesuré depuis son indépendance en 1960 et compte aujourd’hui 11 millions d’habitants. Un pont de 10 kilomètres, le Third Mainland Bridge, qui relie les quartiers d’affaires du centre-ville situés sur l’île de Lagos à l’aéroport surplombe Makoko, un bidonville sur la lagune. Des pêcheurs, venus chercher fortune depuis la frontière du Bénin, s’y sont entassés dans des cabanes sur pilotis où l’on ne peut se rendre qu’en pirogue. A Makoko où vivent plus de 100 000 personnes, il n’y a ni eau courante, ni électricité, ni assainissement.

Lagos, capitale du Nigéria, et plus importante ville d’Afrique de l’Ouest, change rapidement. Pour le mieux, c’est qu’explique  Benoît Verdeaux qui est  coordinateur des activités de l’Agence française de Développement pour le Nigeria, qui mène notamment le projet Africapolis, sur l’urbanisation en Afrique de l’Ouest. Changer la ville – Extrait du livre Espace>Terre.

Comment a évolué la ville de Lagos ces dernières décennies ?
Chaque année, la ville accueille 250 000 à 300 000 nouveaux habitants. Il s’agit en partie d’exode rural, mais elle attire aussi des migrants d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale. La densité de certains quartiers est de plus de 150 000 habitants/Km2. La ville est donc de plus en plus verticale. Les buildings de plusieurs étages ne sont plus limités aux îles des quartiers riches. Dans le même temps, les go slow, les embouteillages, augmentent aussi. Il est fréquent de passer des heures dans un bouchon.

Comment utilisez-vous le satellite ?
A Lagos, 70 % des habitants vivent dans des quartiers insalubres. Dans le cadre de projets de planning urbain, les photos satellitaires nous permettent d’étudier la faisabilité de projets de réhabilitation des quartiers insalubres, de déceler les habitats précaires et d’estimer le nombre de personnes concernées pour adapter au mieux les projets et leurs financements.

Nous recourons également aux satellites pour mesurer la densité urbaine, ce qui nous a permis d’estimer plus finement la population de Lagos. Elle atteint en fait 11 millions d’habitants, et non 12 à 15 millions selon les chiffres couramment repris. A l’échelle du pays, on constate les mêmes surestimations : la population est officiellement estimée à 162 millions d’habitants en 2012, mais les analyses d’Africa Polis, qui croisent les données statistiques et les images satellitaires des villes, montrent que la réalité est plus proche de 100 millions d’habitants.

Est-ce que les autorités de la ville parviennent à maîtriser cette croissance urbaine ?
Les autorités sont très impliquées. Et c’est une des bonnes nouvelles pour cette ville à la croissance très rapide. Le problème de l’insécurité s’est amélioré et les infrastructures se développent. Les transports (pour en savoir plus, lire notre sujet sur le développement des navettes fluviales à Lagos) , les déchets et le logement demeurent au centre des préoccupations. D’une manière générale, on sent une volonté politique d’aller vers un urbanisme raisonné, d’œuvrer pour la réhabilitation des quartiers insalubres. Les agences d’exécution de ces politiques de la ville sont de grande qualité, certains de leurs cadres ont par exemple participé au développement Londres avant de retourner au pays.

Qu’en est-il des conditions de vie des Nigérians ?
Le Nigeria connaît de grandes inégalités entre urbains et ruraux, entre Nord et Sud ; la manne pétrolière ne bénéfice pas à tous. C’est toute l’ambiguïté du pays : malgré sa richesse  – il concentre la moitié de la population et la moitié de la richesse de la CEDEAO (Communauté économique des Etat d’Afrique de l’Ouest), il accuse un retard par rapport à ses voisins, comme le Ghana, dans le domaine de l’éducation et de l’accès à la santé et au logement.

Propos recueillis par Julien Leprovost

Gaz de schiste : le vrai du faux

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gaz de schiste : le vrai du faux

La virulence des positions sur les gaz de schiste montre l’importance du débat mais elle le rend aussi plus complexe à saisir. Car si le lobby pétrolier présente une version tronquée de la situation, de l’autre côté, certains militants déforment eux aussi la réalité. Les amalgames trompeurs s’ajoutent aux approximations tandis que persistent de très nombreuses inconnues.

Pour permettre à chacun d’y voir plus clair, la Fondation GoodPlanet revient sur le sujet dans son dernier ouvrage et en décrypte les principaux enjeux.

Que se passe-t-il réellement aux USA ? Quels sont les impacts économiques, en termes d’emploi ou de PIB ? Quelles sont les conséquences écologiques et sanitaires de la « révolution des gaz de schiste » ? L’exemple américain est-il utile, ou plutôt trompeur, pour comprendre ce qui pourrait se passer en France ? Car les deux pays sont radicalement différents, en terme de géologie, de droit de l’environnement, de traditions politiques…

Aujourd’hui, la fracturation hydraulique est interdite en France, mais cela ne clôt que provisoirement la question – les technologies comme les lois évoluent. Quel avenir peut-on imaginer pour la France alors que nous nous engageons dans « la transition énergétiques »  – cette transformation à long terme de notre politique énergétiques ?

Une synthèse claire et accessible pour permettre à chacun de forger sa propre opinion – Un livre dirigé par Olivier Blond pour la Fondation GoodPlanet, qui défend une vision humaniste de l’écologie et dont le slogan est « Vivre ensemble durablement ».

Vous pouvez lire plusieurs chapitres du livre sur notre site web :
celui sur la ruée sur les gaz de schiste dans le Dakota
celui sur Georges Phydias Mitcchell
celui sur la naissance de l’opposition au gaz de schiste en Pennsylvanie

Infos pratiques

Éditions Delachaux et Niestlé, 144 p. – 12.90 € – 125 x 185 cm

Sortie le 9 octobre 2014

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