Electriciens sans frontières : ils leur doivent un peu plus que la lumière

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Un barrage pour une picoturbine © Electriciens sans frontières – C. Petit / Productions Campagne Première

Après plusieurs heures de pirogue, les bénévoles d’Electriciens sans frontières parviennent enfin à l’un des trente villages qu’ils aident à électrifier. Situés au Nord du Laos, dans la province de Phongsaly, ces villages reçoivent depuis 2009 la visite de ces électriciens au grand cœur. Leur mission : permettre aux villageois de bénéficier d’un peu d’électricité pour vivre mieux et s’éclairer. Pour ce faire, ils installent des pico-turbines, de petits générateurs électriques de 500 à 1000 W qui ont besoin d’une petite chute d’eau pour fonctionner, et forment les populations locales à leur installation et leur entretien. En 2012, ce sont 5000 villageois qui auront accès au courant dans une province où seule 30% de la population est raccordée au réseau électrique.

« Ces installations sont de faible puissance, leur vocation est de fournir de la lumière et un peu de confort grâce à une radio ou éventuellement une télévision collective pour le village, Cela permet aux enfants d’étudier le soir, aux femmes de tisser. Plus généralement, les familles font des économies car ce système revient à terme moins cher que d’acheter du pétrole pour s’éclairer. Surtout, ce que les villageois apprécient le plus, c’est de pouvoir écouter de la musique. Même dans ces endroits reculés du Laos, on trouve des disques », explique Robert Olive, retraité dynamique d’EDF, qui coordonne avec Gérard Descotte, la dizaine de bénévoles qui travaillent sur le projet. Ils se rendent donc régulièrement dans ces villages qui bordent le Nam Ou, un affluent du Mékong, avec tout le matériel nécessaire pour mettre en place ces petites installations électriques : turbines, câbles, interrupteurs, ampoules basses consommation…

Avec l’aide de villageois, ils repèrent d’abord les sites propices à l’installation des pico-turbines, sur des rivières annexes et peu susceptibles d’entrer en crue. Puis une trentaine de villageois participent durant quelques jours à la construction d’un canal de dérivation et d’un petit barrage à l’aide de pierres, d’argile et de branchage, pour créer une chute d’eau d’un mètre . Elle alimentera une hélice qui fera tourner un alternateur. « Ensuite, il faut mettre en place la ligne électrique qui va de la turbine au village. Cela prend du temps, il faut couper les arbres, planter des poteaux et faire l’installation électrique intérieure des habitations, raconte Robert. Dans le même temps, nous formons les habitants à ces opérations ainsi qu’à l’entretien de la turbine. Nous la confions à un comité de gestion de l’électricité composé du chef du village, des techniciens, d’un ancien, d’une femme et d’un jeune. Nous leur demandons de collecter chaque mois une petite participation auprès des habitants reliés afin d’assurer la maintenance. A Electriciens sans frontières, nous pensons que la clef de la réussite de ce genre de projet tient au fait que les habitants tirent un bénéfice de notre aide et sont au final suffisamment autonomes pour entretenir ce que nous avons mis en place ensemble ».

Julien Leprovost

Electriciens sans frontières

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Forte de ses 1000 bénévoles, l’ONG Electriciens sans frontières conduit depuis 1986 des projets de solidarité internationale au bénéfice de populations dont le développement et parfois la survie sont compromis, faute d’un accès sécurisé et pérenne à l’électricité. L’association met ses compétences au service de nombreuses ONG pour réaliser des missions d’expertise de leurs installations électriques à travers le monde. Elle est également mobilisable en cas de crise humanitaire.

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