Les écolabels ou comment voter avec son portefeuille

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Les produits labellisés qui sont fabriqués suivant des pratiques saines pour l’environnement incitent les consommateurs à voter avec leur portefeuille. Les écolabels sont désormais utilisés afin de permettre aux consommateurs d’identifier les appareils électroménagers à faible consommation d’énergie, les produits issus de forêts gérées durablement ou d’une pêche responsable, ainsi que l’électricité propre issue d’énergies renouvelables.

Parmi ces écolabels figurent ceux attribués par le Marine Stewardship Council (Conseil d’intendance marin, MSC) concernant les produits de la mer. En mars 2000, le MSC a lancé son programme de certification pour la pêche en labellisant le même jour les produits des entreprises de pêche Western Australia Rock Lobster (pour la pêche au homard en Australie) et West Thames Herring (pêche au hareng sur la Tamise). En septembre 2000, la pêcherie Alaska Salmon est devenue la première entreprise américaine à être certifiée. Parmi les acteurs clés de la transformation des produits de la mer et les détaillants qui soutiennent l’initiative du MSC figurent Unilever, Youngs-Bluecrest et Sainsbury, tous trois installés en Europe.

Pour obtenir la certification, une entreprise de pêche doit prouver qu’elle est gérée de façon durable. En particulier, d’après le MSC, « l’entreprise de pêche doit veiller en premier lieu à ne pas nuire au renouvellement naturel des espèces ni aux autres espèces par la surpêche ou des techniques de pêche nuisibles. En second lieu, la pêche doit être pratiquée de façon à assurer le maintien et la diversité des écosystèmes marins dont elle dépend. Enfin, la pêche doit respecter les lois et règlements locaux, nationaux et internationaux relatifs à une pêche responsable et durable ». Au premier semestre 2005, il y avait plus de 46 entreprises de pêche certifiées dans le monde, fournissant quelque 2 millions de tonnes de poissons et fruits de mer.

L’équivalent du MSC pour les produits issus de la forêt est le Forest Stewardship Council (Conseil d’intendance forestier, FSC), fondé en 1993 par le WWF et d’autres organismes. Le FSC fournit des informations sur les modes de gestion des forêts au sein de l’industrie de transformation du bois. Certaines forêts du monde sont rasées, décimées en un rien de temps pour en tirer des profits rapides, d’autres sont gérées de façon à fournir du bois durablement. Le FSC attribue son label uniquement aux produits issus des ces dernières, que ce soit du bois de charpente vendu dans un magasin de bricolage, des meubles ou du papier. Les organisations nationales qui veillent à la gestion durable des forêts sont accréditées par le FSC, dont le siège est situé à Oaxaca, au Mexique. Outre ce contrôle sur le terrain, les organisations habilitées doivent aussi être en mesure de suivre la matière première au cours de toutes les étapes de sa transformation jusqu’au consommateur. Le FSC définit les normes et attribue son label, mais le travail est en réalité accompli par les organisations nationales.

Le FSC a établi neuf principes, qui doivent tous être respectés, pour que les forêts obtiennent ce label ; le principal critère étant que la forêt soit gérée afin d’assurer un rendement durable dans le temps. Cela implique un abattage sélectif et rigoureux afin d’imiter l’évolution naturelle des forêts en ne coupant que les arbres les plus anciens.

Le label FSC apporte aux consommateurs l’information dont ils ont besoin pour soutenir la gestion durable des forêts à travers leurs achats. En identifiant les entreprises d’exploitation du bois de construction et les détaillants qui participent au programme de certification, les investisseurs socialement engagés bénéficient aussi de l’information nécessaire pour investir de façon responsable.

L’électricité est un autre bien qui a obtenu un label écologique. Aux États-Unis, beaucoup de sociétés locales de distribution d’énergie demandent de nouvelles installations pour proposer aux consommateurs de l’énergie propre, c’est-à-dire issue de sources renouvelables autres que l’énergie hydroélectrique, comme l’énergie éolienne, les cellules photovoltaïques, l’énergie solaire thermique, l’énergie géothermique et la biomasse. Ces sociétés envoient, avec la facture mensuelle, un document à retourner si le consommateur choisit d’opter pour une énergie propre. L’offre mentionne le coût supplémentaire de cette énergie propre, qui varie de 3 à 15 % en général.

Les représentants de ces sociétés de distribution sont souvent étonnés du nombre de consommateurs qui souscrivent à ce type d’énergie. De nombreux consommateurs sont apparemment prêts à payer plus cher afin d’aider à stabiliser le climat pour les générations futures. Certaines autorités locales, comme à Santa Monica, Oakland ou Santa Barbara en Californie, se sont engagées à n’utiliser que de l’énergie propre, ce qui comprend l’électricité utilisée dans les bâtiments municipaux et celle nécessaire aux divers services publics tels que l’éclairage publique ou la signalisation routière. D’autres autorités locales, telles que les villes de Chicago et Portland ainsi que les états du New Jersey ou de New York, se sont engagés à acheter une partie de leur électricité sous forme d’énergie propre.

Ce nombre croissant de partisans d’une énergie propre a entraîné un raz-de-marée de la demande, ce qui impose à beaucoup de sociétés de distribution de se démener pour obtenir un approvisionnement adéquat en électricité propre.

Si les éoliennes fleurissent dans certains états, c’est parce qu’elles constituent l’un des moyens les plus rapides pour fournir plus d’énergie propre. Le marketing de l’énergie propre est maintenant bien implanté aux États-Unis, mais il l’est désormais également au Japon, où le nombre d’achats d’énergie propre, en augmentation rapide, a fait planer la menace d’une pénurie en 2004, obligeant ainsi les fournisseurs d’énergie à investir rapidement dans plus d’éoliennes.

Parmi les autres types d’écolabels, on trouve les labels de performance énergétique concernant les appareils électroménagers qui atteignent un certain degré d’efficacité énergétique. Ils sont appliqués dans de nombreux pays depuis la crise énergétique de la fin des années 1970. Il existe également des labels écologiques attribués par des organismes écologiques ou gouvernementaux nationaux. Les labels écologiques les plus connus des programmes de certification sont le label allemand Blue Angel, le label canadien Environmental Choice ou encore le label américain de l’Agence de protection de l’environnement, Energy Star.

Ecolabeling: Voting with Our Wallets

Lester R. Brown

Plan B 2.0 Rescuing a Planet Under Stress and a Civilization in Trouble P235-238, (NY: W.W. Norton & Co., 2006 )

© 2006 Earth Policy Institute. http://www.earth-policy.org/Books/PB2/Contents.htm (traduction GoodPlanet.info)

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