Eco-villes et éco-quartiers

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éco-quartiers
Les éco-quartiers et les villes dites durables sont le produit d’un nouvel urbanisme intégrant les principes du développement durable. Les efforts portent sur le contrôle de l’étalement urbain, la consommation d’énergie, le recyclage, le paysage urbain. La mixité sociale et l’indépendance alimentaire font également partie des objectifs affichés. Ces initiatives portent aujourd’hui sur de petites échelles mais des projets plus importants s’apprêtent à voir le jour.

Un urbanisme novateur

La ville durable essaye de réduire son empreinte écologique. Les bâtiments sont construits pour consommer moins d’énergie [voir énergie dans les bâtiments]. Ils privilégient l’utilisation d’énergies renouvelables : panneaux photovoltaïques, éoliennes, mais aussi chauffe-eau solaires et géothermie. Ils sont isolés de manière optimale afin de réduire la consommation d’énergie pour le chauffage et sont construits avec des matériaux peu nuisibles à l’environnement (bois, briques creuses, isolants végétaux…). (1) Les gaspillages sont évités, tant au niveau individuel qu’au niveau collectif : recyclage, récupération des eaux de pluie, …

La ville durable est dense : elle occupe moins d’espace et empiète moins sur le milieu. Elle favorise les déplacements à pied, à vélo ou en transports collectifs. Elle est aussi plus verte : les nouveaux paysages urbains comprennent des jardins verticaux, des toits verts ou encore des parcs et jardins de proximité. (2)

Ce nouveau modèle de ville favorise également la mixité sociale au sein du quartier mais aussi des habitations. Enfin, l’accent est mis sur la production et la consommation locale de biens : approvisionnement alimentaire régional, soutien à la vente directe… l’objectif étant de réduire les kilomètres alimentaires.

Exemples européens d’éco-quartiers

Les initiatives européennes de ville durable portent sur des structures de taille limitée : des éco-quartiers. Le plus connu d’entre eux est probablement le quartier Vauban à Fribourg, en Allemagne. Avec environ 2000 logements et 5000 habitants, il remplit à la fois un objectif architectural (bâtiments haute qualité environnementale, maisons à énergie positive) et paysager (priorité aux espaces publics, limitation du trafic automobile, aménagement d’une ligne de tramway). Il se distingue également par sa forte participation citoyenne. En effet, les personnes qui voulaient participer à la construction de leur immeuble se sont organisées autour de « groupes de construction » (Baugruppen), ce qui a créé du lien social, et a permis de réduire des coûts et de mettre en commun certains équipements. (3) Toujours à Fribourg, le quartier Rieselfeld répond à une orientation écologique similaire et accueille aujourd’hui environ 8000 habitants. (4)

Le quartier BedZed (Beddington Zero Energie (fossil) Development), au sud de Londres, est relativement petit puisqu’il ne compte que 80 logements et 2500 m2 de bureaux, répartis sur 1,7 hectares. Il est construit sur le principe d’un bilan carbone neutre (d’où son nom) et il est très rapidement devenu une référence en matière de réduction de la consommation énergétique et de contrôle des impacts environnementaux. (5)

D’autres éco-quartiers existent en Europe, principalement au Nord, et notamment à Malmö en Suède, à Copenhague au Danemark et à Stockholm en Suède. (6) En France, la ville de Chalon-sur-Saône, en Bourgogne, a créé un éco-quartier à Saint-Jean des Jardins. Plusieurs autres projets sont en cours de développement, notamment la Zone d’Aménagement Concertée (ZAC) de Borderouge près de Toulouse ou encore l’Ecozac de Rungis dans le XIIIe arrondissement de Paris, sur le site d’une ancienne friche SNCF de 3,8 hectares. (7).

Une tendance mondiale

L’idée de ville durable n’est pas neuve. Ainsi, Curitiba, capitale de l’Etat de Parana (Brésil) développe depuis 1964 une politique de développement durable, tant environnementale que sociale. Elle compte de nombreuses zones piétonnes, 50 m2 d’espaces verts par habitant, 120 km de piste cyclable, un réseau dense d’autobus et organise le recyclage des déchets. Les actions sociales vont de l’enseignement écologique aux jeunes des bidonvilles jusqu’aux activités horticoles, sportives et culturelles.

A l’autre bout de la planète, Auroville, près de Pondichéry en Inde, a été construite en 1971 dans un esprit très hippie et accueille plus de 1000 habitants aujourd’hui.

Plus récemment, les autorités chinoises ont annoncé la construction d’une ville écologique, Dongtan, à proximité de Shangaï. Elle pourrait abriter 50 000 habitants à son inauguration, qui devrait coïncider avec l’exposition universelle de 2010, et 500 000 habitants en 2050. Il s’agira d’une ville autosuffisante en énergie (éolien et solaire), avec une alimentation issue de l’agriculture biologique et avec comme principal mode de transport des véhicules hybrides. (8)

La capitale des Emirats arabes unis, Abou Dhabi, projette également de construire en plein désert un éco-quartier, baptisé Masdar, qui pourrait compter 50 000 habitants à l’horizon 2015. L’eau sera fournie par des usines de dessalement alimentées par énergie solaire. L’ensemble sera neutre en carbone, tous les déchets seront recyclés et il n’y aura pas de voitures. (9)

La dimension médiatique de ces deux derniers projets ne doit pas faire oublier que la Chine est le premier émetteur de gaz à effet de serre dans le monde et que les Emirats arabes unis, sont, rapporté au nombre d’habitants, troisième au classement derrière le Qatar et le Koweït. (10)

(1) Ademe

(2) La ville durable

(3) Quartier Vauban

(4) Rieselfeld

(5) Bedzed

(6) Quartiers durables européens

(7) Ecozac de Rungis

(8) Dongtan

(9) Masdar et le cabinet Foster.

(10) Emissions de CO2

(11) Aalborg

(12) Local Governments for Sustainability

Voir également ArchiNature, 15 vidéos sur les écoquartiers et l’habitat durable en Europe

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