L’empreinte écologique des villes

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Central Park
La concentration urbaine et l’extension des villes ont des conséquences importantes sur l’environnement. L’artificialisation des milieux liée à l’activité urbaine engendre l’apparition d’une forme atypique de biodiversité et affecte directement la qualité de l’eau, des sols, de l’air et des paysages. L’arrière-pays est également soumis à la pression exercée par l’urbanisation.

L’écosystème urbain

Malgré un environnement hostile, la vie animale et végétale parvient à se développer en ville. Elle occupe les espaces verts ou les friches ; rats et blattes prolifèrent, mais aussi renards et rapaces. Dans certains quartiers de Zurich, par exemple, la densité de renards est 10 fois plus élevée qu’à la campagne ! Si pour certains, il n’y a pas de nature en ville, la ville étant par définition à l’opposé de la nature, il existe en tout cas une forme bien particulière de biodiversité.

L’écosystème urbain se distingue des écosystèmes naturels par l’artificialisation des milieux qui modifie, entre autres, le climat (îlots de chaleur, vents moins puissants) et perturbe le cycle de l’eau (ruissellement,…). La pollution atmosphérique affecte directement la végétation ; le bruit, les vibrations, le manque de lumière et de place en sous-sol nuisent au développement des arbres.

De façon peut-être plus inattendue, les études montrent que le sel épandu pour faire fondre la neige est le premier ennemi de la végétation en ville. En effet, le sel pénètre la plante et l’empêche ensuite d’absorber l’eau et les minéraux dont elle a besoin. Ainsi, à Paris, lors du grand déneigement de 1986-1987, ce sont près de 3000 platanes qui ont péri à cause du sel !

Pollutions

Les villes sont souvent des univers pollués. Les transports et les industries polluent l’air. L’air qu’on respire dans les couloirs du métro et du RER parisien est parfois plus pollué que l’air extérieur. Le conseil supérieur d’hygiène publique de France a ainsi dénoncé en 2000 des concentrations élevées de particules, formées pour la plupart de poussières métalliques générées par la circulation des rames. (voir fiche pollution air)

Les retombées de la pollution atmosphérique urbaine affectent les sols (métaux lourds, dioxines, acides…). En ville, les sols de certaines friches industrielles sont hautement pollués. Le renouvellement urbain de ces friches peut alors représenter un danger pour la santé si un travail de dépollution n’est pas effectué au préalable.

Un traitement insuffisant des eaux usées, industrielles ou domestiques, pollue les nappes d’eau. Selon les surface sur lesquelles elles tombent et qu’elles lessivent, les eaux de pluie peuvent également se charger en polluants toxiques (hydrocarbures sur les parkings par exemple). Enfin, le désherbage pratiqué par les particuliers ou les collectivités pour embellir leurs espaces verts est une autre source de pollution de l’eau. (voir fiche pollution des eaux).

En ville, l’imperméabilisation des sols modifie les chemins naturels d’écoulement de l’eau. Les sols ne peuvent plus l’absorber, ce qui peut engendrer, en cas de fortes précipitations, des inondations, parfois dévastatrices. Celles-ci peuvent être source de pollution quand les eaux usées débordent. Enfin, les villes produisent des quantités importantes de déchets, qu’il s’agit de stocker ou de traiter de manière appropriée. (voir fiche déchets)

Pollution sonore et lumineuse des villes

Deux types de nuisances sont à ajouter à cette liste. La première est la pollution sonore, dont les sources sont nombreuses (travaux et chantiers, trafic routier et aérien, téléphones mobiles …). Ses conséquences sur la santé sont variées : hypertension, insomnie, dépression, problèmes d’audition ou encore irritabilité, …

La seconde est la pollution lumineuse –une notion apparue dans les années 80. Elle désigne la présence anormale de lumière dans un environnement nocturne. La pollution lumineuse a des impacts négatifs sur certaines espèces (insectes et oiseaux nocturnes par exemple) et écosystèmes.

Pressions sur l’arrière-pays

Physiquement, la ville « étalée » est un facteur de dégradation environnementale. Elle dévore des terres agricoles ou naturelles. La ville est aussi une grosse consommatrice de ressources et son approvisionnement affecte l’arrière-pays.

Il y a bien sûr les besoins énergétiques. Dans les pays en voie de développement, la biomasse fournit entre 25 et 90% du ravitaillement domestique en énergie, surtout dans les petits centres urbains. Il s’agit souvent de bois, ce qui accroit la déforestation. La consommation d’énergie dans les villes suit deux évolutions différentes : dans les pays en développement, la consommation d’énergie par habitant augmente, car les ménages urbains achètent davantage d’électroménager. Dans les pays développés, la consommation d’énergie par habitant (très supérieure à ce qu’elle est dans le Sud) tend à diminuer, principalement grâce aux économies d’échelle qui sont le propre des agglomérations urbaines.

De nombreuses mégapoles, mêmes celles qui disposent de très grandes réserves d’eau, sont confrontées à des pénuries de plus en plus aiguës. A Mexico, par exemple, la croissance urbaine et l’augmentation des besoins a conduit la ville à aller chercher l’eau toujours plus loin. Actuellement, Mexico doit aller capter l’eau à plus de 150 km de la capitale et doit la puiser à plus de 200 mètres de profondeur !

En ce qui concerne la nourriture, le concept de kilomètres alimentaires reflète la manière dont le commerce de denrées, en particulier avec la grande distribution, est tributaire des transports. En Allemagne, par exemple, un yaourt aux fraises effectue 9115 kilomètres depuis sa fabrication jusqu’à son arrivée chez le consommateur. Une alternative est donc d’encourager la consommation locale. Cependant, une telle logique nuit aux productions des pays en voie de développement, qui trouvent des débouchés sur les marchés occidentaux.

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